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Troy – Du Homère contemporain (2004)

Par • 27 janvier 2008 à 22:12

Hélène de Sparte (Diane Kruger) est réputée dans tout le monde grec pour sa beauté stupéfiante. Lorsque Pâris (Orlando Bloom) la séduit et la ramène à Troie, il sait qu’il vient de mettre sa patrie en danger. En effet, Ménélas, roi de Sparte (Brendan Gleeson), le mari d’Hélène, demande de l’aide à son frère Agamemnon, roi de Mycènes (Brian Cox) afin de venger son affront. Agamemnon profite de cette occasion pour rallier la Grèce entière et pour lancer une gigantesque attaque contre la célèbre ville de Troie. Avec le bouillant Achille (Brad Pitt), réputé comme le meilleur combattant au monde, dans son armée, Agamemnon se jette tête première contre sa ville rivale et ainsi commence la plus grande guerre de l’Antiquité grecque.

 

En s’attaquant à l’Iliade, Wolfgang Petersen devait s’attendre à une tâche colossale. Non seulement ce poème est-il l’un des deux textes les plus importants de son époque (IXe-VIIIe siècle avant Jésus-Christ), mais sa longueur est considérable. Le nombre d’événements qui se déroulent dans ce poème homérique est pratiquement impossible à présenter au cinéma dans un laps de temps décent. De plus, les références antiques ne sont pas très accessibles à un large public, si bien que le réalisateur de Troy a dû mettre une sauce contemporaine à ce mets antique. Et comme Homère ne risque pas de venir l’embêter pour les droits d’auteur, Petersen s’est donc permis de modifier considérablement le poème du plus fameux des aèdes.

 

Tout d’abord, l’Iliade gravite autour du thème de la colère d’Achille, tout en proposant des récits connexes, notamment des interventions divines. Troy ne se concentre que sur le personnage d’Achille, avec un minimum de mise en contexte des autres personnages importants et une suppression totale des divinités grecques corporelles. Ces choix sont discutables (d’autant plus qu’Achille est un demi-dieu), mais ils sont adéquats à l’œuvre. Les divinités grecques sont attrayantes, certes, mais le panthéon est trop complexe pour ne pas porter à confusion les néophytes. En outre, les personnages secondaires sont nombreux et Troy en développe tout de même beaucoup pour un blockbuster. Or, il faut avouer que le cas d’Achille est particulier. Demi-dieu à la colère divine au départ, on en a fait une machine de guerre, mais une machine de guerre humaine. Trop humaine. De plus, Petersen métamorphose Patrocle (Garrett Hedlund), le possible bien-aimé d’Achille, en « jeune cousin », pour ne pas aborder le thème de l’homosexualité ambiguë. Peut-être Oliver Stone aurait-il dû apprendre la leçon pour son film Alexander qui lui a valu de nombreuses réactions négatives ?

 

Dans l’ensemble, Troy offre donc un produit dilué de sa source antique, mais tout à fait admirable sur le plan contemporain. Brad Pitt est solide dans son interprétation de cet Achille très arrogant et viril, tout comme Eric Bana incarnant cet Hector qui, ma foi, tient assez longtemps face au grand Achille. Par ailleurs, les scènes de combat sont magnifiques, de même que la musique, les costumes et les décors. Malgré la complexité de l’histoire, le récit est fluide et le ratio combat/dialogue est juste. D’ailleurs, sur le plan des dialogues, Petersen est cohérent avec son choix « d’humaniser » ses personnages qui ne sont pas trop grandiloquents. Le spectateur pourrait s’attendre d’une adaptation d’Homère à un style pompeux à la 300, mais il n’en est rien. Sans être du Tarantino, les dialogues coulent bien. Un film à voir, absolument.

 

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2 Réponses »

  1. Je n’ai pas lu l’Illiade, mais j’ai tout de même trouvé que Troy était un bon film du genre. Les scènes de combat sont effectivement le gros point fort (particulièrement celui entre Hector et Achille, justement… en prime, côté sono, ce passage est du bonbon).

    Seul point agaçant, à mon avis : la performance larmoyante de Diane Kruger, fort jolie il est vrai, mais aussi insipide dans son jeu que les remparts de Troie eux-mêmes…

  2. Tu marques un point pour la belle Diane Kruger. Lors du duel entre Hector et Achille, Hélène est si compatissante d’Andromaque qu’on les croirait dans une scène de porno lesbiennes. En revanche, pour le rôle d’Hélène, il n’y a qu’à être la plus belle possible. Le reste est du bonus.

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