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La princesse Turandot conserve son honneur et gagne le cœur du public

Par • 18 janvier 2010 à 20:41

Quelle excellente façon de débuter cette nouvelle décennie et quel excellent moyen contre toute déprime hivernale que d’assister à cette pièce hybride. C’est à travers toute la maîtrise de leur art que les douze comédiens ont su avec générosité, réchauffer un public croulant de rire et participatif. J’en ai eu mal aux joues et mon fou-rire fut collectif.

Par contre, la princesse Turandot n’entend pas à rire lorsqu’il est question de mariage. Elle refuse d’aimer et d’être aimée. Elle dénonce la domination masculine, se refuse à l’humiliation d’être souillée et soumise à l’homme. Le mariage traduit, pour elle, le douloureux souvenir de la mort de son ancêtre Lu Ô Ling, jadis assassinée par un homme. Elle propose à quiconque, qu’il soit marchand, pêcheur ou prince, sa main et le règne de la Chine s’il parvient à résoudre trois énigmes. Toutefois, s’il échoue, il se fera couper la tête. Malheureusement, quatre vingt dix-neuf prétendants l’ont perdu. Or, un jeune étranger, curieux et ambitieux, se présente comme candidat à la résolution des trois énigmes qu’il réussit sans peine. Cependant, elle lui refuse tout de même sa main. Le prince lui propose alors à son tour de résoudre une énigme; Turandot devra découvrir quel est son nom. Parviendra-t-elle à son tour à résoudre l’énigme et refuser la main du prince ou acceptera-t-elle sa défaite : l’amour ou la haine.

Les blagues, les pitreries, les jeux de mimes, les ombres chinoises, le chant, les jeux de mots et de proverbes, viennent fabuleusement contraster et alléger la froideur de l’orgueil et de l’esprit de vengeance de la princesse Turandot. Leur prouesse vient également soutenir la mise en garde fait à ce prince italien déchu, sans le sou et sans le nom prêt à perdre la tête pour conquérir celle-ci et ainsi retrouver sa dignité. Donc, du début à la fin nous sommes à la fois émus par la tragédie que vivent les deux antagonistes et incapables de retenir nos fou-rires devant leur conseiller et chancelier pour qui tout n’est que comédie. La mise en scène est meublée par un éclairage astucieux et judicieusement exploité. Le décor aux multiples lanternes et passerelles reflète aisément la culture orientale. Les costumes sont magnifiques et flamboyants et les accessoires tels que les masques et les éventails viennent ajouter de l’ampleur à une gestuelle précise et caricaturale de l’orient. De plus, les gongs retentissants viennent nous faire vivre une certaine angoisse et parfois même orienter un certain silence propre à la tragédie. La phonétique d’un continent à l’autre est harmonieusement intégrée. Tout au long de la pièce, les oppositions des astres de la lune et du soleil, de l’amour et de la haine, du tragique et du comique viennent nous communiquer l’essence des sentiments des personnages et transpose, à souhait, les croyances des différentes cultures.

Finalement, à la fin de la représentation les comédiens acclamés ont eu droit à une ovation debout et trois rappels ce qui est grandement mérité. Cette pièce est accessible à tous, jeune et moins jeune, nul besoin d’être un grand intellectuel pour comprendre la pièce et pour cela, chapeau !!! C’est rafraîchissant de voir un théâtre démocratisé qui donne envie à tous et chacun de sortir pour se cultiver et rire un peu. C’est une pièce que je ne suis pas prête d’oublier et je compte, d’ailleurs, retourner la voir une deuxième fois.

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