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ÉditorialPuisqu'il y a des choses qui doivent être dites, aussi bien les dire avec une verve franche et directe. Des sujets chauds, traités vivement sans trop de fioritures.

Grande vente de sexe

Par • 7 avril 2009 à 14:44

SAISON 4 !

Lundi 6 avril 2009 au soir, à RDS. Une publicité pour la marque de bière Budweiser, qui passe déjà depuis quelques semaines, défile à l’écran.

Les personnages :

–         un gars sûr de lui avec ses amis moins sûrs d’eux

–         un « bouncer » à l’expression faciale bovine

–         deux chicks sensuelles qui paradent

–         une bouteille de Bud rapidement entrevue

L’intrigue :

Le mec sûr de lui entre avec ses potes dans une zone réservée, en faisant croire Dieu sait quoi au jambon de service à l’entrée. Il se dirige vers le bar, demande une Budweiser. À ce point du récit, coup de théâtre : le bouncer, blessé dans son orgueil pour avoir été berné, demande au gars confiant de lui rendre des comptes. Mais une fille, presque nue pour aucune raison, vient sauver la situation en glissant ce qu’on devine être une clé de chambre d’hôtel dans la poche de chemise du mec plein de confiance, qui profite alors de l’occasion pour narguer une dernière fois le colosse au cerveau poids plume. Fin du récit.

Veuillez noter que, par souci artistique, le tout est savoureusement filmé en sépia.

Ce que l’on tente apparemment de vous vendre :

C’est assez incroyable, mais le produit que l’on cherche à vous vendre, c’est de la bière. De la Budweiser, plus précisément. Eh oui, c’est subtil !

Ce que l’on vous vend réellement :

Messieurs, nous vous vendons l’idée irréaliste mais totalement claire que, si vous demandez une Bud au bar (n’importe lequel, même ceux auxquels vous n’êtes pas supposés avoir accès), vous pourrez berner facilement n’importe quel garde sécurité, et que des pitounes vont automatiquement vouloir coucher avec vous.

Mesdames, on ne vous vend rien. Vous n’êtes pas le public-cible, vous êtes le trophée.

En conclusion…

On résume la dynamique masculine à ceci : les hommes sont assoiffés de bière, mais pas autant que de cul. C’est ce qui nous mène tous dans la vie : des pitounes pis d’la broue. Quant aux femmes, elles sont prêtes à s’accoupler avec le premier venu, c’est bien évident. Elles sont des prix de présence sur deux pattes, des accessoires complémentaires à la consommation d’alcool. La Budweiser est-elle un si mauvais produit qu’il faille ces arguments de bas étage pour convaincre le consommateur inconscient ?

J’pense que je vais aller me déboucher une p’tite Blanche de Chambly, moi…

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4 Réponses »

  1. « C’est ce qui nous mène tous dans la vie : des pitounes pis d’la broue. » Héhéhé, jolie analyse mon distingué collègue!

  2. Le problème, à mon avis, ce n’est pas tant le contenu de cette publicité, mais le fait que pub après pub, on nous prouve que ce genre de concept fonctionne. J’aimerais bien savoir auprès de qui d’ailleurs…

  3. Plus ça change, plus c’est pareil dans les annonces de bières. Dans les années 80, c’était pratriquement le même genre de pub, et pour bien des marques populaires, Budweiser n’ayant pas le monopole pour vendre du plaisir en canettes et en décolletés profonds à la gente masculine.

  4. @ Dom : Merci bien, collègue ! Je viens d’ailleurs de terminer ton texte sur ce restaurant qui prétend être le roi des burgers… savoureux ! C’est l’cas de le dire…

    @ Boris : Étant donné que ce type de publicité fait directement appel à un des instincts les plus primaires chez l’humain (à savoir la reproduction), je crois qu’un peu tout le monde embarque sans le savoir. C’est justement ça le problème, ça en fait de la publicité déloyale et malhonnête. Je sais pas ce qui est pire entre ça et le subliminal…

    @ Mathieu : C’est vrai que le principe est en vogue depuis bien longtemps… tant qu’on peut faire rêver le consommateur, même sur de faux résultats (ça me frappe particulièrement sur les annonces de produits pour les cheveux), eh bien on sait que ça va vendre.

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