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Hommage à Gilles Carle et une trentaine de courts métrages à la Nuit du cinéma à Percé

Par • 15 mars 2010 à 10:27

Le cinéma d’auteur sera à l’honneur ce printemps à Percé. C’est exceptionnellement le samedi 27 mars que La Nuit du cinéma à Percé se tiendra dans le décor naturel du parc national de l’Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé en Gaspésie dès 19 h, et ce, jusqu’au petit matin, avec vin chaud et animation festive. L’événement cinématographique gratuit, qui en est à sa troisième édition, occupera pour l’occasion deux lieux de diffusion inusités de Percé, soit le secteur historique Charles-Robin, près de la plage, et l’espace culturel Suzanne Guité situé aux abords du quai du village.

Ce spectacle cinématographique en plein air, qui promet de belles émotions, présentera en début de soirée un hommage inspiré au cinéaste québécois Gilles Carle, l’un des pionniers du cinéma de fiction au Québec, qui nous a quittés en novembre dernier. L’événement débutera par la projection du long métrage La vraie nature de Bernadette, film phare du réalisateur présenté en compétition au Festival de Cannes en 1972, qui a révélé l’actrice québécoise Micheline Lanctôt. En plus de présenter ce film marquant du cinéma québécois, La Nuit du cinéma présentera en grande première des images inédites issues du court métrage Percé on the Rocks, un documentaire novateur réalisé par Carle à Percé en 1964. Pour ce film, le cinéaste s’était inspiré du phénomène touristique du village de Percé comme lieu de villégiature le plus couru du Québec. Les chutes du film de ce court métrage qui n’ont pas été utilisées au montage par le réalisateur seront projetées à Percé pour la première fois au Québec. C’est le bâtiment historique La Neigère, un ancien entrepôt de glace pour la morue situé au pied du célèbre rocher, qui servira d’écran pour la projection des films.

Durant toute la soirée, l’événement grand public fera également place à la projection de plus de trente courts métrages contemporains issus de cinéastes chevronnés d’ici et d’ailleurs parmi les plus talentueux du moment. Ces cinéastes abordent des préoccupations actuelles et des thèmes souvent présentés sous des formes cinématographiques novatrices. Plusieurs films de cette sélection, projetés en primeur internationale, nord-américaine et gaspésienne, ont remporté des prix dans de nombreux festivals de films internationaux ou ont même participé à la course aux Oscars, aux Jutra ou aux prix Génie. Des films de jeunes cinéastes gaspésiens complèteront également les projections de la soirée.

Films d’animation oscarisés à Percé
À ne pas manquer lors de cette soirée percéenne de cinéma, Logorama, un chef-d’œuvre français d’animation qui vient de remporter cette année l’Oscar du meilleur court métrage d’animation. Le film, qui sera projeté à Percé, est l’œuvre de trois cinéastes : François Alaux, Hervé de Crécy et Ludovic Houplain. Présenté en 2009 à La Semaine de la Critique à Cannes, diffusé quelques mois plus tard sur les ondes de Canal+ en France, projeté ensuite au Musée d’art moderne de New York, le film ne cesse de recevoir des éloges. Conçu comme une allégorie cinématographique futuriste, le film met en scène un univers créé à base de logos. Le public assiste à une course-poursuite dans un Los Angeles fantasmé, dont chaque centimètre carré a été accaparé par une marque commerciale.

Du côté du Japon, c’est un autre petit chef-d’œuvre de l’animation gagnant d’un Oscar en 2009, La maison en petits cubes, du réalisateur Kunio Kato, qui sera présenté au public gaspésien. Ce court métrage animé raconte de manière éblouissante et touchante l’histoire d’un vieillard qui vit dans une ville immergée.

Un court métrage de Jean-Marc Vallée, le réalisateur de Crazy, à Percé
L’un des premiers courts métrages du cinéaste québécois Jean-Marc Vallée, Les mots magiques, sera à l’honneur à Percé. Réalisé en 1998, le film, qui aborde avec une extrême sensibilité la difficile relation père-fils, sera présenté pour la première fois aux cinéphiles gaspésiens. Ce film nous offre l’une des dernières apparitions au cinéma du grand acteur québécois Robert Gravel disparu en 1996. Le court métrage Les mots magiques a remporté le Grand Prix au prestigieux Festival du court métrage de Clermont-Ferrand en France, un prix Jutra et le Grand Prix au Shortsfest d’Aspen au Colorado.

