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Critique de « Roméo et Juliette »

Par • 18 avril 2009 à 11:32

romeojuliette1Roméo et Juliette. Tout le monde connaît le mythe de ces deux amoureux, victimes d’un conflit entre les Montaigu et les Capulet, leurs familles respectives, et qui sont morts pour leur amour. Mais il est intéressant de revenir à ce qui a certainement lancé le mythe : la pièce de Shakespeare.

D’abord, un mot sur la pièce en tant que telle. On voit parfois Shakespeare comme un auteur sérieux, qui traite de thèmes lourds comme l’amour impossible et la mort. Il aime certes patauger dans ce genre de sujets, mais il ne faut pas oublier que les pièces shakespeariennes contiennent de vifs rebondissements, des combats à l’épée, des meurtres… et des blagues sexuelles. Le ton tragique côtoie le ton humoristique, ce qui constitue une difficulté d’adaptation. Comment passer d’un gag de dépucelage à un monologue tragique sans briser la force du discours ? Voilà un formidable défi, un défi qu’ont relevé daniel paquette et la Société Richard III.

Une adaptation de Roméo et Juliette s’inscrit dans une longue tradition de reprises de cette pièce hyper classique. Pour se distinguer, le metteur en scène peut rester très près de l’originale ou la modifier jusqu’au farfelu et l’éhonté. La mise en scène de daniel paquette demeure proche de la pièce traditionnelle, ce qui est tout à son honneur. Il emploie une distribution entièrement masculine — à l’époque élisabéthaine, la scène était refusée aux femmes pour des raisons morales —, ce qui aide le propos de la pièce, notamment au niveau de certains gags. Le spectateur s’y habitue assez rapidement. De plus, il conserve l’aspect très physique du théâtre élisabéthain en intégrant une tourelle mobile sur la scène. Il faut préciser que ce type de pièces expose des personnages à diverses hauteurs, surtout lors d’événements cruciaux (la scène de Juliette au balcon, quelqu’un ?). Par ailleurs, paquette s’est permis certains ajouts sur le plan de la gestuelle de ses acteurs. Les effets sont, pour la plupart, réussis.

Enfin, les acteurs s’en tirent à merveille dans des rôles peu évidents. Mis à part le Grégoire (Denis Lehoux-Faucher) dont les gags manquent d’efficacité, la chimie entre les personnages est puissante. Nicolas Pinson interprète un Roméo crédible et juste tandis qu’Olivier Morin est tout simplement poignant dans le rôle de Juliette. On souligne également l’excellent travail de Frédéric-Antoine Guimond (la Nourrice), d’Érick Tremblay (Mercutio), de Marc-André Leclair (Lady Capulet) ainsi que de Luc Bourgeois (Lord Capulet), qui tirent le meilleur de leurs personnages respectifs. Bref, Roméo et Juliette : une pièce à (re)découvrir.

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Louis-Olivier Mauffette (en avant-plan), Pierre-Yves Cardinal, Michel Daviau, Blaise Tardif

Roméo et Juliette
Une production de la Société Richard III, présentée par le Théâtre Denise-Pelletier
Du 17 au 25 avril 2009
Lieu : Salle Pierre-Mercure du Centre Pierre-Péladeau
300, Boul. de Maisonneuve Est, Métro Berri-UQÀM
Billetterie : (514) 987-6919
Réseau Admission 514 790-1245 (www.admission.com)

Photographe : © Luc Lavergne

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