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Réussir son hypermodernité et sauver le reste de sa vie en 25 étapes faciles

Par • 26 novembre 2010 à 10:00

À la simple lecture du titre, le livre Réussir son hypermodernité et sauver le reste de sa vie en 25 étapes faciles intrigue. On se questionne sur le genre de livre auquel on aura affaire. Lorsqu’on se plonge dans le texte, on oublie vite les questions génériques et on se concentre sur autre chose : notre époque.

L’objectif de l’auteur Nicolas Langelier est de montrer la vacuité de notre génération postmoderne, particulièrement sur le plan des relations interpersonnelles. Pour ce faire, Langelier construit son Réussir son hypermodernité… de manière étonnante. Il commence par un récit (auto)fictionnel — raconté au « vous » — dans lequel le narrateur, encore perturbé par la mort de son père, voyage en voiture avec les cendres de ce dernier à l’arrière.

Langelier se sert de ce récit comme d’un squelette auquel il rattache des bouts de philosophie, de psychologie populaire, de citations éparses, d’exercices à faire, etc. Il transforme cette histoire afin de la faire correspondre, ironiquement, aux étapes à franchir pour rechercher le bonheur, comme dans n’importe quel livre de psychologie populaire. Il s’appuie alors sur ce récit pour critiquer, de l’intérieur, la postmodernité (ou l’hypermodernité, selon votre école de pensée).

Le paradoxe de la méthode de Langelier se situe dans les outils qu’il emploie pour critiquer notre époque : il attaque la postmodernité… en s’inscrivant dans cette même postmodernité. En effet, ses outils de prédilection sont associés à la postmodernité, à savoir l’éclectisme, l’ironie, la nostalgie, l’autofiction, etc. Langelier ne s’en cache pas, il assume son propos, son paradoxe. Car s’il y a un paradoxe, il n’y a pas de contradiction. Langelier montre efficacement le vide de notre ère parce qu’il utilise un langage que nous, humains postmodernes, connaissons, un langage que nous valorisons et que nous trouvons pertinent, en ce moment.

À première vue, l’ensemble pourrait ressembler à un Frankenstein un peu mal foutu. Or, tous les morceaux sont si bien assemblés et si cohérents que le livre demeure pertinent et efficace du début à la fin. L’analyse de la postmodernité par Langelier est aussi touchante que virulente. Il vulgarise bien les concepts philosophiques, notamment la différence entre « postmodernité » et « hypermodernité ». Réussir son hypermodernité… se dévore, et l’on en sort chaviré.

Si vous vivez en Occident et que vous avez entendu parler de Facebook, il s’agit d’un livre à lire.

**** ½

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