Le cinéma gaspésien à l’honneur
C’est à une grande première mondiale que sont conviés les cinéphiles alors que Percé accueillera la projection du film Gaspésie, réalisé par le cinéaste Guillaume Lévesque et le photographe Christian Lamontagne, deux réalisateurs gaspésiens à la sensibilité visionnaire et aux talents prometteurs. Le film-choc, qui montre des images percutantes de la Gaspésie accompagnées d’une musique électronique d’avant-garde, nous entraîne dans une vallée étouffée sous les déchets d’une ancienne mine, dans une forêt qui disparaît à un rythme industriel et dans le mouvement effréné des touristes de passage, le temps d’un court été gaspésien. Ce film d’anticipation ressemble à un extrait de journal intime. La Gaspésie y est incarnée par un acteur bien présent sur son territoire : le temps. Cette œuvre cinématographique engagée sera projetée en continu toute la soirée à Percé sous forme d’installation à l’espace culturel Suzanne Guité situé aux abords du quai de Percé.

L’Île, d’Alexandra Guité
Du côté des documentaires, la réalisatrice gaspésienne originaire de Percé, Alexandra Guité, présentera pour la première fois dans son village natal le documentaire L’Île réalisé à l’été 2009 dans le cadre des fêtes du 475e anniversaire de l’arrivée de Jacques Cartier à Gaspé. Présenté en février dernier aux Rendez-vous du cinéma québécois à Montréal, ce court métrage raconte l’histoire poignante d’un citoyen de 91 ans, Louis Brochet, propriétaire des motels Rainbow de Percé, considéré comme l’un des deniers expropriés de l’île Bonaventure en Gaspésie.

Fiction en Gaspésie
Du côté de la fiction, La Nuit du cinéma présentera le court métrage HD du réalisateur Jean-François Aubé, originaire de Gaspé. Le film aborde l’histoire d’un jeune Montréalais animé par des intentions humanitaires qui se rend dans un village de la Gaspésie afin d’y installer Internet haute vitesse. Il est cependant surpris d’apprendre qu’un groupe de citoyens, nommé HD, milite contre la venue de ce nouveau service de bande passante dans le village.

Kino 132, expérimentations gaspésiennes
Le collectif Kino 132 est la cellule gaspésienne du mouvement planétaire Kino fondé à Montréal en janvier 1999 par un simple pari entre amis : produire un court métrage original chaque mois avant l’an 2000. Depuis, le mouvement ne cesse de s’étendre. La Nuit du cinéma s’associe pour la première fois au collectif gaspésien Kino 132 pour un programme spécial issu des derniers opus de kinoïtes de la Baie-des-Chaleurs, dont ceux réalisés par Julien Leblanc, Mathieu Boudreault, Éric Proulx, Sébastien Dubois et David Arsenault.

Jeune cinéma d’auteur prometteur, de Claude Jutra à Denis Côté
Au cours de la soirée, plusieurs courts métrages de jeunes cinéastes aux talents incontestables seront projetés durant La Nuit du cinéma à Percé. Ce programme débutera avec la projection, près de la mer, du premier court métrage réalisé par Claude Jutra, Mouvement perpétuel (1949), alors âgé de 19 ans. Le réalisateur du célèbre film Mon oncle Antoine signe ici un film aux accents prémonitoires qui révèle tout son talent de cinéaste contemporain québécois. Également au programme, une présentation d’un court métrage du Danemark intitulé Dennis du réalisateur Mads Matthiesen. Le film raconte l’histoire d’un culturiste introverti habitant toujours avec sa mère dans une petite ville en banlieue de Copenhague. Un soir, il invite une jeune fille à un rendez-vous, ce qui créera un certain nombre de tensions filiales. Ce film a remporté le prix du meilleur court métrage au Short Film Festival de Berlin. Du côté québécois, un court métrage peu connu, Maïté, du prolifique cinéaste Denis Côté (Elle veut le chaos) qui termine actuellement son dernier long métrage intitulé Curling, sera projeté. Ce film, très personnel et déstabilisant, raconte la fugue improbable d’une adolescente de 17 ans sur fond de musique heavy métal.

