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Dog Day Afternoon : unique et inclassable (1975)

Par • 14 septembre 2007 à 0:00

Basé sur un fait réel qui s’était déroulé en plein cœur de Brooklyn durant une journée particulièrement chaude de l’été 1972, Dog Day Afternoon est une production d’une rare densité psychologique. Complètement médusés, nous assistons à un hold-up dont les deux instigateurs ont d’étranges méthodes de travail.

 

Tous deux rescapés de la guerre du Vietnam, Sonny et Sal (Al Pacino et John Cazale) voient les embûches s’amonceler devant eux, après avoir pris en otages les employés d’une banque. Sonny a beau dire qu’il est catholique et qu’il ne veut blesser personne, on a du mal à le croire car il semble déterminé à atteindre son objectif. Il a besoin de beaucoup d’argent pour son petit ami Leon (Chris Sarandon) qui désire une opération pour changer de sexe.

 

Alors que Sonny s’affaire à calmer – et même rassurer – les employés, le téléphone sonne soudain. Quelle n’est pas la surprise du voleur d’entendre la voix du sergent Moretti (Charles Durning), installé chez le coiffeur, juste en face de la banque ! Moretti propose à Sonny de parlementer pour éviter que son délit ne fasse d’innocentes victimes.

 

Il y aura d’incessantes discordes entre les deux hommes. Ces pourparlers parfois venimeux ont tôt fait d’attirer les badauds et une foule de plus en plus nombreuse accourt de partout. Évidemment, tous les médias friands de sensations fortes dépêchent sur place leurs meilleurs reporters pour commenter ce freak show dont la résolution s’étire à n’en plus finir. Bien malin celui qui pourra en prédire l’issue…

 

Tout à fait inclassable, Dog Day Afternoon emprunte à de nombreux genres cinématographiques. Ceux qui ont envie d’un thriller haletant se régaleront. D’autres y verront une intéressante peinture sociale de la société new yorkaise de l’époque. Les plus sensibles seront émus par les relations amour-haine de Sonny, non seulement avec son amant, mais aussi avec sa mère et son ex-épouse. Chose certaine, peu resteront sur leur appétit devant cet authentique chef-d’œuvre du cinéma américain des années 70.

 

La réalisation minutieuse de Sidney Lumet (12 Angry Men, Serpico, Network, etc.) impressionne par sa sobriété, malgré son rythme rapide lors des brèves incursions du héros en dehors de la banque. Dans cette production soignée, tout est réglé au quart de tour, tel un savant mécanisme d’horlogerie.

 

Enfin, comment ne pas s’extasier devant la prestation drôle, tragique, intense (et j’en passe) d’Al Pacino. Je dois reconnaître que je ne suis habituellement pas un grand fan de ce comédien dont le jeu souvent excessif (par exemple dans Scarface) me déplaît. Ce n’est pas le cas dans Dog Day Afternoon : il y donne une performance parfaite et il dose bien ses effets. Rappelons que ce film remporta l’Oscar du meilleur scénario original. Pacino dut se contenter d’une nomination (sa 4e) car l’Académie lui préféra Jack Nicholson dans One Flew over the Cuckoo’s Nest.

 

Cet article est publié en collaboration spéciale avec www.calendrierculturel.com

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