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Le Voleur de bicyclette : un hymne à la vie de famille (1948)

Par • 19 octobre 2007 à 0:00

Même les années qui passent (près de soixante, tout de même !) n’ont pas réussi à briser le charme et la pertinence du Voleur de bicyclette. Intemporel et sublime, ce film au budget minuscule est à ce point crédible qu’on ne peut que se prendre d’affection pour son héros.

 

Courageux père de famille acculé au chômage, Antonio Ricci (Lamberto Maggiorani) ne rêve que du meilleur pour les siens. Il est par conséquent tout excité de décrocher un emploi de colleur d’affiches, bien qu’une bicyclette soit indispensable pour transporter ses outils. N’écoutant que sa raison, son épouse Maria (Lianella Carell) vend quelques draps afin qu’Antonio puisse acheter son vélo. L’avenir semble sourire de nouveau au couple jusqu’à ce qu’un individu sans scrupules vole la bicyclette. Ce fâcheux contretemps constitue pour les Ricci une catastrophe et Bruno, leur fils de 10 ans (Enzo Staiola), en est bien conscient.

 

Se présentant à un poste de police pour rapporter le méfait, Antonio est correctement accueilli mais on lui fait comprendre que les chances de mettre la main au collet du coupable sont minces. Qu’à cela ne tienne, le malheureux rassemble quelques amis pour lui prêter main-forte en arpentant les rues du voisinage, à la recherche du véhicule disparu et aussi – surtout, peut-être – de l’auteur du vol. Alors qu’il se dirige chez lui sous une pluie torrentielle avec Bruno, Antonio reconnaît le bandit et le pourchasse jusque dans une église, mais sans succès. Quelques jours plus tard, il le croise à nouveau et le poursuit pour aboutir… dans une maison close !

 

Décédé en 1974, l’acteur-réalisateur Vittorio De Sica (La Ciociara, Le Jardin des Finzi Contini) avait signé avec Le Voleur de Bicyclette un véritable poème en hommage à la vie familiale italienne. Parmi les qualités qui confèrent à ce long métrage son unicité, mentionnons le casting entièrement constitué de non professionnels. Le jeu tour à tour attendrissant, pétulant et robuste des interprètes colore le film d’un naturel incroyable. Antonio, Maria et Bruno ont un tel air du voisin d’à côté qu’on s’imagine bien plus dans un documentaire que dans une fiction. La relation affective Antonio/Bruno n’est pas sans rappeler celle liant Guido et son fils Giusoé dans La Vita è bella de Roberto Benigni. On avait d’ailleurs souligné que le film de Benigni constituait un clin d’œil au néoréalisme italien, mouvement initié par Le Voleur de bicyclette.

 

Malgré sa prestation et l’importance du film, Lamberto Maggiorani – un débutant de 39 ans – dut lutter très fort pour être engagé à nouveau dans le milieu du cinéma.

 

Pour une fois, oui, nous pouvons nous fier aveuglément aux historiens du septième art : cette production mérite absolument tous les superlatifs dont on l’a estampillée depuis sa sortie en 1948.

 

Cet article est publié en collaboration spéciale avec http://www.calendrierculturel.com/

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