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Critique : Sens – Dans un Monde (2008)

Par • 22 juin 2008 à 12:10

On le sait, la relève rock au Québec est foisonnante ; tellement, en fait, qu’il devient de plus en plus compliqué de se démarquer, et que certains font des pieds et des mains pour rechercher des sons nouveaux alors que d’autres se vautrent dans la facilité de la recette éprouvée. Porté par le succès du premier extrait, Si je dors, le groupe québécois Sens a réussi à lentement s’imposer sur les ondes radio de la province, tout en se classant dans la seconde catégorie de la relève. Et sur Dans un monde, le quatuor a mis le paquet, le tout étant enrobé d’une production bien brillante. Dommage, cependant qu’autant de potentiel, de virtuosité et de travail manifeste soit paralysé par un manque total d’audace.

 

Guitares croustillantes, vocalises impeccables, son poli, textes de bonne qualité, compositions mélodieuses… Tout ça laisse impitoyablement de glace sur une bonne partie de la galette. Mais qu’est-ce qui ne marche pas sur Dans un monde ? Peut-être le fait que les pièces sonnent comme si elles avaient été enregistrées voilà dix ans. Mélangeant les sonorités à la Creed et autres tenants du rock alternatif et nu metal de la fin de la décennie dernière, Dans un monde n’est pas pour autant un mauvais disque. Mais l’appréciation de l’auditeur est irrémédiablement sapée par ce fort arrière-goût de déjà entendu. Parmi les bons moments, on remarque bien sûr l’extrait Si je dors, mais aussi quelques rockers assez sentis (l’ouverture Des crimes des meurtres, le second extrait Hey Baby, ainsi que Prête à tout), mais ce qui ressort est indéniablement ce son « hard Kaïn », un romantisme usé, gonflé de testostérone passée date (Je peux comprendre, Ma tempête).

 

Dans un monde est vraiment ce type d’albums qui sont totalement éclipsés par les suivants, une fois qu’un groupe a atteint son plein potentiel (s’il a réellement du talent). Et Sens en a, du talent. Reste seulement à trouver leur propre son, et non nous servir leur propre version de ballades de groupes américains déjà disparus du radar radiophonique depuis longtemps, et cet album devrait trouver son destin d’accident de passage.

 

J’ai particulièrement aimé :

– Si je dors

– Hey Baby

– Des crimes des meurtres

 

Note : **

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