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ÉditorialPuisqu'il y a des choses qui doivent être dites, aussi bien les dire avec une verve franche et directe. Des sujets chauds, traités vivement sans trop de fioritures.

Un film d’horreur

Par • 28 novembre 2009 à 15:25

Il est difficile de ne pas revenir sur la corruption dans le milieu de la construction cette semaine.  Le gouvernement évite toujours plus ou moins bien de repousser la tenue d’une enquête publique pour faire la lumière sur toute cette sordide histoire.

Faut-il se surprendre que le gouvernement Charest ne soit pas pressé de voir des membres de son cabinet défiler les uns après les autres devant un commissaire qui les forcera de dévoiler ce qu’ils savent sur le sujet.  Évidemment que non.  Les enveloppes brunes et les pots de vins ne datent pas d’hier et ne risquent pas de disparaître de sitôt.  Qu’il s’agisse du milieu de la construction ou du financement privé des partis politiques, il est assez évident que tous ceux qui accèdent au pouvoir se sont fait approcher par des poches creuses à un moment donné ou un autre.

Ce qui me fascine dans ce dossier est que, ceux-là mêmes qui sont mandatés pour enquêter sur les allégations de corruption dans le milieu de la construction admettent d’une seule voix que leurs efforts ne seront pas suffisants pour en venir à bout.  Les policiers demandent donc au gouvernement de prendre une grande respiration et de plonger tête première dans une enquête publique.  Enquête qui risque fort d’éclabousser certains vestons-cravates en place à l’assemblée nationale.  Le gouvernement fait la sourde oreille.

Plus récemment, Richard Goyette, directeur général de la Fédération des Travailleurs du Québec (FTQ), secteur construction, s’est rangé derrière la position du gouvernement de rejeter l’idée d’une commission d’enquête publique.  Monsieur Goyette prétend qu’une telle commission serait inutile.  Inutile, je ne sais pas.  Gênante, fort possiblement.  Je ne comprendrai jamais pourquoi certaines personnes refusent la tenue d’une enquête publique s’ils n’ont rien à se reprocher.  On a bien vu ce que la commission Gomery a donné dans le dossier du scandale des commandites.  Les têtes sont tombées les unes après les autres.  Les poches pleines ont dû aller témoigner devant toute la population.  Il était d’ailleurs assez amusant de voir comment certains comiques essayaient de justifier la facturation de plus de 10 heures d’ouvrage par jour pendant 365 jours… de la même année!   « Il y avait beaucoup de travail à faire », avait déclaré le publicitaire Gilles-André Gosselin,  condamné à deux ans de prison pour des fraudes s’élevant à plus de 650 000$.

Ce genre de commissions d’enquêtes publiques ont permis à la population de reprendre un peu confiance dans leur système de justice avec toutes les accusations qui s’en sont suivies.  Et c’est sans parler de la descente frénétique du Parti Libéral qui peine toujours à se réorganiser 5 ans plus tard.  La commission avait été diffusée quotidiennement sur RDI pour que toute la population puisse regarder tout ce beau monde aller faire sourciller le bon juge Gomery.  Et il faut avouer que c’était une des séries les plus amusantes à regarder!  Très divertissante et extrêmement troublante en même temps.  Un beau film d’horreur, mélangé à du drame et beaucoup, beaucoup de comédie…  Un film d’horreur qui risquerait de se répéter si on décidait de faire la même chose dans le milieu de la construction.  Un beau gros film d’épouvante où d’autres têtes risqueraient de tomber.  Un film d’horreur que bien des gens n’ont pas envie de voir prendre  l’écran…

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