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ÉditorialPuisqu'il y a des choses qui doivent être dites, aussi bien les dire avec une verve franche et directe. Des sujets chauds, traités vivement sans trop de fioritures.

Un gros problème

Par • 17 juillet 2008 à 10:56

Comme quoi rien n’est jamais parfait… Depuis quelques décennies, le monde connaît une période sans précédent d’abondance alimentaire. Bien sûr, certains endroits sur la planète connaissent encore des difficultés à nourrir adéquatement leur peuple, mais on retrouve plus souvent qu’autrement des raisons politiques, militaires ou logistiques à cet état de fait. Toujours est-il que nous en sommes rendus à avoir tellement de ressources alimentaires et de possibilités technologiques que, pour la première fois de son histoire, l’être humain peut s’adonner en masse à la suralimentation et à un mode de vie sédentarisé à l’extrême, créant ainsi depuis une vingtaine d’années un autre fléau : l’obésité. Avons-nous atteint un seuil de gravité qui nécessite des moyens de grande envergure, comme lors des vagues de maladies des siècles passés ? Oui, absolument.

 

La civilisation occidentale s’est employée depuis des centaines d’années à enrayer les maladies les plus dévastatrices, les anomalies qui fauchaient le plus grand nombre ; le résultat de ces prises d’action sont connues : avec le temps, la peste n’a plus refait surface, la tuberculose est contrôlée, la vérole a été éradiquée de la planète. Et alors que les moyens de lutter contre la toxicomanie, l’achat et le jeu compulsif et l’alcoolisme se multiplient, on continue à voir l’embonpoint comme une sorte de malaise personnel, facilement réversible, et surtout, totalement à blâmer sur la personne qui en souffre.

Si quelqu’un fume, on dira que ce sera à cause des campagnes pernicieuses de publicité des compagnies de tabac, ou que c’est un relent d’une époque où ce vice était courant. Si un joueur compulsif retombe dans ses mauvaises habitudes, les méchantes machines de vidéo poker sont à blâmer. Mais si l’on croise une personne qui affiche une obésité morbide, c’est que le gros tas a trop bouffé de chips.

 

C’est vrai que dans une grande proportion des cas, voire la majorité, l’embonpoint est causé par une mauvaise alimentation, un manque d’exercice physique, et que la volonté de changer de cet état de fait doit, avec raison, venir d’abord de la personne que cela concerne. J’en suis d’ailleurs un exemple, et je prends la responsabilité qui me revient. Cependant, alors que nous savons qu’une partie de notre société, et même une majorité des membres des générations qui nous suivent actuellement s’en vont directement dans le mur avec ce problème, ne pourrions-nous pas envisager d’autres solutions, plus drastiques qu’une simple sensibilisation ?

 

Après tout, les fumeurs ont droit à du soutien financier, directement du gouvernement, pour les aider à vaincre le tabagisme ; pourrions-nous envisager de subventionner les séances de conditionnement physique, et ainsi sauver de l’argent des contribuables qui s’en va directement dans le système de santé ? Les joueurs compulsifs ont accès à des lignes téléphoniques où des experts et des psychologues leur donne conseils et aide ; peut-être serait-ce une bonne idée d’avoir accès à des diététistes au bout de la ligne, pour les gens qui peinent à contrôler leur balance calorique quotidienne ? La sensibilisation a joué son rôle, elle a gagné quelques batailles… Malgré tout, il est temps de sortir l’artillerie lourde, avant de perdre la guerre.

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2 Réponses »

  1. Un gros problème en effet. Bravo pour le titre. Cette idée d’aide gouvernementale me plaît. Mais il semblerait que le marché du «gros» est réservé aux bandits de l’infopub qui vendent des solutions miracles par cartes de crédit (exerciseurs, capsule magiques et autres conneries).

  2. Bien lancé cher Jon! C’est vrai qu’une aide serait de mise. Après 40 heures de travail à rester assis, des fois je me sens lard. Mais en arrivant chez moi, je n’ai pas nécessairement envie de faire de l’exercice non plus. Je veux relaxer, passer à autre chose, regarder un bon film, travailler sur mes projets personnels. Et le week-end, il y a les sorties entre amis. C’est un cercle vicieux. C’est un peu con à dire, mais c’est vrai que ça prend de la volonté pour être en santé. De la volonté et un sacrifice du précieux temps libre.

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