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Un dimanche à Kigali (2006)

Par • 19 février 2007 à 7:26

Un dimanche à Kigali est une histoire d’amour des plus normales entre une Rwandaise et un Québécois. Ils s’échangent des mots doux, ils se bécotent, ils se cajolent, ils font l’amour et ils se marient. Ce qui rend l’idylle tragique, c’est la toile de fond sur laquelle elle est peinte. Bernard Valcourt (Luc Picard) et Gentille (Fatou N’Diaye) s’aiment à l’aube du terrible génocide rwandais. Le film de Robert Favreau illustre brillamment le plus grand paradoxe de l’homme : l’amour et la haine, à l’extrême dans les deux cas.

 

Tout d’abord, l’histoire s’articule autour du reportage que doit tourner le journaliste interprété par Luc Picard. À ce stade, l’intrigue est assez longue à mettre en marche. On tisse les liens entre les personnages en glissant maladroitement quelques informations sur la réalité rwandaise dans le scénario (taux de sida élevé, haine entre les Tutsis et les Hutus, désintérêt des médias internationaux…). Les événements sont présentés en suivant deux chronologies parallèles (avant et après le génocide), ce qui réussit assez bien à faire valoir l’antithèse des émotions véhiculées. D’un côté, on voit l’évolution du coup de foudre entre Valcourt et Gentille, de l’autre, les résultats du massacre lors duquel ils ont été sauvagement séparés.

 

Fatou N’Diaye et Luc Picard réussissent à livrer la force et la vérité de leur amour malgré leur différence d’âge et de culture. Dans l’ensemble, ça passe très bien. D’autres acteurs m’ont toutefois laissé sur ma faim. Luck Mervil et Maka Kotto! Fallait-il vraiment satisfaire un quota de représentation de Noirs en provenance du Québec? Un peu plus et Normand Brathwaite décrochait un rôle!

 

Pour ce qui est des images, elles sont parfaites. En plus de démontrer le contraste entre le meilleur et le pire (les irrésistibles collines du Rwanda vs les ruines), la facture esthétique se fond avec fluidité au coeur du drame. Les lieux et les gens confèrent au récit toute son âme. Certains figurants ont d’ailleurs vécu les événements de 1994.

 

Si la presse mondiale a passé sous silence les atrocités du Rwanda, le cinéma les aura portées au grand jour, notamment avec Hotel Rwanda (2004) et Un dimanche à Kigali (2006). Il est trop tard pour changer l’histoire… mais jamais trop tard pour en prendre conscience.

 

***½

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