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88 Minutes – Le déclin de la recette du suspense (2007)

Par • 28 avril 2008 à 16:56

Trop souvent à chaque année,  le cinéma américain nous livre une pléthore de films à suspense artificiels et peu convaincants qui inondent un marché déjà trop saturé.  88 MINUTES,  dont la sortie en salles a été plusieurs fois reportée,  en fait certainement partie,  malgré la présence d’Al Pacino au générique.

 

Dans ce thriller policier,  Pacino incarne un psychiatre spécialisé dans l’étude des criminels psychopathes du nom de Jack Gramm.  Son témoignage lors d’un procès a permis la condamnation à mort d’un redoutable tueur en série qui violait et tuait des jeunes femmes,  bien que celui-ci clamait haut et fort son innocence.  10 ans plus tard,  soit le jour prévu de l’exécution du criminel,  Gramm reçoit un appel téléphonique anonyme où un inconnu lui fait savoir qu’il n’en a plus que pour 88 minutes à vivre.  Tout en menant l’enquête,  Gramm se rend compte que son mystérieux interlocuteur s’en prend à des gens de son entourage en utilisant le même modus operandi que le tueur en série qu’il avait fait condamné.  Dans une course contre la montre,  et avec parfois l’aide de certaines de ses étudiantes,  le psychiatre tente de démasquer le tueur imitateur avant que les 88 minutes ne soient écoulées,  mais il se rend compte en cours de route que c’est lui qui est le principal suspect de ces crimes alors qu’il est accusé d’avoir falsifié la vérité dans cette affaire.

 

Le schéma vous rappelle quelque chose?  Pour ceux  qui ont répondu la série 24 HEURES CHRONO ou le film NICK OF TIME,  vous avez vu juste.  En effet,  88 MINUTES reprend le procédé narratif de l’action en temps réel afin de générer la tension.  Toutefois,  l’emploi de ce procédé s’avère vite un gimmick,  tellement il est mal utilisé dans le scénario et dans la mise en scène,  malgré les quelques moments de suspense efficaces qu’il génère.  En fait,  tout dans ce film est mou,  inconsistant,  fonctionnel et peu original.  On a d’abord encore droit à une histoire illustrant les exploits d’un tueur en série et même d’un imitateur,  donc rien de nouveau sous le soleil dès le départ.  Par la suite,  c’est la traditionnelle enquête policière où le héros doit résoudre une énigme compliquée en un court laps de temps avec ses fausses pistes et ses faux suspects.  Le tout se déroule de façon télégraphié avec un manque flagrant de naturel,  et en plus,  l’auteur s’emmêle souvent les pinceaux dans son écriture,  car son récit aboutit à une conclusion fort décevante où la révélation de l’identité du coupable est incohérente avec les indices dévoilées au spectateur.

 

La réalisation de ce film est à l’image de son réalisateur Jon Avnet:  en dents de scie,  assurant le minimum syndical pour un produit professionnel confectionné sans enthousiasme,  à croire qu’il a été conçu uniquement pour le marché du DVD.   Al Pacino est excellent,  comme à son habitude,  dans la peau de Jack Gramm,  un psychiatre vieillissant un peu paranoïaque aux allures de séducteur de jeunes femmes.   En revanche,  Leelee Sobieski est affreusement mauvaise dans le rôle d’une des étudiantes.

 

88 MINUTES est donc un thriller fort décevant,  surtout qu’il possédait de bons atouts en sa faveur au départ pour devenir un bon suspense.  C’est vraiment dommage!

 

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