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Team America : World Police – Quand le monde entier est sauvé par des marionnettes

Par • 5 mai 2008 à 11:02

À Paris, des terroristes arabes s’apprêtent à commettre un attentat. L’unité américaine anti-terroriste par excellence, la « Team America » intervient juste à temps pour les éliminer, non sans avoir eux-mêmes causé quelques dégâts. Un des membres de l’unité ayant été tué, le chef, Spottswoode, recrute un acteur, Gary, pour faire partie de l’escouade. Gary est emmené au Mont Rushmore, où se trouve le repaire de l’unité anti-terroriste et se voit expliquer son rôle: s’infiltrer dans une cellule terroriste pour en retrouver la tête dirigeante. Grâce à ses talents d’acteurs et un bon maquillage, Gary aide l’escouade américaine anti-terroriste à accomplir sa mission. Mais tous ignorent que celui qui a fournit les armes et les bombes aux terroristes n’est nul autre que le dictateur de Corée du Nord, Kim Jong Il. Il s’est habilement servi des terroristes pour faire intervenir l’escouade américaine contre eux, afin qu’ensuite elle soit discréditée partout dans les médias et ainsi avoir le champ libre pour un coup d’éclat qui fera de lui le maître du monde. Pour cette occasion, il accueille chez lui les grands chefs d’états de plusieurs pays, des représentants de l’ONU, ainsi que plusieurs acteurs hollywoodiens de gauche mené par Alec Baldwin, pour un supposé sommet de la paix. Les membres de la « Team America », ayant été faits prisonniers, seul Gary, qui avait auparavant abandonné l’unité, peut les sauver et mettre à bas le dictateur nord-coréen.

 

Les créateurs et concepteurs de la série irrévérencieuse « SOUTH PARK », ont eu la brillante idée de parodier le cinéma d’action américain lénifiant à saveur patriotique et propagandiste, comme les films produits par Jerry Bruckheimer, en faisant incarner tous leurs personnages par des marionnettes. Profitant des circonstances actuelles et des politiques de George W. Bush sur la lutte anti-terroriste après les attentats du 11 septembre 2001, Trey Parker et Matt Stone ont conçu une grande comédie sur l’interventionnisme américain à l’étranger avec un humour noir acerbe qui ne fait pas dans la dentelle et qui fait flèche de tout bois. Tous les clichés d’usage courant dans le genre (jusque dans la musique pompier du film!) sont donc employés ici, voire amplifiés, pour susciter efficacement le rire.

 

Évidemment, l’emploi de marionnettes, qui rappelle les séries télés cultes comme « THUNDERBIRDS » et « JOE 90 », accentue le décalage entre le ton parodique du scénario et les situations « sérieuses » vécues par les protagonistes pour faire rire davantage le public (ex. deux marionnettes qui font l’amour!!!). Les auteurs ne se contentent d’ailleurs pas de se moquer de la droite politique américaine puisque la supposée gauche représentée par le milieu artistique hollywoodien est également la cible de la verve persifleuse et narquoise de ceux-ci. Personne n’est donc épargné par l’humour mordant, anarchique et gouailleur des auteurs, même si comme dans « SOUTH PARK », ils font parfois appel à la vulgarité pipi-caca-vomi pour faire rire. Si le film avait été fait en France, j’imagine très bien Michel Audiard en concevoir la trame et les dialogues, tellement le type d’humour s’apparente à l’univers caricaturale et aux opinions politiques de ce poujadiste bien connu pour être anti-tout. En tout cas, Audiard ne renierait sûrement pas un tel film, à mon avis.

 

Au niveau technique, le film présente une incroyable variété de décors à l’échelle magnifiquement élaborés, au service de la folie dévastatrice des auteurs qui n’hésitent pas à les détruire à la moindre opportunité. Les marionnettes sont également conçues avec précision dans cette même intention, comme si chacune avait une personnalité propre, ce qui nous change grandement des sempiternels emplois de l’informatique censément innovateurs dans la création de personnages digitaux. Le plus grand défi a été bien entendu les « scènes d’action », chose qui ne s’est jamais faite avec des marionnettes auparavant et leur réussite contribue pour beaucoup à la conviction parodique du film. Le spectateur aura tout le long du visionnement l’impression de regarder un gigantesque cartoon digne des meilleurs « Looney Tunes » (le personnage de Kim Jong Il fait souvent penser à Elmer Fudd par exemple dans sa façon de parler).

 

Le tout est donc uniformément drôle, même dans les paroles des chansons (« America! Fuck Yeah!… » ou « I miss you more than Michael Bay miss his mark when he made PEARL HARBOR!… »). Un film à voir à tout prix et je ne vous en dirais pas davantage pour ne pas vous priver des surprises et du rire que le film va vous réserver. C’est de la comédie farouchement iconoclaste comme on en fait rarement, écrite avec une plume bien acide, qui deviendra culte avec le temps! C’est sûr!

 

*** ½

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Une Réponse »

  1. Excellent film. Les créateurs de South Park ont encore une fois repoussé les limites de l’animation, cette fois-ci avec de vulgaires marionnettes. Meilleur à chaque fois qu’on le réécoute.

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