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J’ai tué ma mère : après Cannes, le monde

Par • 2 juin 2009 à 12:19

Pendant plusieurs jours, le premier film de Xavier Dolan a été le talk of the town d’une bonne partie du monde cinématographique. Après une belle récolte à Cannes, « J’ai tué ma mère » se prépare maintenant à conquérir le public québécois et européen.

Dès les premières minutes, on comprend ce qui a fait le succès du film du jeune Québécois ; prises de vue originales, approche à la limite entre le populaire et l’artistique, jeu des acteurs totalement hypnotisant. Ce qui surprend aussi, c’est comment une histoire au demeurant banal (un jeune homme en révolte contre sa mère, chef de famille monoparentale, qui vogue de difficultés scolaires en fugues improvisées pour finir dans un pensionnat) peut devenir soudainement aussi passionnante. Entre ce qui pourrait sembler n’être que de criardes chicanes entre Hubert (joué par Dolan) et sa mère ringarde et passive (fabuleuse Anne Dorval, qui obtient enfin toute l’attention qu’elle mérite), on découvre finalement la particularité des situations démontrées, vécues par des personnages en l’apparence communs, mais pourtant réellement uniques. L’histoire ne devient jamais réellement plus complexe que la trame de départ, mais on ne peut que constater que cette simplicité sert vraiment le récit de Dolan, qui gagne en intensité à mesure que les minutes s’envolent, au lieu de s’éparpiller dans tous les sens.

Bien sûr, le tout n’est pas parfait (les entre-coupages de scènes en noir et blanc, où Hubert se confie à sa caméra, se révèlent superflus, et on a droit à quelques scènes qui sentent un peu trop l’improvisation), mais au final, on se retrouve avec une œuvre qui ne manifeste pleinement sa force qu’après les dernières images où l’on assiste à une réconciliation toute en subtilité, après maints obstacles qui ont chamboulé la vie de personnages auxquels on s’est accrochés plus que l’on ne pensait au départ. Une belle carrière attend sans aucun doute la première œuvre de la nouvelle coqueluche du cinéma francophone, et ne peut que faire rêver sur les possibilités sans limites qui s’offrent maintenant à ce talentueux jeune homme.

Note : ****

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Une Réponse »

  1. Je suis pleinement d’accord avec toi au sujet du jeu d’Anne Dorval qui est délicieuse. Spécialement dans la scène où elle échange avec le directeur d’école. Les scènes de confrontation entre Dorval et Dolan sont géniales. J’ai adoré du début jusqu’à la fin!

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