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Silverchair – Young Modern (2007)

Par • 7 août 2007 à 12:00

La plus grande ironie du dernier album de Silverchair, qui sort cinq ans après le magnifique Diorama, c’est qu’il est plus facile pour le non-initié de l’apprécier que pour le fan de première heure. Dire que le trio australien Silverchair a commencé en tant que gros band de garage grunge, bien gras et bien dégoulinant à l’âge de 14 et 15 ans. Et que maintenant, alors que les gars sont au sommet de leur créativité avec ce cinquième album, le son a changé du tout au tout. Alors que Frogstomp (1995) était rugueux, grinçant et agressif, Young Modern contient onze bonbons pop absolument savoureux ; pour ceux qui connaissent le groupe pour les morceaux Tomorrow, Israel’s Son ou Anthem For The Year 2000, oubliez tout ce que vous croyiez savoir sur Silverchair. On revient de loin.

 

Au moins, chaque album de la troupe de Daniel Johns (voix et guitare) pointe toujours dans la direction du prochain : le grunge de Frogstomp était contrebalancé par quelques passages alterno qui ont façonné Freak Show (1997), qui avait aussi quelques ballades et expérimentations, qui forment la majeure partie de Neon Ballroom (1999), expériences poussées plus loin par Diorama. Pour Young Modern, peu de guitares, beaucoup de sonorités bizarres, un Johns qui occupe totalement l’avant-plan, des mélodies pop très accrocheuses, une déconstruction de la chanson du type couplet-refrain-couplet. Les unes sont faciles à assimiler, tellement qu’elles en deviennent presque obsédantes (Straight Lines, Reflections Of A Sound, Waiting All Day), les autres attendent les écoutes subséquentes de l’auditeur avant de frapper avec un air imparable (la très spéciale If You Keep Losing Sleep, The Man That Knew Too Much, Mind Reader, Young Modern Station). Aucun passage ne laisse indifférent ; même si l’on est dérouté, on sait qu’on tient là un album spécial, pour le meilleur ou pour le pire.

 

Silverchair fait peut-être de la pop dans sa forme la plus pure sur Young Modern, néanmoins le groupe n’a pas pris la solution la plus facile : côté vocal, Daniel Johns est au sommet de son art, et autant on peut dire que le jeune homme prend beaucoup de place, autant ses compagnons savent se fondre parfaitement dans le décor. Les morceaux sont souvent complexes, et comme la plupart des excellents albums, celui-ci demande de la patience et de la persévérance. En bref, et on croyait ne jamais pouvoir dire ça de Silverchair, mais vous n’avez jamais rien entendu comme ça.

 

J’ai particulièrement aimé :
– Straight Lines
– If You Keep Losing Sleep
– Those Thieving Birds Pt. 1&2 / Strange Behaviour

 

Note : ****1/2

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2 Réponses »

  1. C’est toujours difficile de critiquer une critique de quelqu’un qui s’y connaît autant en musique et qui en joue aussi mais j’ai détesté profondément cet album de Silverchair au point de lui donner un 0.5 sur 5. J’ai l’impression que Daniel « ex-anorexique » Johns a enfin trouvé la « lumière » et qu’il nous partage son illumination sur cet album. Des tounes pop insipides qui m’ont complétement répugné. Bon, c’est vrai que j’adorais l’ancien style de Silverchair mais là… y’a des limites!! D’ailleurs mon cher Jonathan, pour que tu cotes cet album 4 1/2, c’est gros! Ça frise la note parfaite! JE vais peut être devoir le réécouter 13 fois pour me laisser imprégner de ce nouveau style… Qui sait? Je vais peut être accrocher. (Saviez-vous, selon des « études scientifiques », qu’on ne peut dire avec conviction si on aime ou on aime pas une chanson qu’après 13 écoutes? Avant ce nombre, selon eux, il est impossible d’avoir un jugement « juste ». À vous de juger 😉

  2. Bah 13 écoutes, je pense pas que ça doive toujours prendre ça. Sauf que si t’as peu ou pas écouté Diorama, l’album précédent, c’est évident que ça a dû te laisser froid et que ça va en prendre 15-20. Entre Frogstomp et celui-là, il y a un monde. Rien à voir. Mais si on oublie 2 secondes qu’on écoute Silverchair, et qu’effectivement on laisse le temps à l’album de mûrir, on se rend compte que c’est un foutu bon album.

    Évidemment, faut que ce soit un peu notre style aussi. J’ai lu des critiques d’internautes sur cet album, et ce qui en ressort, c’est que soit on adore (80% environ), soit on déteste.

    http://www.amazon.com/Young-Modern-Daniel-Johns/dp/B000RGSOPA/ref=pd_bbs_sr_1/105-5915283-5543610?ie=UTF8&s=music&qid=1186663578&sr=8-1

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