DimancheMatin.com | L'ART de bien commencer la semaine...   
ÉditorialPuisqu'il y a des choses qui doivent être dites, aussi bien les dire avec une verve franche et directe. Des sujets chauds, traités vivement sans trop de fioritures.

Parce qu’on doit se souvenir…

Par • 15 novembre 2007 à 0:00

En fin de semaine, nous avons célébré le jour du souvenir qui nous rappelle que bien des valeureux confrères ont laissé leur peau lors d’une guerre au nom de leur pays.  Puisque le monde est comme il est, il semble qu’on ait encore et toujours besoin d’hommes et de femmes armés pour aller au front.  À ceux qui y sont restés et à leurs familles, à ceux qui sont encore là aujourd’hui, je vous salue.

 

Loin de moi l’idée de vouloir minimiser la perte d’un être cher surtout quand celui-ci s’est donné pour sa patrie mais il y a quelque chose qui me dérange dans toutes ces cérémonies.  On rend hommage à des hommes et des femmes qui sont morts au combat, on en fait des funérailles nationales, mais à quel point ces gens sont-ils plus importants que ceux qui sont morts en combattant un incendie ou même un simple travailleur de la construction qui a laissé sa peau dans un bête accident en tentant de construire votre maison, dites-moi?  Même que le travailleur de la construction risquait beaucoup moins dans son travail.  Le point que je veux apporter est le suivant :  Un jeune homme qui s’enrôle dans l’armée est conscient des risques.  Il sait que le métier de soldat est beaucoup plus dangereux que celui de comptable.  D’ailleurs, la majorité des soldats que j’ai rencontrés avaient tous l’envie d’aller un jour en mission avec les risques que ça implique.  Dans cette optique, pourquoi devrait-on pleurer davantage un militaire qu’un travailleur de la construction ou un laveur de vitres qui aurait chuté de 15 étages?

 

Je compatis énormément avec les familles des militaires morts au combat, mais ces mêmes militaires ne savaient-ils pas qu’en allant en Afghanistan, ils risquaient de ne jamais revenir?  Qu’il se pourrait que leurs enfants deviennent orphelins à un très jeune âge?  D’ailleurs, je me demande toujours qu’est-ce qui peut bien motiver ces hommes et ces femmes à aller faire la guerre alors qu’ils ont une famille qui compte sur eux.  Et même s’ils reviennent en vie, combien de ces soldats se retrouvent handicapés à vie ou troublés psychologiquement en permanence?

 

Certains diront que je suis probablement un pacifiste naïf et aveugle mais si on prend les missions en Afghanistan et en Irak; notre gouvernement n’a-t-il pas sacrifié ses soldats au nom d’une guerre qui ne nous appartient pas mais bien pour rester dans les bonnes grâces de nos voisins du sud?  C’est certain qu’il y a une joute politique dans tous ces conflits, mais force est d’admettre que les raisons pour lesquelles nous envoyons nos soldats là-bas demeurent nébuleuses.  Quelqu’un peut-il réellement mesurer l’impact positif de notre présence au Moyen-Orient?  On entend des dizaines de versions différentes de la part de militaires, de politiciens, des habitants locaux, des journalistes… Qui croire?

 

Je ne remets aucunement en cause la détermination et la bonne volonté de nos soldats, mais je remets certainement en cause les raisons politiques derrière tout ça.  Bref, je trouve extrêmement triste de voir tant de jeunes gens terminer leur vie dans un désert de l’Afghanistan pour des ambitions politiques et économiques malsaines et je trouve encore plus triste de voir tous les proches de ces soldats devoir vivre avec le souvenir d’un être cher mort pour nourrir l’orgueil de politiciens corrompus.  Mais il faut être conscient que l’armée, ce n’est pas la petite école.  Les personnes qui s’enrôlent dans l’armée ne veulent pas passer la majorité de leur temps à dégager des branches d’arbres gelées lors d’une crise du verglas; ils veulent de l’action.  C’est leur choix et il faut le respecter, mais c’est un choix risqué et potentiellement mortel et ils en sont très conscients lorsqu’ils décident de défendre les couleurs de leur pays.  S’ils y laissent leur vie et leurs familles dans le deuil, ils n’ont qu’eux à blâmer pour les conséquences de leurs décisions.  Et dans cette optique, je ne vois pas pourquoi on devrait pleurer davantage des gens qui ont consciemment choisi de mettre leur vie et celle de leurs proches dans les mains d’un M-16.

Par
Lire les 241 articles par

3 Réponses »

  1. Wow, sincèrement Dom, tu me mets la « gueule » à terre! Tu résumes exactement ce que je pense mais que je n’ai jamais réussi à exprimer. Ce texte est magnifique! Complètement respectueux tout en énonçant un très bon point! Sans dénigrer le métier de quelqu’un qui travaille pour l’armée, tu as quand même réussi à nous faire voir que les gens choississent leurs métiers et qu’ils connaissent les risques associés et qu’ils sont tous aussi valeureux les uns que les autres! Merci!

  2. Justement! Je voulais faire passer mon opinion sans blesser personne ou manquer de respect envers personne. Je suis content d’avoir réussi mon objectif! Merci Amélie 🙂

  3. Je me suis déjà exprimé sur le sujet à quelques reprises. Je vais essayer de résumer mon opinion le plus brièvement possible. L’armée est utile, mais son utilisation est futile. Et de là, je ne pense pas qu’un être humain ait plus de mérite à mourir pour son pays qu’à mourir avec le maillot coincé dans le filtreur de la piscine. Voilà, c’était pour chlore le sujet.

Laisser un Commentaire

Code de lecture : 961 , 1