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Chronique classiques du cinéIl y a de ces films inoubliables. De grands réalisateurs au grand écran... du grand cinéma pour de grands moments!

Jaws : Le film-catastrophe passe chez le dentiste

Par • 1 juillet 2008 à 0:01

Puisqu’on parle d’anniversaire chez les classiques du cinéma, on a fêté en 2005 le 30ième anniversaire du film « JAWS », qui créa en 1975 le prototype du cinéma estival pop-corn, qui fit fuire les baigneurs des plages et des stations balnéaires très à la mode à cette époque, et qui lança pour de bon la carrière du réalisateur Steven Spielberg dans la stratosphère alors qu’il avait à peine 28 ans et 3 films derrière la cravate. Pour ce faire, un nouveau DVD fût sorti pour commémorer l’évènement avec de nouveaux suppléments: entre autres le documentaire complet et intégral du tournage du film (l’ancien DVD ne possède que le documentaire partiel) réalisé par Laurent Bouzereau.

 

Le scénario du film est connu, mais voici quand même un rappel: sur une station balnéaire appelée Amity Island, une jeune fille est retrouvée en morceaux sur la plage. Le chef de police, Martin Brody conclut aussitôt que la cause du décès ne peut être dûe qu’à une attaque de requin et veut immédiatement fermer les plages. Le maire lui enjoint cependant de revoir sa décision car les baigneurs et les touristes sont ceux qui amènent des profits faramineux à Amity. Lorsqu’un petit garçon est à son tour dévoré, Brody obtient la permission de fermer les plages pendant 24 heures, tandis que des pêcheurs expérimentés et dilettantes se lancent à la chasse au requin pour récolter la récompense de la mère du garçon décédé. Un ichtyologiste, Matt Hooper, arrive sur l’île à la demande de Brody et lorsqu’un requin est capturé par un groupe de pêcheurs, il affirme avec certitude que ce n’est pas « le » requin qui a tué la jeune fille après autopsie. Le maire s’entête néanmoins à ouvrir les plages pour le 4 juillet, fête nationale… et le requin se paye un autre repas gratuit. Brody et Hooper partent alors à la chasse au requin avec un pêcheur expert, Quint. Leur odyssée sera périlleuse car le requin est un grand blanc d’une taille gigantesque, d’une férocité peu commune et d’un appétit sans fin.

 

Tout a été dit et redit sur ce classique du film catastrophe. Adapté d’un roman simpliste et léger de Peter Benchley (qui s’est inspiré d’un fait divers), le jeune Steven Spielberg a su malgré les embûches au cours du tournage et son manque d’expérience, nous offrir un véritable bijou dans le suspense horrifique, de quoi satisfaire à la fois le public et la critique. L’inventivité de la mise en scène et du montage, omniprésentes durant toute la projection, nous donne droit à une tension soutenue et un souci du détail ciselé, tellement que l’on n’a jamais le temps de remarquer que le requin est un faux. Les effets chocs sont réussis: que l’on pense à la tête découpée avec un oeil en moins dans la scène où Hooper examine une épave trouée, ou bien à la jambe coupé d’une victime avec une chaussure-sport au pied qui tombe au fond de la mer. Les effets de caméras sont réussis aussi: Spielberg a su renouveler la technique d’Hitchcock employée dans « VERTIGO » (zoom avant combinée avec un travelling arrière pour faire ressentir le vertige), avec l’ajout d’un travelling avant du personnage de Brody assis sur une chaise à roulettes pour montrer sa peur et son impuissance à réagir lors de la scène où le petit garçon est dévoré. Même l’humour est réussi grâce à des répliques inattendues et bien écrites comme celles-ci par exemple:

 

-« Cette prime pour la capture du requin, ce sera du cash ou en chèques. » 

 

-À propos de l’immense taille du requin qui pèserait trois tonnes selon Quint: « Il nous faudrait un plus gros bateau! » -« Non! De l’huile de coude! » 

 

-Brody parlant au maire du requin: « Ouvrir les plages pour la fête nationale, ça équivaut à lui sonner la cloche pour le déjeuner! »

 

-« Tu crois que tu peux faire une autopsie d’un requin? » « Qu’est-ce que tu crois, un brigadier de police sait tout faire! »

 

-« Ca n’a pas de sens qu’un aquaphobe comme vous joue les insulaires! »

 

-Brody lançant des appâts pour attirer le requin: « Réduisez! Si moi aussi je pouvais réduire et que lui puisse enfin venir bouffer son affreux casse-croûte! » Surgit alors le requin dont la grande gueule fige Brody sur place.

 

-Hooper sur le quai qui demande une info aux pêcheurs: « Où puis-je trouver un hôtel décent ou un restaurant dans cette île? » Réponse: « Continuez tout droit devant vous! »

 

Le succès du film a été tel que de nombreuses imitations ont suivis et continuent encore de nos jours. Mais aucune n’a su l’égaler, même pas les suites. Notons que la deuxième moitié du film (la chasse au requin avec les trois personnages principaux) rappelle à plusieurs égards les récits mythologiques (la taille et le comportement bien particuliers du requin, les situations et les rebondissements imaginés lors de cette chasse, la fin spectaculaire du requin peu réaliste). La musique de John Williams représente à elle seule 50% de la réussite du film car sans elle, on croirait que le film est un documentaire de Cousteau. Le trio d’acteurs vedettes campe avec adresse leurs personnages respectifs en rendant à merveille à l’écran leurs tempéraments différents. Film à recommander aux enfants, car il peut faire office de conte de fée (ce que les psychanalystes comme Bruno Bettleheim considèrent comme essentiel à l’équilibre affectif et mental d’un enfant dans son processus de croissance). Un pur classique.

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