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ÉditorialPuisqu'il y a des choses qui doivent être dites, aussi bien les dire avec une verve franche et directe. Des sujets chauds, traités vivement sans trop de fioritures.

Tofu, Kant et ignorance

Par • 2 novembre 2012 à 1:25

J’ai habité pendant plus d’une dizaine d’années dans la grande métropole. Montréal a été mon « chez-moi » que j’ai aimé et que j’aime toujours retrouver. Le Plateau Mont-Royal et ses cafés des artistes, les festivals d’été. La culture bouillonnante et la diversité de ses habitants m’ont toujours séduit. Je me sentais bien à cet endroit. Depuis maintenant trois ans que j’habite au Bas-Saint-Laurent-Gaspésie et ma vision des choses a un peu changé. Je m’explique.

Depuis quelque temps, je lis des commentaires et souvent des médisances sur les réseaux sociaux concernant mon employeur Québecor. On accuse celui-ci de museler ses journalistes et de dicter la nouvelle à ses sous-fifres. On accuse Québecor de convergence, de manque d’objectivité et on encourage tout le monde à embarquer dans la danse du boycottage. Pendant le printemps érable, des âmes bien pensantes s’amusaient à « photoshoper » des images d’un journaliste de TVA seul sur un coin de rue en s’indignant ensuite d’offrir une fausse image de l’ampleur des manifestations. N’importe qui habitant sur cette planète a pu se rendre compte assez facilement que TVA a couvert ce conflit mur à mur en offrant des tribunes quotidiennes aux manifestants, aux leaders étudiants et à qui cherchait son dix secondes de gloire à la télévision. Le problème est que bien des gens embarquaient dans cette mascarade de photos truquées et s’insurgeait ensuite contre le gros vilain Québecor.

On accuse également Québecor, à qui veut bien l’entendre, de faire la promotion de ses artistes. Je ne pense pas que PKP ne se soit caché de le faire. Encore là, peut-on vraiment blâmer un entrepreneur de mousser son propre produit ? Ne pourrait-on pas dire la même chose de tous les autres médias dont le jupon dépasse ? Personne ne s’insurge que Radio-Canada fasse la promotion régulière d’obscurs artistes pratiquant du jazz fusion ou de l’adulte contemporain-folk- country-électro qui s’adresse à une poignée d’amateurs. De plus ces soi-disant défenseurs de la liberté de la presse et de la promotion de la culture ne savent pas toujours de quoi ils parlent. On pointe du doigt le Journal de Montréal et TVA parce que les nouvelles sont souvent éclatantes et sensationnelles, mais d’accuser un empire au complet de désinformer les gens est une insulte profonde aux journalistes rigoureux qui font un travail méticuleux et pas toujours facile. Il s’agit d’un manque flagrant de jugement et d’une ignorance malheureuse. La semaine dernière, Jean-Luc Mongrain était invité à Bazzo.tv et l’ancien commentateur de TVA a affirmé haut et fort que jamais ses patrons n’étaient intervenus pour lui dicter une ligne éditoriale. En régions, c’est la même chose. J’ai un patron qui me donne pleine liberté d’action et jamais on ne m’a imposé une ligne directrice. Bien au contraire, on m’a toujours encouragé à parler de la jeunesse, des artistes émergents et de la culture de ma région. Il en est de même pour mes collègues journalistes à la grandeur de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent.

Un petit message en terminant à mes anciens concitoyens de la grande ville : Ce n’est pas parce que vous mangez du tofu, buvez du café équitable et que vous humez de la luzerne au Café des trois colombes en lisant Le Devoir et en citant Kant que vous avez la vérité absolue. Descendez de vos grands chevaux, car vous serez bien heureux d’avoir un méchant journaliste de Québecor pour parler de votre recueil de poésie postapocalyptique la journée où vous aurez un éclair de génie.

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