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Chronique classiques du cinéIl y a de ces films inoubliables. De grands réalisateurs au grand écran... du grand cinéma pour de grands moments!

North by Northwest : l’invraisemblance élevée au rang des beaux-arts (1959)

Par • 19 décembre 2010 à 19:38

Le maître du suspense, Alfred Hitchcock, a souvent affirmé au cours de sa carrière, vouloir filmer des tranches de gâteau plutôt que des tranches de vie. Avec NORTH BY NORTHWEST, il nous a servi toute une tranche de gâteau, qui est devenu avec le temps un classique du septième art.

Un publiciste, Roger Thornill, mène une vie sans histoire et s’apprête à aller au théâtre avec sa mère. Dans le hall, Thornill est enlevé par les hommes de main d’un nommé Philip Vandamm. Celui-ci croit à tort que Thornill est en réalité George Kaplan, un agent secret américain à ses trousses. Après avoir été drogué par l’alcool et libéré, Thornill cherche à comprendre ce qui lui est arrivé. Il se rend au siège de l’ONU pour rencontrer une personne importante lorsqu’un diplomate est abattu sous ses yeux.

Devenu le suspect no. 1 pour ce meurtre, Thornill s’enfuit alors qu’il a toutes les polices du pays à ses trousses. À bord d’un train pour Chicago, il rencontre une jolie blonde, Eve Kendall, qui lui vient en aide et dont il s’amourache. Elle arrange un rendez-vous en pleine campagne pour Thornill, mais cela s’avère un piège. Thornill échappe de peu à la mort, alors qu’un avion sulfateur tente de lui faire la peau.

Revenu à Chicago, Thornill rencontre un homme, « le professeur » qui lui explique enfin tout ce qui lui arrive. Thornill comprend qu’il a été victime d’une méprise car l’agent secret Kaplan n’existe pas, et qu’il a été inventé pour assurer la couverture de la vraie agente, Eve Kendall, qui agit dans l’entourage de Vandamm en étant sa maîtresse. Thornill aide alors le contre-espionnage à assurer la couverture d’Eve, mais Leonard, homme de confiance de Vandamm, a des doutes sur elle. Thornill décide alors d’intervenir pour la sauver des griffes de Vandamm dans son repaire au Mont Rushmore.

Hitchcock a parlé de ce film comme étant un résumé de la période américaine de son oeuvre: celle des films d’espionnage légers. On y retrouve un schéma de base qu’Hitchcock adore utiliser: l’histoire d’un homme ordinaire qui est embarqué malgré lui dans une aventure qui le dépasse complètement.

Le maître du suspense a trouvé cependant le moyen de pousser ce thème jusqu’à un rare niveau de qualité, et il a su concevoir un cocktail savamment dosé de suspense matiné bien évidemment d’un concentré d’humour typique du maître, au goût si extraordinaire qu’on est prêts à en reboire.

Tout le film accumule avec brio des situations tout simplement renversantes et fertiles en pétillants épisodes à la fois ironiques et invraisemblables, à se demander si les films de James Bond ne s’en sont pas inspirés.

Hitchcock profite d’ailleurs à plein de cette course-poursuite pour se laisser aller à un ton d’humour d’une impertinence malicieuse quasi-permanente (ex. l’emploi des sculptures des présidents américains au Mont Rushmore, le plan final où Cary Grant et Eva Marie Saint s’apprête à passer leur nuit de noce dans un train… Qui entre alors dans un tunnel).

Ce pur suspense contient un morceau de bravoure inoubliable et tellement incroyable qu’elle a élevée l’invraisemblance au rang des beaux-arts. Il s’agit évidemment de la scène où Cary Grant se fait mitrailler par un avion en pleine campagne et en plein jour, pièce d’anthologie mémorable qui contrevient aux canons habituels du film noir (selon ce que Hitchcock a dit à Truffaut).

Le dialogue est brillant et parfois audacieux (Dans la version anglaise, Cary Grant prononce ces deux mots: « faire l’amour » à Eva Marie Saint, une première à l’époque que la censure a laissé passer!). Sans contredit, NORTH BY NORTHWEST fait partie des chefs-d’oeuvre de l’imposante filmographie du « grassouillet » maître du suspense. Un véritable joyau qui restera pendant longtemps dans la mémoire du temps, et où les acteurs jouent avec beaucoup de souplesse.

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