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Nitro bon… Nitro mauvais (2007)

Par • 7 juillet 2007 à 0:00

J’ai longtemps pensé que Guillaume Lemay-Thivierge était un has been. Un peu dans la branche des Vincent Bolduc (son grand ami), je l’ai toujours perçu comme un éternel adolescent de la télé. Or, le bonhomme a pris un coup de maturité et s’élève désormais au rang des acteurs sérieux au Québec. Non pas qu’il ait eu la chance de jouer dans un grand film, mais plutôt parce qu’il a su garder la route dans un scénario Nitro bon… Nitro mauvais.

 

Avec Nitro, les attentes étaient élevées. La publicité mur-à-mur faite autour de ce long métrage donne l’impression qu’on a affaire au film du siècle. On se retrouve donc avec Martin Matte dans le rôle d’un dur à cuir (lui qui se décrivait comme un mou dans son premier spectacle) et Guillaume Lemay-Thivierge dans le rôle du mâle le plus virile de la terre (il a rapidement gradué de son statut d’éternel adolescent). Quel duo crédible, d’entrée de jeu! Et pour compléter le portrait, Lucie Laurier joue la pitoune de service.

 

Mais nuançons un peu. Matte, malgré les rires qu’il provoque à sa première apparition vers la moitié du film, étonne par le sérieux qu’il donne à son personnage. Il suffit de s’acclimater au registre qui se trouve bien loin de celui de Caméra Café. Guillaume Lemay-Thivierge, quant à lui, réussit à rendre parfaitement l’univers et les émotions du Julien (alias Max) qu’il incarne. Pour ce qui est de Lucie Laurier, elle campe une Morgane crédible et séduisante, mais ce personnage ne fait qu’alimenter quelques flashback malhabiles saupoudrés tout au long du film.

 

Résumons l’histoire le plus brièvement possible : L’amoureuse de Max, qui a un fils, a besoin d’un nouveau coeur pour survivre. Mais la liste d’attente est longue. Max décide de lui trouver un coeur en gagnant de l’argent avec des courses et en faisant appel à des méthodes très peu orthodoxes. Entre tout ça, s’insèrent des bribes du passé qui démontrent combien Max était un bum il y a neuf ans et combien il s’est rangé pour tenter de devenir un père exemplaire et un amoureux dévoué.

 

Heureusement, les scènes d’actions sont très réussies. Bravo pour les courses et les poursuites. Bravo pour les cascades et les sauts par dessus des clôtures. L’adrénaline est à son maximum, si bien que l’on croirait que Guillaume Lemay-Thivierge s’est shooté de la nitro directement dans les veines.

 

Mais le château de cartes qui tenait péniblement jusqu’aux dernières minutes du film a succombé des suites d’une fin bâclée. On met un terme au scénario et on conclut tous les noeuds « d’intrigue » dans les cinq dernières minutes. Que pense Alice (l’amoureuse de Max) des agissements de ce dernier pour tenter de la sauver ? Qu’est-il advenu de l’attachant personnage de Martin Matte qu’on perd totalement de vue, et sans raison, dans la dernière demi-heure ? Tant de questions qui auraient dû trouver des réponses au lieu de quelques scènes trop longues (Max qui travaille sur un chantier de construction… la roulotte abandonnée au cinéparc…)

 

Voilà un film qui aurait probablement pu, sous certaines conditions, décrocher quatre étoiles. Mais selon les circonstances actuelles, il n’en mérite que deux et demie. Voilà le deuxième « Ma Fille Mon Ange » de 2007… un film moyen surmédiatisé.

 

**½

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7 Réponses »

  1. Ha Ha ! Je retiens la leçon que j’ai apprise en visionnant « Ma fille, mon ange ». Si « Nitro » lui ressemble sur un point, je vais éviter ce film.

    Pour Guillaume Lemay-Thivierge, je ne réussis pas à embarquer dans son personnage véhiculé dans les pubs­. Je ne peux m’empêcher de revoir, dans ma tête, son vidéoclip « À seize ans », qui a tourné à Dollaraclip. Je ne sais pas pourquoi, mais ça me déconcentre…

  2. On s’entend là-dessus : Nitro n’est pas un grand film. C’est une production visuellement impeccable aux scènes d’action bien troussées. Malheureusement, le développement de l’histoire ne tient pas et la finale tombe à plat. Toutefois, ne serait-ce que pour la performance de Guillaume Lemay-Thivierge, il en vaut la peine. Son charisme y est indéniable et il crève l’écran, me rappelant le Bruce Willis du bon vieux temps. Désolé, Pierre-Luc, mais ta comparaison avec Ma fille, mon ange me déçoit. À mon avis, Nitro est presque un chef-d’oeuvre si on le compare à Ma fille, mon ange dont l’intrigue brouillonne et dénuée d’intérêt est une honte pour notre cinéma…

  3. Ce titre vaut bien un million de dollars!

    Au moins, ça ne semble pas être un flop, c’est quand même assez bien accueilli. Reste avoir si ça sera rentable.

  4. @Richard : J’ai quand même été clair sur ma comparaison avec « Ma fille, Mon ange ». Il s’agit dans les deux cas d’un film surmédiatisé qui ne répond pas aux attentes. Et dans les deux cas, j’ai vu des bons et des mauvais côtés. N’en demeure pas moins que Guillaume Lemay-Thivierge surclasse Karine Vanasse, même si la réputation de cette dernière était plus élevé.

  5. Non ce n’est pas un flop, mais je dois dire que j’ai trouvé ce film très ordinaire. Ceux qui disaient que c’était le premier film québécois à saveur « action américaine » n’ont jamais vu de films américains.
    Normalement avec très peu de dialogue, Nitro est tout sauf songé et dramatique. Mais un côté dramatique qui ne fait pas pleurer non plus…
    Il y a des beaux moments dans le film notamment les flashbacks avec la blonde de Max(Julien) qui a besoin d’un coeur quoique ces moments sont trop longs selon moi. Sinon les scènes d’action sont complètes et haletantes quoique courtes!
    Guillaume Lemay-Thivierge est bon, très homme, touchant à la limite d’être fou pour le bien de sa blonde. Sinon J’ai adoré le petit Théo (Antoine Desrochers). Le moment de la petite chanson m’a le plus touché du film. Sinon Lucie Laurier joue juste, en fait elle fait du bon travail, mais je n’aimais pas son personnage de salvatrice à tous moments très invraisemblable.
    Bref, pas pire, je n’ai pas capoté, et je n’ai pas détesté.

  6. OUps désolée en me relisant, je voulais plutôt dire que normalement les films américains ont très peu de dialogues et que Nitro par contre en a beaucoup. Et que Nitro aussi EST songé et dramatique, mais le genre de drame qu’on ne pleurera pas pendant une seule seconde. (aucune pitié!)

  7. moi jai vu nitro et jai capoter ces tellement bon pour kelkun ki vx e laction

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