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Je vais bien, ne t’en fais pas (2006)

Par • 17 mars 2007 à 17:46

Lili Tellier revient chez ses parents à la suite d’un voyage à Barcelone. On lui apprend alors que son frère jumeau Loïc a quitté le foyer familial suite à une dispute avec son père. Devant l’ennui total de sa petite vie de banlieue et l’absence de Loïc qui ne lui donne pas de nouvelles, Lili sombre dans une dépression. Elle ne mange plus et se laisse mourir… jusqu’au jour où elle reçoit une carte postale de son frère.

 

Loïc lui écrit, au fil de plusieurs lettres, qu’il va bien. Il sillonne la France avec sa guitare, jouant parfois dans des bars pour ramasser un peu d’argent. Il ne manque pas d’écorcher son père dans ses missives. « L’autre con », comme il l’appelle, demeure toutefois silencieux sur les causes de ladite querelle qui a provoqué le départ de son cher fils.

 

Cette histoire peut sembler ordinaire au premier coup d’oeil, mais elle gagne beaucoup de terrain sur le plan émotif. Chaque personnage réussit à justifier le drame autour du départ de Loïc en y ajoutant ses propres questionnements, inquiétudes et regrets. Les actions et les discussions du film sont toujours assez linéaires, mais le spectateur demeure captif, ne serait-ce que pour voir l’évolution de cette triste famille. En fait, le cinéphile espère peut-être revoir Loïc lui aussi.

 

Les acteurs rendent parfaitement l’ambiance qui tourne autour de la microtragédie qui entoure les Tellier. Mélanie Laurent, qui m’a étrangement fait penser à Julie LeBreton, interprète une Lili à fleur de peau, qui vit sa vie sur un fil de fer, le coeur gorgé d’espoir. Kad Meral, quant à lui, campe bien le rôle d’un père désabusé, ancré dans sa lassante routine, conscient de ses torts et désireux d’un avenir qui lui permettra d’oublier son présent. Pour ce qui est de la mère, c’est Isabelle Renauld qui lui donne vie avec fébrilité et justesse. Tant qu’à être dans les comparaisons, elle m’a fait penser à Macha Limonchik.

 

Le récit semble s’étirer au profit d’une inertie de la situation. Or, chaque chose arrive en son temps et fait couler l’histoire avec une fluidité, en somme, irréprochable. Voilà un film vrai, autant qu’un vrai film, qui ne peut déplaire qu’à ceux qui ne savent le regarder avec attention.

 

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Article publié en collaboration avec Info-Culture.biz.

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