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Chronique 11 questionsPourquoi poser 10 questions lorsqu'on peut en poser 11? Série d'entrevues colorées exclusives à DimancheMatin.com.

Entrevue avec Patrick Lagacé

Par • 1 janvier 2008 à 17:06

Il a roulé sa bosse aux faits divers du journal de Montréal pour ensuite prendre le micro sur les ondes de CKAC, tout d’abord comme chroniqueur, et ensuite comme animateur.  Il a été à la barre de BCBG les dimanches en compagnie de Raphaëlle Germain.  Par la suite, il a eu l’ingrate tâche de remplacer un animateur vedette, soit Benoît Dutrizac, aux Francs-tireurs à Télé-Québec avec Richard Martineau.  Tâche qu’il exécute d’ailleurs à merveille.   Depuis, il a cumulé les chroniques d’opinions au Journal de Montréal pour finalement se trouver une niche à La Presse.  Et ce, sans compter ses nombreuses participations à des débats télévisés.  Cette semaine à la chronique 11 questions, le prolifique et très polyvalent journaliste Patrick Lagacé.

01. Est-ce que tu considères le métier de journaliste comme étant un milieu très compétitif?

Oui.

02. D’après ce que tu as vu depuis que tu travailles en journalisme, considères-tu que le grand public est bien informé, mal informé ou trop peu informé par les médias?

Ça dépend : oui, dans l’absolu, le public est bien informé. Regarde le nombre de sources d’information disponibles à la télé, au kiosque à journaux et, surtout, sur le web, C’est à donner le vertige. Mais tout ce choix vient avec une obligation : faire un effort. Tu ne peux pas juste regarder UN bulletin de nouvelles, lire UN journal. Enfin, si, tu peux le faire, mais être mal informé, c’est ça. Sauf que c’est aussi un choix.

03. Depuis le début de ta carrière, tu as fait de la presse écrite, de la radio et de la télé.  Es-tu encore un journaliste écrit pur et dur ou as-tu découvert des intérêts plus marqués pour d’autres formes de journalisme?

À la base, je suis un journaliste de l’écrit. Je le suis encore. Je fais des trucs en parallèle, c’est vrai. Mais quand on me demande ce que je fais dans la vie, je réponds spontanément : journaliste à La Presse.

04. Est-ce que le débat sur les accommodements raisonnables est le fruit d’une volonté profonde de changer les choses de la part de Québécois ou est-ce simplement un débat né suite à l’acharnement et à l’excès de zèle de certains journalistes?

Ni un ni l’autre. Pour moi, ça part d’abord et avant tout d’une insécurité face à nous-mêmes. Qui sommes-nous, où allons-nous ? C’est le propre de bien des sociétés occidentales. Ajoute à cela une immigration différente, qui ne vénère pas le même Dieu que nous, contrairement aux immigrants grecs, portuguais, italiens du passé. Finalement, ajoute le 11 septembre, qui a provoqué une peur de l’islam, et on a la recette pour ce que j’appelle la crisette des accommodements.

05. Lorsque tu as à couvrir des faits divers tragiques, quelle approche adoptes-tu pour faciliter le contact avec les victimes ou leurs proches?

Être humain, tout simplement. Je ne couvre pas beaucoup de faits divers. Mais quand j’en couvre, je me présente avec un calepin en disant aux protagonistes que je veux raconter leur histoire, tout simplement. La pire attitude à adopter, c’est celle de faire croire que le public a « droit » de savoir. Quand tu abordes les proches d’une fillette tuée par deux chauffards, tu ne peux pas leur dire : VOUS DEVEZ ME PARLER, comme s’il s’agissait d’un personnage public.

06. Qu’y a-t-il, d’après toi, de spécial dans ton style de journalisme qui t’a valu des postes de chroniqueur radio et d’animateur télé?  

Aucune idée. Peut-être que j’ai un certain don pour trouver des angles différents quand je traite des sujets. Une certaine combativité, peut-être.

07. On t’offre de couvrir le Canadien de Montréal pendant une saison complète ou de passer un an à Ottawa à suivre les parlementaires.  Que choisis-tu et pourquoi?

Mon premier instinct ? Le Canadien. Mais les gens qui couvrent, ou qui ont couvert le beat, me disent que c’est un univers de plus en pus aseptisé, où il est difficile d’avoir accès aux joueurs, de savoir quels sont les enjeux, etc. Alors je crois que j’irais à Ottawa.

08. Comment et où as-tu obtenu ton premier emploi en presse écrite?

Après avoir été refusé, in extremis, au stage estival de La Presse, en 1995, j’ai eu vent d’une ouverture dans un autre journal. J’ai appelé, j’ai passé une entrevue, j’ai eu le poste. Journaliste au Carillon de Hawkesbury !

09. Quel est on prochain objectif professionnel?

Je n’en ai pas vraiment, en terme de plan de carrière. Je n’en ai jamais eu et ça ne m’a pas nui. Sinon, c’est de faire des bonnes chroniques dans La Presse et de bons billets dans le blogue.Tout simplement.

10. Quel autre talent à part le journalisme possèdes-tu que le grand public ignore?

Je fais un pas pire pâté chinois.

11. Patrick Lagacé me soutient depuis le jour où je me suis inscrit en ATM.  Il m’a aidé à me faire accepter dans le programme.  Je te trouve très patient et très généreux de ta personne de correspondre avec moi depuis maintenant presque 5 ans.  Pourquoi continues-tu encore et toujours à répondre à mes courriels et à me supporter dans mes démarches professionnelles? 

J’essaie, d’une part, de répondre aux courriels qu’on m’envoie. Je réussi à 75 % ! C’est dur, parce que parfois, il y en a beaucoup. Même ceux qui sont critiques, j’offre une réponse. Pas toujours, quand c’est juste une occasion pour un lecteur de se défouler et me dire que ma mère aurait dû faire une fausse couche, je ne me donne pas la peine. Mais dans la plupart des cas, je réponds, je trouve ça important de reconnaître que le lecteur a fait un effort, a consacré dix, quinze, 30 minutes à m’écrire.. Quant à toi, c’est parce que je sais combien il est difficile, quand on fait ses débuts dans le métier, de trouver ses repères. Si je peux donner un conseil ou deux, ça ne me coûte rien et ça aide celui/celle qui le reçoit.

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