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Mort à Venise (Morte a Venezia) : une admirable tragédie (1971)

Par • 23 novembre 2007 à 0:00

Mettons immédiatement les choses au clair. Il est fort probable que les fans des Rambo, Die Hard et Terminator « piqueront un somme » dès les premières minutes de Mort à Venise. Par contre, les passionné(e)s d’histoires toutes en délicatesse et en retenue y prendront un vrai plaisir. D’une infinie splendeur, cette adaptation du roman de Thomas Mann par Luchino Visconti (Rocco et ses frères, Les Damnés) s’avère un prodigieux hymne à la beauté, mais aussi à la décrépitude.

 

L’atmosphère contemplative dans laquelle baigne Mort à Venise se sent dès le tout début du générique. Devant un coucher de soleil magnifié par la musique de Gustav Mahler, un bateau de plaisance vogue vers Venise. Sur le pont, le vieillissant Professeur Gustav von Aschenbach (Dirk Bogarde), emmitouflé et songeur, lit tout en combattant le sommeil. Arrivé à destination, il descend au luxueux Grand Hôtel des Bains, dans la meilleure chambre, avec vue sur la mer. Il semble que le site sera parfait pour la cure de repos imposée par son cœur prématurément usé. Convaincu que cet endroit le remettra sur pied, von Aschenbach ne se doute pas qu’il connaîtra à Venise une attraction refoulée pour Tadzio (Bjørn Andresen), un adolescent polonais d’une troublante beauté androgyne. Ce dernier réside aussi au Grand Hôtel des Bains, en compagnie de sa mère, une femme d’une grande élégance (Silvana Mangano).

 

À vrai dire, on sait bien peu de choses sur le timide professeur, jusqu’à ce qu’une série de flashbacks (fort pertinents) nous révèle des épisodes dramatiques de ses jeunes années : la mort en bas âge de son enfant, l’échec d’un concert crucial pour sa carrière, de violentes altercations avec un collègue, etc. On comprend alors pourquoi ce brave homme vit une aussi sérieuse dépression. Son béguin pour Tadzio hâtera son déclin car il n’osera tirer du garçon rien de plus que de furtifs échanges de regards.

 

Si les premiers instants du film s’apparentent à des dépliants touristiques encensant la ville de Venise, on a rapidement l’impression que la santé chancelante du personnage principal se propage à la localité qu’il a choisie pour ses dernières vacances. Au fur et à mesure que la maladie du professeur progresse, Venise s’enlise dans une épidémie honteusement camouflée par les propriétaires d’hôtels… à moins que cette catastrophe soit issue de l’imaginaire du cerveau un peu déréglé de von Aschenbach ?

 

Ce qui rend Mort à Venise exceptionnel est le souci des détails, cher à Visconti. Il a su habiller ses images d’un climat tragique sans jamais sacrifier la beauté de l’ensemble : décors, costumes, prises de vue, etc.

 

La prestation monumentale du regretté Dirk Bogarde a profondément marqué cette production. Par ailleurs, Mort à Venise compte sûrement autant que de détracteurs que d’inconditionnels. En tous cas, personne ne peut rester indifférent à cette approche plutôt originale de la villégiature vénitienne.

 

Cet article est publié en collaboration spéciale avec http://www.calendrierculturel.com/

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