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The Ipcress File : Un visage de l’espionnage autre que James Bond (1964)

Par • 1 juillet 2008 à 0:00

Ceux qui adorent les films d’espionnage sur un ton moins fantaisiste, avec des personnages ayant des aptitudes moins surhumaines que James Bond, devraient apprécier « THE IPCRESS FILE », qui représente la parfaite antithèse aux aventures de 007.

 

Un scientifique, Radcliffe, est enlevé par un espion albanais, Grandby, à la gare de Londres. Le colonel Ross, responsable des services secrets, envoie un de ses agents, Harry Palmer, au service de contre-espionnage dirigé par le commandant Dalby, qui est chargé de retrouver le savant et de négocier sa récupération. Mis au parfum, Palmer retrace Grandby dans la capitale anglaise, et entame les négociations, achevées par Dalby. Dans sa quête, Palmer trouve également une bande magnétique avec une inscription: IPCRESS. L’échange s’effectue cependant comme prévu dans un stationnement souterrain, mais aussitôt après, Palmer abat un agent américain de la CIA qui espionnait dans les parages. Dès le lendemain, non seulement s’aperçoit-on que Radcliffe est amnésique, mais aussi que Palmer à un agent américain chargé de le surveiller et de vérifier s’il est régulier. Les choses alors se précipitent dramatiquement dès qu’un collègue de Palmer parvient à déchiffrer la signification de la bande magnétique IPCRESS et lui en fait part . Il est tué peu après, puis Palmer trouve le cadavre de l’agent américain qui le surveillait dans son appartement avec en prime, le dossier IPCRESS volé à son bureau. Persuadé qu’un de ses supérieurs est un agent double, Palmer cherche à le démasquer tout en quittant Londres pour sa sécurité, sans savoir que Grandby le suit à la trace.

 

Voilà un film d’espionnage britannique compliqué à souhait qui a du charme à revendre. Produit par Harry Saltzman, co-producteur des James Bond, le film présente pourtant un agent secret, Harry Palmer qui est tout l’opposé de 007: il porte des lunettes, n’utilise pas de gadgets, doit passer par la hiérarchie, bien qu’il soit réputé pour son insubordination, et doit même remplir de la paperasse pour faire ses rapports de mission. Bref, il n’est pas un surhomme, bien qu’il a lui aussi de l’humour et un certain attrait pour la beauté féminine. Ce héros d’espionnage réaliste existe d’abord dans l’univers du romancier Len Deighton, auteur se situant dans la veine sérieuse et critique du milieu des services secrets d’un John Le Carré. C’est dire à quel point l’intrigue présente des personnages à la fois manipulateurs et manipulés qui ne sont pas ce qu’ils semblent être. Sidney J. Furie, réalisateur canadien émigré en Angleterre, a filmé cette histoire de façon originale, en employant des prises de vues et des cadrages insolites (angles biscornues, actions des personnages filmées à travers divers objets situés dans le champ) et en réglant chaque scène avec précision.

 

L’ensemble se veut intriguant et retient notre attention grâce aux rebondissements et aux développements adroitement ménagés dans l’intrigue. La création d’atmosphère est bien rendue, et est même renforcée par l’excellente musique aux accents psychédéliques de John Barry. La séquence de torture de Harry Palmer s’avère l’une des meilleures du film , sinon la plus fascinante. Le dialogue est brillant et suffisamment clair pour que l’on ne se perde pas trop dans les complexités du récit (les explications ont juste la longueur voulue), tout en ayant quelques pointes humoristiques au ton bien british. Une oeuvre fortement recommandé, à voir absolument. Je l’ai vu pour la première fois il y a 25 ans à la télé, et ce film m’a profondément marqué dès mon jeune âge et a contribué à me faire aimer le cinéma. Je le revois toujours avec plaisir aujourd’hui. Michael Caine, devenu célèbre grâce à son incarnation du personnage d’Harry Palmer, offre une composition magistrale et séduisante du héros, alors que le reste de la distribution est suavement délicieuse.

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