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Retour sur la pièce « Léon le nul »

Par • 20 avril 2009 à 14:57

«On a tous une force à l’intérieur de nous, un petit train. On est tous capables d’aller droit devant. On a tout ce qu’il faut pour s’accomplir, dans le fond, mais il faut le trouver et avoir confiance».

C’est en ces mots que s’est exprimé le comédien Martin Dion, l’interprète de Léon dans la pièce de théâtre Léon le nul, au sujet du thème abordé dans la pièce, l’intimidation. L’oeuvre, écrite par Francis Monty et mise en scène par Gill Champagne, directeur artistique du théâtre Le Trident, était présentée au théâtre jeunesse Les Gros Becs la semaine dernière à Québec. D’une durée de moins d’une heure, Léon le nul met en scène un seul personnage, celui de Léon, un garçon victime d’intimidation, dont le frère, grand costaud, fait le trafic de chocolat. En dépit des railleries de ses camarades, Léon, à travers son imaginaire, souhaite devenir un train. C’est pourquoi il se contente de manger des clous et des boulons, espérant un jour courir vite, aller loin et crier fort. Comme un train.

Présentée aux jeunes ainsi qu’au grand public, Léon le nul est née d’un exercice d’écriture de Francis Monty, alors étudiant à l’École Nationale de théâtre à Montréal. L’auteur avait au départ écrit un texte racontant l’histoire d’une mère qui «embarrait ses enfants en dehors de la maison la fin de semaine», a expliqué Martin Dion. L’idée a par la suite été développée pour devenir Léon le nul. «Francis avait envie de parler de ce qu’il a vécu ou de ce dont il a été témoin», a précisé M. Dion.

Créée en 2005, alors que Montréal était la ville-hôte du congrès de l’Association internationale du théâtre pour l’enfance et la jeunesse, le texte ne devait être joué que dix fois. Mais les choses ont vite déboulé pour Léon.

«Des Français et d’autres Européens étaient présents au congrès et ils ont dit qu’ils voulaient la pièce pour leur prochaine saison de théâtre», a raconté M. Dion, lui qui considère la pièce comme un «cadeau du ciel» pour un acteur. La coproduction des théâtres montréalais Bouches Décousues, de la Pire Espèce et d’Aujourd’hui a ainsi été jouée en France au cours de l’an 2006, puis 2007, et poursuit sa tournée depuis, en France comme au Québec. Elle sera présentée au moins jusqu’en mai, à Montréal, à Laval et à Calgary, entre autres.

Nancy Ouellet, enseignante au primaire à l’école Val-Joli, croit que la pièce amène les jeunes à penser avant d’agir. «Des fois, on dit des choses sans réfléchir», a-t-elle commenté. Des séances de discussions étaient d’ailleurs prévues en classe, avant et après la présentation de la pièce aux élèves, a indiqué l’enseignante. Les jeunes ont aussi semblé apprécier, notant que même s’il se fait insulter, Léon garde la tête haute. Joint au téléphone, le metteur en scène de la pièce, Gill Champagne, considère que «les jeunes s’identifient vraiment à la problématique de Léon».

À ce sujet, Martin Dion a rapporté qu’après un spectacle en France, un jeune garçon a décidé de retourner à l’aide aux devoirs malgré les insultes de la part d’autres jeunes. «Le jeune a dit que si Léon y est arrivé, bien moi aussi je peux le faire», a dit l’acteur, convaincu que le spectacle «laisse des traces».

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