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Chronique Habits du dimancheLes écrits restent, les habits du dimanche s'envolent. Des mots du passé qui résonnent aujourd'hui.

La fois où Véronique Cloutier m’a parlé

Par • 25 avril 2010 à 10:36

C’était en 1995. Je devais avoir 13 ans. Ma mère, ma soeur et moi vivions dans un demi-sous-sol. L’appartement n’était pas très grand, mais le salon était très confortable et juste assez éclairé pour me permettre de regarder la télé à mon aise. Dans ce temps-là, je découvrais Musique Plus, à l’époque où il y avait encore des vrais animateurs. Mon émission fétiche, c’était Le Combat des Clips, animé par Véronique Cloutier.

La formule était simple. Tous les vendredis, deux vidéoclips populaires s’affrontaient dans une chaude lutte. Les téléspectateurs étaient invités, tout au long de l’émission, à voter par téléphone pour des frais de 50 cents. Le vidéo gagnant revenait la semaine d’après pour faire face à un autre adversaire. Je ne manquais aucun combat, comme un sportif de salon avachi devant la lutte à RDS. Ce qui m’a accroché à ce concept, c’est la chanson Bullet With Butterfly Wings des Smashing Pumpkins. Cette pièce, qui est probablement la plus marquante de mon adolescence, a remporté le Combat des Clips pendant plusieurs semaines. Chaque fois, ça me rendait plus heureux qu’une victoire du Canadiens.

Un certain soir, c’était au tour des Backstreet Boys d’affronter les Pumpkins. Là je n’avais plus envie de rire. Il s’agissait d’une rencontre au sommet entre ma soeur et moi. Des résultats partiels étaient livrés pendant l’émission. Les Backstreet Boys dominaient. Accablé, j’ai lancé deux pièces de 25 cents à ma mère et je suis parti dans ma chambre avec le téléphone sans fil. J’ai voté pour ma chanson, c’était mon devoir. Ma mission. Au bout du fil, un message enregistré par Véronique Cloutier nous remerciait d’avoir voté.

Ce soir-là, les jeunes filles hystériques avaient vaincu les amateurs de rock… Mais dans mon coeur j’étais en paix. Véro m’avait adressé la parole.

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2 Réponses »

  1. Sans vouloir te faire de la peine, j’ai eu la « chance » de rencontrer mademoiselle Cloutier à deux occasions dans ma vie. La première sur la rue Ste-Catherine lors d’un tournage pour Musique Plus où elle a « légèrement » dit à son caméraman d’éloigner telle ou telle personne parce qu’elles n’étaient pas belles et ne feraient pas un beau cadrage. Je suis restée sur ma faim amère jusqu’au jour où je l’ai revue dans un des merveilleux salons « Pepsi jeunesse ». Toujours entournée de son équipe de poupouneuses, elle a refusé, le nez en l’air comme une prétentieuse hors pair, de signer quelconque autographe pour ses nombreux fans qui la suivaient patiemment depuis 10 minutes prétexant que Madame n’avait pas de temps pour ces « suiveurs collants ». J’ai attrapé l’écoeurantite aigüe ce jour-là et je ne peux malheureusement plus la blairer même en photo…

  2. Encore une belle tranche de vie!
    Je crois que l’on a tous des idôles et que lorsqu’on s’en approche le moindrement, pour nous c’est le bonheur fou!
    Je n’ai jamais réussi à rencontrer un de mes idoles, probablement parce que j’habite un peu loin. Mais il me reste toujours mes rêves et mon imagination. Et je peux être très patiente.

    J’ai déjà hâte à ta prochaine chronique!

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