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Un drôle de paroissien : une comédie iconoclaste et anticléricale (1963)

Par • 29 janvier 2010 à 15:54

Il y a de ces films qui sortent en DVD chez nous au Québec si discrètement, qu’on ne se doute pas qu’ils existent dans les rayons d’un magasin. Certains d’entre eux valent pourtant le détour d’être découvert, et c’est le cas pour ce long-métrage intitulé UN DRÔLE DE PAROISSIEN, une comédie écrite et réalisée par un dénommé Jean-Pierre Mocky, mettant en vedette Bourvil et Francis Blanche.

Depuis plusieurs générations, une vieille tradition veut que les membres de la famille Lachesnaye ne travaillent jamais. Georges, actuellement le dernier de cette famille, vit cependant une mauvaise situation financière, et se voit menacé d’être expulsé de son appartement. Alors qu’il va à l’église, la providence le mène vers l’endroit où se trouve le tronc, et il constate les ressources financières que ce tronc pourrait lui procurer. Georges se met alors en devoir de piller tous les troncs d’église qu’il peut trouver dans Paris, et il peaufine même de mieux en mieux sa technique pour y parvenir.

Rapidement devenu une sorte de Robin des bois des lieux de culte, Georges a réussi à remonter le niveau de vie économique de sa famille. Mais ses exploits attirent l’attention de la police, et l’inspecteur Bridoux se voit chargé d’y mettre un terme. Georges est toutefois rusé, et il bénéficie même de l’aide d’un complice pour échapper aux policiers lancés à ses trousses, alors qu’il tente, en guise de réparation, de déposer un chèque substantiel dans le tronc d’église où il a commis son premier vol.

Au début de sa carrière dans les années 60, le réalisateur Jean-Pierre Mocky s’est surtout spécialisé dans la comédie vitriolique au ton faussement naïf, où il s’attaquait à des institutions censément intouchables. Pour ce film, qui marqua sa première de nombreuses collaborations avec l’acteur Bourvil, Mocky va à fond de train dans une charge anticléricale, audacieuse pour l’époque, fondée sur un humour farouchement iconoclaste pour discréditer l’Église catholique en France.

Ayant acquis de l’expérience et de l’assurance à la mise en scène après quelques films durant cette période, Mocky a réussi à se montrer alerte dans la réalisation de cette comédie, où la forme et le fond s’avèrent plus équilibrés. L’ensemble est savoureux, et contient plusieurs gags rigolos qui se moquent sans vergogne de la moralité religieuse catholique.

Il faut dire que le personnage principal, incarné avec finesse par Bourvil, ne manque pas d’être insolite, et il agit avec une telle innocence sublime que le spectateur n’a aucun mal à tomber sous son charme, ce qui l’amène à approuver sans détour ses actions en tant que pilleur de troncs. La vedette est en plus, bien secondée au niveau comique par des interprétations remarquables de Francis Blanche et de Jean Poiret.

En résumé, Un drôle de paroissien est une autre comédie française divertissante, à mettre sur votre menu bien garni de films à voir, si vous avez envie d’autres choses que les sempiternels produits hollywoodiens.

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