DimancheMatin.com | L'ART de bien commencer la semaine...   
Chronique classiques du cinéIl y a de ces films inoubliables. De grands réalisateurs au grand écran... du grand cinéma pour de grands moments!

Splendor in the Grass : aimer à en perdre la raison (1961)

Par • 2 novembre 2007 à 0:00

Décédée par noyade il y a vingt-six ans, la comédienne Natalie Wood avait connu en 1961 la meilleure année de sa trop brève carrière. Qui n’a pas vu – et même revu – West Side Story, chef-d’œuvre de la comédie musicale tourné à New York ? C’est cependant avec l’autre film tourné la même année que cette actrice prouva hors de tout doute qu’on peut à la fois être belle et savoir jouer.

 

Réalisé par l’ingénieux Elia Kazan (On the Waterfront, East of Eden), Splendor in the Grass décrit le parcours agité de Deanie Loomis (Natalie Wood) et de son amoureux Bud Stamper (Warren Beatty). Passionnément épris, le jeune couple sera incessamment gêné dans ses élans par un environnement familial puritain. L’action se déroule au Kansas en 1928. Toute fille attirée par un garçon était alors considérée comme malhonnête; c’est du moins ce que l’intraitable mère de Deanie prétend. Qu’à cela ne tienne, cette dernière développe une dépendance affective incontrôlable envers son petit ami, ce qui la conduira inexorablement à un séjour prolongé dans un institut psychiatrique. Excédé, Bud profite de cet incident pour fuir cet amour destructeur. Depuis le temps que son père le soudoyait, il part étudier à la prestigieuse Université de Yale. Mais ce ne sera peut-être pas la solution idéale.

 

Outre son intrigue bouleversante et la fougue de sa réalisation, un des points forts de Splendor in the Grass réside dans son contexte historique. Nous sommes par exemple confrontés à l’épouvantable krach de 1929 à travers le personnage du père de Bud (touchant Pat Hingle). Ce prospère entrepreneur, qui avait amassé un imposant magot, se retrouve presque sans le sou, du jour au lendemain. N’avait-il pas déjà été suffisamment affligé par sa fille, une traînée notoire rentrée précipitamment de Chicago, puis par son vaurien de fils qui avait finalement abandonné ses études ?

 

Cette puissante chronique familiale doublée d’une histoire d’amour des plus tragiques avait défrayé la manchette à l’époque du tournage… et pas tout à fait pour les bonnes raisons. En effet, Warren Beatty (dont c’était le tout premier film) et Natalie Wood prirent leurs rôles trop au sérieux, semble-t-il, ce qui mit fin au mariage de l’actrice à Robert Wagner… qu’elle épousa à nouveau plusieurs années plus tard.

 

Aujourd’hui, avec le recul, on peut davantage se concentrer sur les vraies qualités de Splendor in the Grass et elles sont nombreuses. Avertissement : la finale nous brise le cœur…

 

Cet article est publié en collaboration spéciale avec http://www.calendrierculturel.com/

Par
Lire les 54 articles par

Laisser un Commentaire

Code de lecture : 1519 , 1