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Chronique Habits du dimancheLes écrits restent, les habits du dimanche s'envolent. Des mots du passé qui résonnent aujourd'hui.

L’affaire Polaris

Par • 18 juillet 2010 à 8:00

Par un hiver au cour duquel la neige était de mise, ma cousine et moi sommes sorti pour aller glisser sur les pentes les plus inclinées du quartier. Équipés de nos Crazy Carpet, une rose et une bleue respectivement, nous avons mis le cap sur la grande coulée qui mène à la Rivière Chicoutimi. Wouhou! Yeah!

C’est toujours un plaisir débile de dévaler une pente. C’est la remontée qui est vraiment moche. Cinq minutes à forcer pour 10 secondes de plaisir! C’est un peu comme le sexe finalement.

Mais revenons-en au Crazy Carpet… le fameux Crazy Carpet… Tu parles d’une invention de mongole! Une languette de plastique lisse avec deux minables trous pour s’accrocher et tenter de survivre. Un trois-skis, ça se guide avec un volant, ça s’arrête avec un frein. Un Crazy Carpet, ça se guide avec le destin, ça s’arrête avec un arbre. Mais c’est tellement agréable et maudit que ça va vite!

Toujours est-il que, cette journée-là, derrière un arbre qui nous a servi de « brake », malhabilement dissimulé avec quelques branchages, se trouvait une motoneige. En plein milieu de la coulée. Un beau Polaris noir avec des barres jaunes. Personne aux alentours. Même l’écho fermait sa gueule. Et si c’était un Ski-Doo volé ? Et si le voleur était près de nous ? On note le numéro de plaque (dans nos têtes) et on part à la belle course jusqu’à la maison de ma cousine.

Aussitôt arrivés, aussitôt essouflés, on débale notre histoire à Nelson, le père de ma cousine. Et à cette époque, Nelson avait une moustache. Ça n’apporte rien à l’histoire, mais ça ajoute à la crédibilité du personnage. Alors, moustache ou non, on lui donne l’immatriculation, il téléphone à la police. Après vérification dans leurs fichiers, il s’agissait bel et bien d’une motoneige qui avait été volée la veille. Nelson donne les indications aux policiers pour se rendre à la coulée alors que ma cousine et moi retournons sur les lieux du crime pour récolter notre gloire.

Aussitôt arrivés, aussitôt essouflés, on remarque la disparition du Polaris. Mais au loin, du haut du fossé, on peut le voir avancer à plein gaz au large de la rivière. Vroooooooom! Les policiers arrivent enfin, le fugitif n’est plus qu’un point noir à l’horizon. Merde! La patrouille reprend la route pour tenter de rejoindre ce bandit par la route.

(…)

Plus tard dans la soirée, Nelson a reçu un appel des autorités policières. Dès qu’il eût raccroché, nous avons insisté, les yeux ronds : « Est-ce qu’ils l’ont pogné ? » Et c’est à ce moment qu’il a lancé une phrase que je ne suis pas prêt d’oublier : « L’affaire Polaris est classée! »

Ah la joie! Vous n’avez même pas idée!

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2 Réponses »

  1. Ahah! J’aime beaucoup ton style d’écriture dans le genre « discret absurde ». Continue de même, il était pas mal bon ton article.

    Bonne vie!

  2. Discret absurde ? Wow, c’est un bon compliment ça! Merci bôooocoup.

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