Karl Lemieux, cofondateur du Collectif montréalais Double Négatif, qui se consacre au cinéma expérimental et dont le travail cinématographique est actuellement présenté au Musée d’art contemporain de Montréal, présentera son film Passage, gagnant de plusieurs prix, dont celui du meilleur court métrage québécois (2008). Ce film raconte l’histoire de deux jeunes filles et de deux garçons qui se rendent dans un motel en bordure d’une autoroute. Un cinéma lyrique fait de noir et de blanc sur une musique inspirée du compositeur québécois Dave Bryant.

Du côté de la fiction, le cinéaste Nicolas Roy présentera Jour sans joie, un road movie à la fois lyrique et dramatique magnifiquement mis en scène, qui vient de remporter plusieurs prix lors de la 10e édition du Gala de courts métrages montréalais Prends ça court! La Nuit du cinéma présentera également un autre film d’une grande force artistique du cinéaste Guy Édoin, La battue, qui explore un univers de femmes à la féminité travestie par des vêtements de chasse. Ce film a été sacré comme l’un des dix meilleurs courts métrages canadiens par le Festival du film de Toronto. Enfin, un autre film d’une sensibilité contemporaine présenté au prestigieux Festival du film de Locarno en Suisse, La vie commence, du réalisateur et comédien québécois Émile Proulx-Cloutier, prendra l’affiche. Ce film raconte les vingt-quatre heures qui bouleverseront l’existence d’un adolescent et de son frère aîné.

La soirée se poursuivra avec les projections des films de deux jeunes cinéastes de l’animation. D’abord M, le plus récent film de Félix Dufour-Laperrière, originaire de Chicoutimi, sera présenté aux cinéphiles. Ce film a été conçu à partir d’animations réalisées au crayon sur papier, numérisées, manipulées et combinées entre elles. Par la suite, le court métrage L’ondée de David Coquart-Dassaut sera présenté. Film sans paroles, L’ondée se veut une pause dans le mouvement humain. Il a remporté un prix au 13e Festival REGARD sur le court métrage au Saguenay. Dans cette sélection, le film Danse macabre, un concept cinématographique du metteur en scène québécois Robert Lepage et réalisé par le cinéaste montréalais Pedro Pires, sera projeté à Percé. Le court métrage, très près dans sa forme du film d’art, allie la danse et le cinéma. Il met en scène un cadavre qui s’anime et s’agite en un ultime ballet macabre. Tourné dans la chapelle d’une école abandonnée, ce film aux images sublimes et mystérieuses est porté par la voix divine de la cantatrice Maria Callas. À ce jour, Danse macabre a remporté une trentaine de prix internationaux et il est classé parmi les meilleurs films canadiens de l’année par le Festival du film de Toronto. Il est également en nomination dans la catégorie « Meilleur court métrage québécois de l’année » au prochain Gala des Jutra.

Projection d’un documentaire du cinéaste, poète et dramaturge québécois Pierre Perrault
La Nuit du cinéma présentera pour la première fois en Gaspésie le travail magistral du cinéaste québécois Pierre Perrault. C’est le court métrage Le beau plaisir, réalisé en 1968 en collaboration avec les cinéastes Michel Brault et Bertrand Gosselin, qui sera présenté au public. Ce documentaire fascinant sur la pêche aux marsouins de l’Île-aux-Coudres montre avec un art suprême comment ces insulaires québécois fichent des harts dans la terre boueuse et tendent un piège en forme de cœur. Le cinéma direct à son meilleur réalisé par l’un des pionniers du genre au Québec !

