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Vantage Point : Points de vue multiples pour un final conventionnel

Par • 18 août 2008 à 12:46

Au cours d’un sommet sur le terrorisme en Espagne, le président américain est abattu par un tireur d’élite. Peu de temps après, une bombe explose sous l’estrade où a lieu le sommet, et une autre explose plus tard dans un grand hôtel. Le film nous présente le point de vue de huit personnes qui ont été témoins des événements: deux gardes du corps présidentiel, une journaliste de la télévision, un touriste américain et sa caméra vidéo, un policier espagnol, deux terroristes et la victime du tireur, soit le président américain lui-même.

 

Comme pour « SNAKE EYES » de Brian De Palma, « VANTAGE POINT » est un long-métrage qui reprend le même principe de mise en scène que le célèbre « RASHOMON » d’Akira Kurosawa, soit la multiplication des points de vue concernant un événement précis. Pour sa première réalisation cinématographique après avoir travaillé à la télévision britannique, Pete Travis ne manque pas d’allant et exploite à merveille le procédé, en dévoilant toujours un nouvel indice faisant progresser l’intrigue à la fin de chacun des points de vue, ce qui garde toujours le spectateur en alerte ou sur le qui-vive. Hélas, le dernier tiers du film ramène le récit au niveau conventionnel, précipitant les rebondissements de manière illogique et l’action beaucoup trop vite, tout en privilégiant avantageusement certains protagonistes au profit de d’autres.

 

Après vérification néanmoins, il semblerait que ce soit le producteur Neal H. Moritz (« THE FAST AND THE FURIOUS ») qui aurait fait remonté et raccourcir la durée du film dans sa version finale pour le rendre plus commercial, craignant sans doute que les jeunes spectateurs se lassent à la longue du procédé, qui ne devient alors plus qu’une « gimmick » narrative attrayante au lieu d’un prenant exercice de style. La sortie retardée du film en salles démontre d’ailleurs à quel point le producteur ne semblait plus croire à son succès, tel qu’il devait être imaginé au départ. Dommage, car les acteurs semblent vraiment y croire dans leur interprétation. Il reste à souhaiter la sortie en DVD d’un director’s cut en version prolongée pour voir ce qu’aurait pu être le résultat final. Quant à Pete Travis, il mérite qu’on lui donne une autre chance afin de voir son vrai potentiel comme réalisateur.

 

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