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Two-Minute Warning : Deux heures de suspense ininterrompu (1976)

Par • 1 avril 2010 à 10:49

Réalisateur indépendant d’excellents drames psychologiques, Larry Peerce a surpris tout le monde en acceptant de mettre en scène un suspense apparenté à la catégorie des films à catastrophe. La surprise est encore plus grande lorsque l’on constate l’excellence du résultat qu’est TWO-MINUTE WARNING.

Un homme armé d’un fusil à longue portée muni d’une lunette télescopique s’installe sur la principale tour en béton du stade de Los Angeles, alors qu’un important match de football a lieu. Pendant qu’il recherche une victime potentielle dans la foule ou parmi les joueurs, les services de sécurité du stade décèlent sa présence grâce à une caméra de télévision. Une unité de commando spécial d’intervention est alors envoyée au stade pour neutraliser l’inconnu au fusil.

Plusieurs dispositifs de sécurité sont mis en place, en même temps que le commando se prépare à attaquer le tireur inconnu. Mais la position de celui-ci est si bien isolée et protégée, qu’il peut très bien avoir le temps de tuer plusieurs personnes avant que les policiers ne puissent l’abattre. Le commando parviendra-t-il à le neutraliser avant qu’il n’ouvre le feu sur la foule et ne provoque une gigantesque panique?

Avec TWO-MINUTE WARNING, Larry Peerce est l’un des rares réalisateurs à avoir su utiliser avec finesse, intelligence et souci du détail, les moyens techniques et financiers imposants mis à sa disposition dans la confection d’un long-métrage, conçu d’abord pour tabler sur les succès d’un genre en vogue dans les années 70. En fait, sa mise en scène constitue un sacré tour de force, que ce soit par sa souplesse dans la coordination des scènes de foule que par sa dextérité à relier les nombreuses sous-intrigues du récit.

Il en résulte un suspense d’action dont la tension croissante atteint un rare niveau maximal. À tout moment, les nerfs des spectateurs sont mis à rude épreuve, puisque l’intrigue table habilement sur la mise en exergue d’une menace latente, dont la survenance possible laisse anticiper un éclatement de violence. Les développements de l’histoire sont crédibles, et les scénaristes ont évité le piège du mélodrame artificiel, qui était courant dans la caractérisation des personnages à cette époque dans les films de ce genre.

Autre point fort: le scénario ne donne aucune explication au public quant aux motivations du tireur. On ne voit que fugitivement son visage pendant la durée du film, et son identité, dévoilée à la fin, apparaît banale. Ces éléments font contraste avec les recettes employées dans la majorité des thrillers déferlant dans les cinémas depuis des années, où les scénaristes cherchent à trop vouloir expliquer les motivations de leurs protagonistes.

Soulignons toutefois que les réseaux de télévision américains de l’époque, toujours afin de « protéger » les bonnes consciences de leurs téléspectateurs, ont demandé aux producteurs de ce long-métrage des coupures dans les scènes les plus traumatisantes, et l’ajout de quelques séquences explicatives sur les motivations du tireur, pour sa diffusion au petit écran. Larry Peerce s’est évidemment dissocié de cette version aseptisée, et son nom sur le générique a été remplacé par celui de Gene Palmer. C’est heureusement la version cinéma qui se retrouve sur le DVD du film.

La distribution est soigneusement composée d’acteurs talentueux, parmi lesquels on retrouve un étonnant John Cassavetes dans la peau du chef de l’unité de commando, alors que l’on ne l’attendait pas dans ce genre de rôle, ni dans ce genre de film.

Avis aux amateurs de suspense et aux cinéphiles curieux, TWO-MINUTE WARNING, qui est disponible en DVD au Québec, vous est chaudement recommandé.

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