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Chronique 11 questionsPourquoi poser 10 questions lorsqu'on peut en poser 11? Série d'entrevues colorées exclusives à DimancheMatin.com.

11 questions à Patrick Senécal

Par • 16 décembre 2008 à 9:27

Le maître de l’horreur et du fantastique au Québec, Patrick Senécal, se livre au jeu de nos 11 questions.  Car pourquoi poser 10 questions quand on peut en poser 11?

01. On dit souvent qu’il y a un peu de l’auteur dans chacun de ses personnages.  Est-ce vrai dans votre cas; et si oui, dans quel(s) personnage(s) retrouve-t-on beaucoup de Patrick Senécal? Oui, il y en a toujours un peu, mais ce n’est pas toujours conscient. Dans mon cas, le plus évident est sans doute Etienne dans le Passager : il est prof de cégep, il est né à Drummondville et il torturait des couleuvres quand il était petit, comme moi! Je dirais que Hamel et Mercure dans les 7 jours du Talion sont chacun un aspect de ma personnalité : Hamel est impulsif, Mercure tente de comprendre.

02. En écrivant des romans, était-ce un rêve de voir ceux-ci portés à l’écran? C’est toujours un rêve, mais il ne faut pas trop y penser, pour ne pas que cela influence l’écriture du roman.

03. Avez-vous le dernier mot en ce qui a trait au casting et au choix des scènes lorsqu’on adapte un de vos romans pour en faire un long métrage? Non. Moi, je suis le scénariste. Le reste, ça regarde le réalisateur. Si je ne suis pas content, je n’ai qu’à devenir réalisateur moi-même, ce que je ferai peut-être un jour… Mais pour le casting, les deux réalisateurs avec qui je travaille ont été assez cool pour me demander mon opinion.

04. Vous mettez-vous des barèmes à respecter quant à la crédibilité et au réalisme de vos romans même quand vous nagez dans des univers fantastiques? Il faut TOUJOURS qu’une histoire soit crédible. Pas réaliste, mais crédible. C’est-à-dire que tout au long de sa lecture, le lecteur doit croire à ce qu’il lit, même si c’est du surnaturel. Quand on cesse de croire aux personnages, l’histoire ne nous touche plus.

05. D’ou vient votre inspiration pour des romans aussi noirs et tordus? Mystère total. J’écris les idées qui me hantent. Et moi, ce sont ces idées noires qui me viennent à l’esprit, je ne sais pas pourquoi. Peut-être pour exorciser ma propre noirceur…

06. Si on regarde le cinéma américain par exemple qui accouche de films d’horreurs à une vitesse vertigineuse, comment expliquez-vous l’intérêt du public pour des longs métrages mettant en vedette des effusions de sang, des décapitations et des meurtres gratuits et crapuleux? Ce sont surtout les ados qui aiment ces films gores sans histoires ou sans psychologie. Les ados cherchent les sensations fortes. Moi, ce que je propose, ce sont des sensations fortes mais avec une histoire solide et des personnages crédibles. C’est peut-être pour ça qu’il y a autant d’adultes que d’ados qui me lisent.

07. Comment expliquez-vous à vos enfants que leur papa aime raconter des histoires à faire peur marquées de violence et de sexualité? Je ne vais pas dans les détails. Je leur dis que papa écrit des histoires pour les grands, qui sont parfois violentes. Je n’en dis pas plus. Et pour les faire patienter, je leur ai écrit un roman pour enfants (Sept comme Setteur).

08. On peut lire sur votre site Internet que votre roman Aliss est à l’étape de scénarisation.  Certaines scènes du livre sont plutôt suggestives sexuellement parlant.  Peut-on s’attendre à voir au grand écran une orgie au Palais de la Reine Rouge? Il faut montrer l’orgie, on n’a pas le choix. Maintenant, quant à savoir jusqu’à quel point nous serons explicites, il est trop tôt pour le savoir. Mais c’est évident qu’il faut aller loin : Aliss, c’est un roman extrême. Si le film est toujours sur le frein, ça n’aura pas de sens. Mais, bon, on ne fera pas un film porno non plus.

09. Quels genre de lectures proposez-vous à vos étudiants? Je n’enseigne pas en ce moment, mais quand j’enseignais, ça dépendait du cours. Quand j’enseigne le 19ème siècle, je fais lire Zola et Beaudelaire. Quand j’enseigne la littérature québécoise, je fais lire parfois VLB, parfois Lemelin, parfois Gaétan Soucy.

10. Est-ce que le monde politique d’aujourd’hui ressemble plus à film fantastique à ou à film d’horreur? Ca ressemble à un film absurde.

11. Est-il plus difficile pour vous de trouver de l’inspiration pour une nouvelle histoire ou aller chercher du financement pour vos projets? Dieu du ciel! C’est beaucoup plus difficile trouver du financement! Ca, c’est la partie la plus pénible quand on fait un film : le financement! J’ai le temps d’écrire deux ou trois romans durant le temps qu’on trouve de l’argent pour un film, ça vous donne une idée!

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6 Réponses »

  1. Excellente entrevue, Dom ! Petite erreur sur l’orthographe, cependant : c’est Senécal, pas Sénécal.

  2. Excellente entrevue avec un auteur que j’adore. Du bon travail, mon Dom !

  3. Wow merci ! J’adore cet auteur aussi!

  4. Excellente entrevue….ce fut très apprécié.

  5. J’ai 12 ans et j’ai lu deux des livres à Patrick Senécal : 5150 rue Des Ormes et Sept comme Setteur. Je les ai ADORÉ!
    Très bonne entrevue!

  6. […] en salles le film « 5150, RUE DES ORMES » du réalisateur Éric Tessier adapté du roman de Patrick Senécal. Ce drame psychologique racontera l’histoire de Yannick, un jeune homme qui tentera de […]

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