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Nuri Bilge Ceylan : Rêves et désabusements

Par • 18 avril 2007 à 22:01

Du 28 avril au 2 mai, la Cinémathèque québécoise présente, grâce à la collaboration avec la Revue électronique Hors Champ, l’une des premières rétrospectives complète de l’œuvre du cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan. Cinq films afin de découvrir une facette du cinéma méditerranéen actuel, voyage social et intime, entre Orient et Occident. La programmation inclut, entre autres, son premier film, le court métrage Koza (1995), Uzak  (Grand Prix du festival de Cannes en 2003), ainsi que son tout dernier, Les Climats (2006). Une chance unique de découvrir à Montréal, en primeur canadienne, la majorité de sa filmographie.

 

« Avec ses quatre premiers longs métrages, réalisés entre 1997 et 2006, le cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan n’a cessé de surprendre et d’éblouir. Chaque film révèle la cohésion d’une œuvre unique, émouvante et envoûtante, ne portant la marque d’aucune concession à quelque mode que ce soit ou aux contraintes de la production industrielle. Une œuvre véritablement personnelle et artisanale, la plupart des acteurs étant des non professionnels, amis et parents du cinéaste, et Ceylan assumant lui-même les rôles de réalisateur, producteur, scénariste et directeur photo.(…)

 

Un des traits singuliers qui traverse son œuvre est cette façon d’introduire une réflexion sur l’art, en particulier dans Nuages de mai (1999),  et Uzak (2002), créant avec discrétion une sorte de mise en abîme du processus même de création qui se manifeste habilement dans le quotidien et l’intimité des personnages. Avec finesse et intelligence, s’écartant des modèles communs du « film dans le film », Ceylan parvient ainsi à mettre en place le dispositif d’une dramaturgie inusitée, propice à nous faire plonger subtilement dans quelques-unes des questions essentielles qu’un artiste peut éventuellement être amené à se poser. (…) Il y a également chez Ceylan un regard très vif qui se porte sur les rapports familiaux ou sociaux. Ceux-ci se présentent dans ses films comme la manifestation de solitudes qui se côtoient, ou se confrontent, et finissent par exprimer un ensemble de velléités au niveau le plus commun, le plus vain et le plus ironique de la réalité courante. « Je n`aime pas les histoires marginales, je n’aime pas non plus les histoires extraordinaires qui arrivent à des gens ordinaires, j’aime les histoires ordinaires des gens ordinaires », dira-t-il dans un entretien au magazine Cinemaya. »

 

Extrait du texte de Simon Galiero et Nicolas Renaud publié dans la Revue de Cinémathèque no 88.

 

Le mardi 24 avril à 9h30 : Projection de presse

 

9h30 : Les Climats (Iklimler) réal : Nuri Bilge Ceylan, Turquie, 2006, 101 min, s.-t. f.
Isa et Bahar sont deux êtres seuls, entraînés par les climats changeants de leur vie intérieure, à la poursuite d’un bonheur qui ne leur appartient plus.  » La gravité de la confidence tient à ce qu’elle ne peut s’esquisser, dirait-on, que dans le secret de l’art. Bien loin de tout esthétisme gratuit, Les Climats se proposent au regard des êtres qui, faute d’espace sentimental, ne peuvent vivre pleinement qu’à l’écran.  » (Alain Masson, 2007)

 

Suivi de

 

Koza  réal : Nuri Bilge Ceylan,  Turquie, 1995, 20 min, sans dial.
Après avoir vécu des expériences difficiles dans leur passé, deux septuagénaires tentent de reformer leur couple. Premier film de Ceylan, réalisé à 36 ans, ce court métrage fut immédiatement sélectionné à Cannes et obtint plusieurs prix dans divers festivals.  » Je craignais de commencer à tourner, puisque la réalisation implique tellement d’organisation. Alors je suis parti avec un ami et nous avons tourné le film ainsi. Je me suis alors rendu compte que je pourrais tourner un long métrage de la même manière.  » (N. B. Ceylan, 1999).

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