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Borat (2006)

Par • 8 avril 2007 à 16:26

Borat est présenté comme un documentaire réalisé par Borat Sagdiyev (Sacha Baron Cohen) et Azamat Bagatov (Ken Davitian), deux journalistes originaires du Kazakhstan, en mission aux États-Unis afin de comprendre le modèle américain et ainsi régler les problèmes sociaux de leur pays. Évidemment, l’aspect « documentaire » du film est faux, puisqu’il s’agit en fait d’un prétexte pour montrer les facettes les plus hideuses (et ridicules) de nos chers Américains qui, devant ce Borat naïf, gaffeur et moustachu, ne se gênent pas pour montrer aux spectateurs leur propre ignorance et préjugés. Il y a bien une trame narrative à cette comédie (l’obsession de Borat pour Pamela Anderson, son périple à travers les États-Unis dans le but de marier cette ex-Baywatch…), mais le film est d’abord et avant tout une succession d’interviews avec des Américains de toutes les couches de la société.

 

Tout d’abord, il est bien important d’avoir un peu de recul vis-à-vis de ce film afin de l’apprécier pleinement. Oui, certains ont reproché à ce film d’aborder des thèmes vulgaires (la nudité masculine gratuite, par exemple), de véhiculer des valeurs antisémites par l’entremise du personnage principal, de proposer une vision arriérée du Kazakhstan, etc. Or, le film est si caricatural qu’il est difficile de le prendre au pied de la lettre. Sacha Baron Cohen pousse le burlesque à son maximum en inventant un langage kazakh, en ridiculisant outrageusement les juifs (tout en étant juif lui-même), en recherchant les situations les plus loufoques possible afin de forcer ses interlocuteurs à se piéger eux-mêmes… Avec un minimum d’ouverture d’esprit et de recul par rapport à nos sacro-saintes valeurs judéo-chrétiennes, le résultat est hilarant.

 

Mon appréciation de ce film est à sens unique : cette comédie m’a fait rire comme pas une. Vraiment. Je n’ai aucun souvenir d’un film qui allie si bien ces deux concepts intimement liés que sont le comique et la critique. Le personnage de Borat est désopilant, mais il fait aussi ressortir autour de lui un malaise, un embarras palpable qui accentue le rire. Les Américains représentent une cible facile pour la critique, certes, mais Cohen exécute son plan avec aplomb. Son audace en devient parfois dangereuse. On passe le film à se dire « Non, il ne va pas faire ça ! » et en le regardant interpréter des actes encore pires que nous avions imaginés. Ses improvisations sont ingénieuses et méritent mes félicitations. À voir ou à revoir.

 

****½

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4 Réponses »

  1. Si on fait abstraction de quelques scènes stupides mais ô combien hilarantes (dont évidemment cette bataille entre hommes nus, où Sacha Cohen a les couilles de son adversaire qui se balancent à un pouce de son visage), Borat est un film extrêmement acide envers la société américaine et, d’une certaine façon, très bien fait. Presque toutes les facettes de la pseudo société tolérante que forme le pays de l’Oncle Sam passe dans le moulinet : le fanatisme religieux, la malbouffe, l’antisémitisme, l’anti-homosexualité et le manque de culture de nos voisins du Sud (à titre d’exemple, les crétins intoxiqués qui le prennent en stop vers la fin du film). C’est pas parce qu’on rit que c’est drôle…

  2. Je viens de louer ce film après avoir hésité entre plusieurs. Ma première réaction a été de regretter de ne pas en avoir pris un autre. Le film est drôle (j’ai largué quelques bons rires francs). Mais rien ne nous captive réellement, si ce n’est que cette quête bidon de Pamela Anderson. Peut-être n’avais-je pas l’esprit à ce genre de film ? Personnellement, quand il y a des coups dans un films, j’aime qu’ils soient réels (comme ceux de Réal Béland par exemple). Tout au long de Borat, on se demande si les gags ont été scénarisés et arrangés… je dirais oui pour la plupart. Dommage.

  3. Je ne sais pas si ça va faire remonter ce film dans ton estime, mon cher PL, mais la plupart des gags sont authentiques. La preuve, Cohen a décidé de « tuer » le personnage de Borat, à cause des trop nombreuses poursuites dont il a fait l’objet suite à la sortie du film. Les seuls passages « arrangés » sont ceux avec son comparse bedonnant, et encore là, les réactions autour d’eux sont véritables.

    Le seul moment qui me laisse perplexe : la finale avec Pamela Anderson. Soit c’est vrai, et dans ce cas c’est surprenant que Cohen ne se soit pas fait shooter par les bodyguards de la blonde actrice, soit c’est stagé et Pamela est vraiment une actrice talentueuse. Brrr, la deuxième possibilité donne des frissons dans le dos…

  4. En fait, je n’avais pas détesté Borat, mais je n’ai pas envie de le réécouter, contrairement à ce que j’appelle un bon film. Je suis heureux d’apprendre que les gags sont réels, mais ça sent tellement l’organisation tout au long, que j’en doute encore. Cohen n’ira pas dire « ouais, c’est arrangé » si on lui pose la question! Bien sûr que non…

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