DimancheMatin.com | 10 ans de communication et de divertissement   
Chronique 11 questionsPourquoi poser 10 questions lorsqu'on peut en poser 11? Série d'entrevues colorées exclusives à DimancheMatin.com.

Entrevue avec les Vulgaires Machins

Par • 11 septembre 2007 à 0:05

Alors qu’ils viennent à peine de lancer un vidéoclip relativement explicite pour la pièce Anéantir le Dogme, avec des images qui dénoncent l’individu comme produit de consommation, les Vulgaires Machins ont accepté de répondre à nos 11 questions. Rencontrons Guillaume Beauregard, parolier et chanteur du groupe qui n’a pas la langue dans sa poche.

01. Vos chansons semblent souvent dépeindre une réalité pessimiste : est-ce réellement votre vision du monde ou alors est-ce un désir de faire bouger les choses ?

Nous vivons dans un monde ou l’apathie générale, la complaisance et le désengagement social semblent être la norme. Nous croyons qu’il faille tant d’un point de vue individuel que collectif se poser des questions sur l’univers qui nous entoure et sur le rôle que nous devons reconquérir, un rôle citoyen, actif et de premier plan. La politique en général est totalement contraire aux réclamations de l’opinion publique. Les décisions prises en haute instance, formulées et mises de l’avant par une logique meurtrière, capitaliste, corporatiste et néo-libérale sont maintenant en voie d’être questionnées à défaut d’être justifiées. Il ne s’agit pas de pessimisme. Il s’agit d’un désir de vivre dans un monde plus lucide, de vivre dans un monde plus respectueux de la condition humaine, de l’environnement, de la liberté et de la justice sociale.

02. Toujours en relation avec votre vision pessimiste, quelle serait LA première chose à changer au Québec pour vous rendre moins amer ?

Il n’est pas de combat qui se fasse dans le pessimisme. J’insiste sur ce point. La première chose à changer serait donc sans doute, ce dit pessimisme des gens face à quoi pourrait ressembler l’utopie pour ceux qui, malgré la pédagogie de l’impuissance martelée par les médias, n’ont pas renoncé à changer le monde.

03. Les paroles et la musique des Vulgaires Machins m’inspirent l’expression « crudité lucide ». Est-ce que vous trouvez que vous êtes effectivement crus et lucides ?

Il en va d’un combat journalier de tenter le l’être et de le rester.

04. Les Vulgaires Machins ont toujours été un peu à la limite de l’underground et du commercial, dans le sens qu’ils ne jouent pratiquement pas sur les radios commerciales, mais qu’ils ont un réseau de fans assez étendu. Comment expliquez-vous ce phénomène ?

Nous avons toujours cru dans le pouvoir que peut exercer la musique sur nos vies et nos perceptions du monde. Nous avons démarché depuis plusieurs années pour tenter de rejoindre le plus grand nombre de gens dans l’optique de faire voyager le message le plus loin possible. Des militants radicaux et des rebelles intégristes,  nous en avons côtoyé beaucoup et les avons plus ou moins écoutés, à tort ou à raison. Nous suivons le chemin qu’ont tracé nos cœurs. Nous avons choisi de prendre une route délicate et parfois aux limites du paradoxe certes, mais en relation avec nos croyances et nos idées profondes. Nous croyons que la grande majorité des fans qui connaissent le groupe depuis de nombreuses années savent lire entre les lignes et admettre la sincérité derrière notre cheminement. Cela expliquerait peut-être que le bassin de fan soit demeuré bien vivant malgré le silence des grands médias.

05. Existe-t-il un message en particulier que vous aimeriez que l’on retienne en écoutant votre musique ? Pas nécessairement une morale, mais davantage un état d’esprit général.

Le véritable et profond désir derrière tous ces efforts créatifs; Le désir de solidarité et de changement. La sensibilité pour les choses qui nous entourent et la conviction qu’un autre monde est possible.

06. Votre public est composé en grande partie d’adolescents et de jeunes adultes. Est-ce que vous essayez parfois de doser la connotation de vos textes en fonction du public ?

Cela n’est jamais arrivé. Cela n’arrivera jamais. La censure ou l’encadrement intellectuel sont pour nous synonymes d’hypocrisie. Que les gens qui croient au potentiel de dialogue et d’ouverture dans notre discours nous suivent, que les autres se retirent. C’est cela notre définition de respecter les gens, suggérer qu’ils pensent et décident pour eux.

07. L’alternance entre les vocaux féminins et masculins a toujours donné une certaine couleur à la musique des Vulgaires Machins. L’effet est particulièrement réussi sur la chanson « Soleil ». Accordez-vous de plus en plus d’importance aux harmonies vocales ?

Nous avons toujours accordé une grande importance aux mélodies, qu’elles soient vocales ou autres, depuis les tout débuts. Cette chimie entre les 2 voix, c’est bien sûr en constante évolution, en constante remise en question, dans le but ultime de toujours donner le meilleur de nous-mêmes…comme c’est le cas pour les sportifs et les désodorisants.

08. Plusieurs de vos chansons sonnent comme un cri d’alarme (ou du coeur), ou comme une révolte. Avez-vous l’impression que votre tribune (la chanson) laisse réellement circuler des idéaux au sein de la population ?

À condition de ne pas se censurer soi-même, de ne pas s’en remettre encore et toujours à la voix unique des médias.  Absolument!

09. Quels autres artistes québécois vous inspirent ?

Mononc’ Serge, Akuma, Subb, Speed Massacre et Richard Desjardins.

10. Et quels sont ceux qui vous découragent ?

Tricot Machine.

11. Pour terminer, qu’est-ce qui s’en vient dans la carrière des Vulgaires ? Un autre album ? Des shows en perspective ? Totalement autre chose ?

Tout ça… et tout le reste!

Par
Lire les 382 articles par

Laisser un Commentaire

Code de lecture : 2294 , 1