Une tente sur Mars à Percé
Une tente sur Mars, de Martin Bureau et Luc Renaud, qui sera projeté à Percé, est un documentaire fascinant qui explore les notions de territoire et d’identité dans le Nord québécois. Tourné à Schefferville, le film met en parallèle deux peuples ayant le même combat, Québécois et Premières Nations, le tout sur fond de musique électroacoustique signée par le compositeur québécois Fred Fortin. Présenté dans de nombreux festivals de films, et particulièrement réussi d’un point de vue esthétique et du contenu social, le film Une tente sur Mars est en nomination pour le prix Jutra du meilleur documentaire québécois lors de la cérémonie qui sera diffusée sur les ondes de Radio-Canada le dimanche 28 mars prochain.

Des documentaires du Cap-Breton et de Terre-Neuve
Du côté canadien, c’est le film La trappe de la jeune cinéaste Lina Vecry qui sera présenté à La Nuit du cinéma. Ce film, tourné à l’île du Cap-Breton, raconte d’un point de vue philosophique le dialogue sensible et respectueux qui se crée entre des moines bouddhistes qui méditent dans leur abbaye de la Nouvelle-Écosse tandis que des pêcheurs acadiens partent en mer relever leurs trappes à homards. Ce court métrage est le lauréat du meilleur film au Festival international du cinéma francophone en Acadie en 2009. Il a été réalisé dans le cadre du concours TREMPLIN de l’Office national du film du Canada (ONF) destiné à la découverte du jeune cinéma canadien. Par ailleurs, Vive la rose, un film d’animation inspiré d’une chanson d’Émile Benoît puisée dans le répertoire traditionnel francophone de Terre-Neuve et réalisé par le cinéaste Bruce Alcoc, est le récit touchant d’une histoire d’amour tragique. Ce court métrage documentaire, recourant autant à la photographie qu’au cinéma, est aussi une ode à la beauté de la nature. Il est en nomination pour le meilleur court métrage d’animation à la cérémonie des prix Génie qui se déroulera à Toronto en avril prochain.

Point de mire sur le cinéaste d’animation Ryan Larkin
Considéré comme une étoile montante dans l’univers de l’animation au Canada avant de vivre des années difficiles en raison de problèmes de drogue et d’alcool qui le réduisent à la mendicité, le cinéaste Ryan Larkin a laissé une œuvre au style psychédélique. Il a commencé sa carrière à l’Office national du film du Canada (ONF) dans les années 1960 sous la direction du cinéaste mondialement connu Norman McLaren. Son dessin animé En marchant (1968), qui sera projeté à Percé, a concouru pour un Oscar en 1968.

Du cinéma contre l’homophobie
Le jeune cinéaste français Pascal-Alex Vincent réussit un coup de maître dans la lutte contre l’homophobie avec son court métrage de fiction En colo. Le film projeté à Percé (première nord-américaine) montre une séance du jeu « Action ou vérité ? » dans une colonie de vacances où deux jeunes garçons, Mathieu et Maxime, ont pour défi de s’embrasser. Le baiser va provoquer chez eux un certain émoi. À partir de ce moment, les ados témoins de cette scène font des allusions plus ou moins directes à l’éventuelle homosexualité de Maxime. Une révélation surprenante va alors déstabiliser le groupe, mais surtout le faire réfléchir. Ce film a été réalisé dans le cadre d’une campagne nationale contre l’homophobie en France intitulée « Le regard des autres » sous la présidence du cinéaste français André Téchiné (Les roseaux sauvages [1995], César du meilleur film).

Une comédie bien de chez nous !
Le cinéaste québécois Simon-Olivier Fecteau, un ancien membre du groupe d’humoristes Chick’n Swell, présentera Le technicien, son plus récent court métrage à la signature humoristique qui raconte l’histoire d’un technicien qui tente de réparer la télévision d’un vieillard désespéré par les malheurs qu’il voit à l’écran.

L’événement est gratuit et ouvert au grand public
Vin chaud, barils de feu, observation des étoiles et animation festive seront également au menu de cette troisième Nuit du cinéma à Percé présentée le samedi 27 mars prochain par Les Percéides – Festival international de cinéma et d’art de Percé.

Information : 418 782-1495
www.perceides.ca

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