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Tout est fatal : le recueil derrière le film « 1408 » (2003)

Par • 4 août 2007 à 21:58

Stephen King nous a habitués à d’épais romans dans lesquels s’entremêlent le fantastique, l’horreur et, parfois, une touche d’humour pervers. Cette fois, avec Tout est fatal, King nous propose un recueil de nouvelles qui permet aux lecteurs d’apprécier du Stephen King à petites doses, une histoire après l’autre, un frisson après l’autre.

 

La nouvelle littéraire constitue une excellente forme de récit pour mener à bout une idée sans nécessairement la développer en profondeur. L’auteur peut se consacrer sur l’essentiel, sur le moment fort de l’histoire. Et King, disons-le, a beaucoup d’expérience dans le domaine de l’écriture. Il sait écrire de la fiction à une vitesse folle. Son imagination déborde de personnages farfelus, de situations loufoques ou cauchemardesques et d’humour noir. Ce qui est intéressant avec Tout est fatal, c’est que l’on peut voir l’auteur à l’œuvre. Non seulement King raconte des histoires, mais il les commente, il les analyse un tantinet, il explique les circonstances qui ont mené à l’élaboration des œuvres, il précise, non sans un soupçon de vantardise, qu’il a terminé celle-ci en trois jours, celle-là en quatre jours… Stephen King parle à ses lecteurs, il leur parle en son nom propre et cela ajoute une dimension au personnage « Stephen King ». On remarque dans ce recueil la continuité de la volonté pédagogique de King, volonté amorcée dans Écriture : mémoire d’un métier. Il veut raconter des histoires, certes, mais il désire aussi montrer une partie des ficelles de l’histoire… et de son métier. Sur ce sujet, l’introduction du recueil vaut la peine.

 

Mais, quand est-il des nouvelles ? Eh bien, il y a du très bon et du moins bon. Dans l’ensemble, la qualité des nouvelles est assez inégale. Peut-être King a-t-il travaillé davantage sur certaines que sur d’autres, si bien que le lecteur peut se blaser après quelques pages d’une nouvelle pour tomber, par la suite, sur un bijou. Et il y en a, des bijoux. Évidemment, « 1408 » est une incontournable pour quiconque a apprécié le film, mais il y a aussi « Tout est fatal », « Quand l’auto-virus met le cap au nord » et « Déjeuner au Gotham Café » qui se distinguent par leur caractère étrange qui vous hante pendant des jours. Or, LA nouvelle à lire dans ce recueil reste, sans aucun doute, « Salle d’autopsie quatre » dans laquelle le narrateur assiste à sa propre autopsie. Je vous le répète, il s’agit d’un bijou. Une émeraude, un rubis, ce que vous voudrez, mais un bijou. L’horreur est palpable, mais sa cohabitation avec l’humour est absolument magnifique. Bref, si l’on oublie la traduction qui nous parsème des mots de France comme « toubib » ou « petit-déj », Tout est fatal demeure un recueil solide qui accomplit l’objectif premier de Stephen King : divertir son lecteur.

 

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2 Réponses »

  1. De façon incroyable, Stephen King semble être devenu quétaine depuis quelques années, peut-être parce le domaine de l’horreur, que ce soit dans la musique, au cinéma ou dans la littérature, est devenu mauvais au point d’être risible. Ou peut-être parce que ses 3-4 derniers romans sont pas mal moins bons. Peu importe…

    Stephen King a écrit des chefs-d’oeuvre de l’horreur, toujours pimentés d’humour grinçant et écrits avec une finesse magistrale (mes préférés sont souvent ses classiques, dont Cujo, Minuit 2, Minuit 4, Dolores Claiborne ou le diabolique Simetierre). Ses nouvelles sont effectivement la plupart du temps inégales, parfois même entre le début et la fin d’une seule nouvelle. Mais qu’on pense à Children Of The Corn, The Green Mile (oui c’est King qui a écrit ça), Dead Zone (oui oui), The Shawshank Redemption (oui ça aussi) ou justement 1408, on se rend compte que le gars assure.

    Je n’ai pas lu Tout est fatal, mais je viens de me procurer un autre de ses recueils (Rêves et cauchemars), que je me promets de dévorer… dès que j’aurai fini le roman d’un autre excellent auteur en train de sombrer dans le « quétaine », Anges et démons de Dan Brown. De la belle lecture encore pour quelques semaines…

  2. C’est vrai que sur la pile de textes qu’il a écrit, il y en a des excellents. Or, comme tu dis, il y en a des moins bons et je soupçonne notre bon vieux King de se laisser aller quelque fois. Quand je parle de « laisser aller », je parle de finir un texte sur le « pilote automatique », en réutilisant des mécanismes qu’il a souvent employés par le passé, en exploitant les mêmes thèmes (combien de ses histoires impliquent un hôtel?), ou tout simplement en terminant une nouvelle en vitesse pour vite passer à une autre. Mais il faut dire qu’il en a écrit, des pages, ce Stephen. Un jour, les stats nous rattrapent et l’on se répète.

    Par ailleurs, Jonathan, en mentionnant « Simetierre », tu me rappelles cette damnée nuit de lecture qui m’avait foutu la chienne. Celle-là et celle de « The Shining » avec cette maudite morte dans le bain, je remercie King pour ces beaux moments…

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