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Panique chroniquePanique bouscule sa vie, provoque le chaos et observe avec le sourire ce qui en jaillira. Chronique publiée tous les dimanches.

Sometimes a fuck is (it?) just a fuck!

Par • 22 juin 2008 à 0:00

Une journée sympathique : café, cinéma et restaurant en charmante compagnie. Un film porteur de réflexions sur toute une génération : Young people fucking . Puis, déracinant de l’écran un duo, un seul, pour le retourner dans tous les sens et le scruter sous toutes ces coutures, voici le fruit de la réflexion.

 

Un départ : Deux corps ayant ce désir et ce besoin de sexe, hésitant pourtant, ne sachant pas si c’est ensemble qu’ils ont envie de se commettre. Un état d’esprit :  Des shooters de courage en guise de motivation. Une ambiance : un appartement sans intérêt et une musique qui se veut forte et rythmée pour prendre toute la place et ainsi limiter les échanges verbaux. Du hip hop fort pour rester dans l’action, se baigner d’adrénaline et surtout ne pas faire place à la tendresse, l’intimité étant suffisante pour la baise énergique mais déficiente pour les lentes caresses senties.

 

Une réplique féminine : « Sometimes, a fuck is just a fuck » qui se veut franche ou du moins convaincante. J’étais plutôt fière d’elle, en accord avec le concept. Puis, j’ai réalisé que ce n’était que des mots (parole, parole parole, comme fredonnait si bien Dalida) et que, finalement, ce n’était pas « just a fuck », quoi qu’on en dise.

 

Voilà que je cogite sur  « Est-ce que la nature de nos relations sexuelles varie en fonction de la place qu’a notre partenaire de jambes en l’air dans notre vie ou est-ce seulement une question de préférences? » Il y a bien les stéréotypes de « la baise rapide avec l’inconnu » et de « la longue douceur avec l’être aimé », mais est-ce vraiment le cas?

 

Il y a des gens, hommes et femmes, qui sont très doux au lit et sont très « caresse, préliminaire, embrassades infinies.. » que ce soit avec l’être aimé ou le/la partenaire ramené(e) du bar au cœur de la nuit.  Il y a aussi des gens très énergiques qui font dans le « kama sutra, cirque du soleil, bruits de corps qui s’entrechoquent et s’emboîtent dans des angles variables.. » aussi bien avec le/la conjoint(e) de longue date qu’avec le/la one night stand. Mais majoritairement, je crois que les stéréotypes tiennent la route parce qu’au-delà des préférences individuelles (énergique versus doux), il y a aussi la notion de confort et d’intimité. Le désir des corps se déploie souvent en parallèle à l’échec de l’intimité. Avouons que le sexe énergique est préférable avec l’inconnu puisqu’il permet de conserver notre intimité bien à l’abri. On reste dans l’esprit d’un jeu de surface. Un jeu de façades où on laisse l’autre pénétrer le corps mais non l’esprit. Faire l’amour les yeux dans les yeux tout en douceur requiert beaucoup plus d’intimité, de complicité et de confort avec l’autre car sur l’échelle de l’intimité, juste en dessous de « faire l’amour », on peut lire en deuxième position « dormir ensemble », en dessous de quoi on retrouvera « baiser ».

 

Je suis toujours surprise par les hommes très doux et sensuels lors d’un premier rapport sexuel. J’ai l’impression d’avoir quelque chose de précieux au creux des mains, comme s’ils se montraient vulnérables face à moi. C’est d’une grande beauté. Avec eux, je suis incapable de dire « baiser », je parle de « faire l’amour »… même si je ne suis que celle qu’ils ont ramenée du bar tard un soir et qui fuira au cœur de la nuit, rassasiée malgré cet hymne à l’échec de l’intimité.

 

Autres récits et anecdotes à chaque dimanche. D’ici là, je vous invite à lire mon blogue : http://panique.wordpress.com/

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8 Réponses »

  1. Très beau texte Panique !

  2. Moi et ma conjointe avons beaucoup aimé. 🙂

  3. Très intéressant! On parle plus ici de psychologie du comportement humain face au sexe que de sexe, mais j’adore ça.

    Et évidemment, lorsqu’on parle de psycho, on généralise, mais on doit surtout séparer les hommes des femmes. Et encore… Chaque homme trouvera son plaisir dans des actes ou situations bien différentes. Certains auront besoin de caresses, d’entendre la respiration de sa partenaire, de laisser monter la sève au rythme des baisers tendres…

    Parfois, sans intimité, il n’y a pas suffisamment de plaisir spychologique, ce qui est parfois nécessaire pour certains, alors que d’autres vont se contenter du plaisir physique.

    Mais ce « fameux » plaisir, on le retrouve aussi souvent dans le risque, la nouveauté, la fébrilité. Donc, lorsqu’on dévoile un peu notre intimité ou bien que l’on tente de découvrir l’autre par des gestes « doux », des préliminaires recherchés ou parfois même avec des mots, on y retrouve aussi ce « feeling » si excitant et parfois même étourdissant.

    Mais il est toujours dommage de requérir à l’alcool pour affronter ces plaisirs coquins. On évite d’affronter clairement les dangers de la séduction. Pourtant, ces dangers, ne font-ils pas aussi partie de ce « stress » qui nous rend si « intime », sensible et… enivré?

    (Bon… moi qui pensais juste écrire quelques mots! :oP)

  4. Tu démontres parfaitement que l’intimité et le sexe sont des notions bien distinctes, qui peuvent se marier à l’occasion. L’expression «faire l’amour» en dit tellement long de par son nom…

  5. Amélie Roy: Merci

    Mathieu Lemée: Je suis heureuse de lire cela! Salutations à vous et votre conjointe.

    Touz: je suis contente que mon texte ait été porteur de réflexions

    Pierre-Luc Gagnon: Je préfère honnêtement dire « sexer » qui englobe selon moi tous les actes sexuels, justement parce que je ne veux pas catégoriser mes histoires sous les étiquettes « baise » et « faire l’amour ».

  6. ‘Jouer à frotti-frotta’ demeure une belle expression fourre-tout aussi.

    Nice goin P. 🙂

  7. @Stephane: Nous pourrions tellement lancer un concours d’expressions fourre-tout!

  8. Belles réflexions, très intéressant à lire :).

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