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Doomsday : Mad Max rencontre Excalibur et Shakespeare (2008)

Par • 10 octobre 2008 à 9:58

En 2007, un virus mortel fait des centaines de milliers de victimes en Écosse. Incapable d’enrayer l’épidémie, le gouvernement britannique érige un haut mur au sud de la zone d’infection, abandonnant derrière celui-ci une population vouée à une mort certaine. Trente ans plus tard, alors qu’une nouvelle épidémie menace de décimer Londres, le gouvernement envoie une troupe d’élite de l’autre côté du mur dans la zone en quarantaine afin de retrouver un scientifique, Kane, pour percer le secret de ceux qui, contre toute attente, ont survécu aux assauts du virus. Le gens du pouvoir espèrent ainsi trouver un remède pour enrayer l’épidémie et s’en attribuer le mérite aux yeux de la population. La mission se révèle périlleuse, alors que deux clans barbares ennemis, dont un dirigé par Kane lui-même, se sont formés dans la zone en quarantaine et sont en guerre. Celle qui dirige le commando, le major Eden Sinclair, entend bien toutefois aller jusqu’au bout malgré les dangers, mais elle doit faire vite car à Londres, la situation est devenu incontrôlable. En effet, un nouveau premier ministre a pris le pouvoir, et celui-ci ne semble pas avoir des intentions aussi humanitaires et généreuses en ce qui a trait à la distribution d’un possible antidote pour guérir les personnes atteintes du virus.

 

Avec « DOG SOLDIERS » et « THE DESCENT », le réalisateur britannique Neil Marshall s’était montré habile à mélanger des genres (horreur, action etc.) qu’il affectionne. Pour « DOOMSDAY », l’auteur poursuit dans cette veine avec enthousiasme, le film se voulant un condensé hybride rendant hommage au cinéma d’anticipation et aux films post-apocalyptiques des années 70-80, particulièrement « ESCAPE FROM NEW YORK » et « MAD MAX: THE ROAD WARRIOR ». Il fait donc bon de voir un long-métrage qui renonce aux effets spéciaux par ordinateur (Ah! Les bon vieux « matte-paintings »!), d’autant plus que « DOOMSDAY » avait un budget restreint (mais de 17 millions quand même!), un peu comme les modèles qu’il pastiche. Marshall ne s’est cependant pas contenté de faire des clins d’oeil référentielles dans son récit, car il n’hésite pas parfois à contourner les conventions pour solidifier son intrigue, à défaut de la renouveler entièrement. Cette façon de procéder permet à Marshall d’éviter d’américaniser son produit, en lui conférant au contraire un ton bien britannique, que ce soit dans ses sous-entendus politiques ou dans son humour outrancier, voire aussi avec des séquences délirantes parodiant avec un plaisir évident aussi bien « EXCALIBUR » que les oeuvres de Shakespeare ou les aventures de Robin des Bois.

 

Par ailleurs, la mise en scène lors des scènes d’action se veut électrisante à souhait, surtout lors de la trépidante poursuite finale en bagnole où les cascadeurs ont dû s’en donner à coeur joie. Marshall sait aussi exploiter avec inventivité dans ses prises de vues les extérieurs tournés en Écosse et en Afrique du Sud. Et le gore n’a pas été oublié dans la conception, car il y en a à profusion pour satisfaire les fans de sanguinolent. Passé inaperçu lors de sa sortie en salles, il convient pourtant de visionner cette oeuvrette solide et décoiffante dès que possible. Rhona Mitra (bientôt la star dans « UNDERWORLD 3 ») s’impose sans problèmes en héroïne tenace et combative, tandis que Bob Hoskins est encore en forme dans la peau d’un flic qui se veut, selon Marshall, un émule positif du personnage de gangster qu’il incarnait auparavant dans « THE LONG GOOD FRIDAY » en 1980.

 

*** ½

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