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ÉditorialPuisqu'il y a des choses qui doivent être dites, aussi bien les dire avec une verve franche et directe. Des sujets chauds, traités vivement sans trop de fioritures.

Les couilles sur le grill

Par • 19 juillet 2007 à 0:00

On le sait, des fois il faut que les gens crèvent pour comprendre. Par exemple, l’alcool au volant. Comment qu’on dirait à un jeune de 17 ans qu’il augmente ses chances de se planter en char s’il boit et qu’il conduit, il faut quand même qu’il essaie, pour voir. S’il ne se passe rien, il se dira qu’il n’était pas si poqué, finalement. S’il se plante sans se blesser, ça fera une belle histoire à conter à ses potes. S’il se tue ou qu’il tue des gens pendant son imprudente escapade, alors là le message passe. Mais ça n’arrive qu’aux autres, non ?

 

Même chose avec le réchauffement climatique. On en entend parler, puis après on regarde dehors. On voit les arbres, les rues, les fleurs, le ciel. Pareil comme v’là dix ans, vingt ans. Pourquoi ça changerait ? Donnez-moi des preuves, kek chose… Les glaciers fondent dans l’Arctique ? Les catastrophes naturelles se multiplient ? Pas icitte, crisse non ! Y fait encore beau, icitte ! Si la planète se réchauffe, ça ne fera qu’améliorer un peu le rude climat québécois.

 

Les grands dirigeants de ce monde ne semblent pas se rendre compte qu’on va directement dans le ravin. Je ne suis pas granola pour deux cennes, je hais même les osties de hippies qui se pognent le cul à longueur de bed-ins, mais quand les scientifiques de toute la communauté mondiale gueulent tous ensemble le même truc, j’écoute. Peut-être faudrait-il aller voir les patrons des grandes pétrolières, des fabricants automobiles  ou des gigantesques usines qui défigurent nos régions. Leur gueuler par la tête en leur disant que leur famille et eux-mêmes risquent de mourir brûlés vifs s’ils n’agissent pas immédiatement. Right fucking now. Peut-être est-ce un peu extrême, mais ce n’est pas si loin de la réalité. Leurs petits-enfants risquent peut-être de devoir émigrer à Yellowknife pour leur survie, dans 50 ans. Ou déménager leurs installations en Islande. Ça ou avoir sur la conscience la mort de millions de gens.

 

Je suis alarmiste, extrémiste ? Simple calcul. L’époque nucléaire, la guerre finale, c’est du passé. Un scénario apocalyptique mettant en vedette Kim Yong Il, ça fait très 1987. Et oubliez le terrorisme et les petites tensions entre les Américains et les Russes. Il est beaucoup plus plausible que l’Humanité se fasse sauter la cervelle sans s’en rendre compte. Beaucoup plus probable de se faire annihiler par quelque chose qu’on n’a pas vu venir, ou presque. Genre, un astéroïde qui percute la Terre, mais côté fiabilité et ponctualité, c’est poche. Ou genre une maladie inconnue, mais une nouvelle maladie destructrice c’est rare et ça laisse trop de survivants (comme le sida ou la grippe aviaire). Ou encore genre un changement climatique, justement. Ah ça, ça pourrait faire chier nos projets, par exemple.

 

Et on ne peut même pas plaider l’argument économique ; après 6 ans de guerre totale et 55 millions de morts, le monde s’est réveillé en pleine effervescence en 1945. En pleine explosion technologique. En meilleure santé économique que jamais (oui les destructions et tout, mais il faut froidement avouer que ça crée des emplois de tout reconstruire). Avec un état d’esprit tout neuf (la décolonisation a vraiment commencé en 1946-47). Pourquoi ne pas profiter – oui oui, profiter – des changements climatiques pour essayer de changer aussi le monde ? Ou préférons-nous nous complaire dans ce qui nous est connu, malgré la dangerosité de notre sommeil coupable ? L’Humanité tout entière est devant un choix ; nous sommes à la croisée des chemins, nous avons un dilemme crucial. Qui veut faire quelque chose pour qu’on ait notre happy ending ?

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3 Réponses »

  1. J’ai aimé reconnaître le parfait québécois morron qui pense que le malheur arrive toujours ailleurs. Tu dénonces bien ce gars-là dans ta chronique. Ce zouf à calotte verte qui pense tout savoir… qui croit pouvoir contrer la tempête avec son parasol Molson Dry… Ce connard de première qui tinque son Hummer en se trouvant mâle. Merci d’être aussi alarmiste. Ça compense pour ceux qui ne le sont pas assez!

  2. Je comprends ton urgence et je la ressens aussi mais j’ai parfois le sentiment que mon petit geste pour faire la différence est écrasé par 3 autres qui lancent leurs cochonneries à tout vents! Je crois sincèrement que la génération de gens qui auraient peut-être le pouvoir de changer les choses n’est pas celle qui est en poste pour le faire. J’ai déjà mentionné que nos parents nous ont appris à faire du recyclage mais eux-même ont encore de la misère à s’y habituer. Nos parents sont le reflets de nos dirigeants ! Ils partiront quand tout sera encore beau, la gueule pleine et leur tête grise remplie de luxe en se disant qu’ils nous ont laissé une belle vie! Foutaises, ils nous ont laissé leurs déchets et c’est à nous de faire avec mais ils verront jamais les conséquences de leur amour technologique !! Je veux bien faire mon bout de chemin avec ceux qui le veulent bien mais on n’est pas tous blancs comme neige non plus. Les jeunes consommateurs ont été contaminés par leurs parents, pas facile de convaincre un jeune de réutiliser ses vêtements ou de ne pas changer son cellulaire chaque année hein? Je veux pas être défaitiste, c’est trop facile de s’y complaire, mais dites-moi où faire la différence et je vais y sauter à pieds joints!!

  3. J’imagine… non j’ose espérer qu’un changement drastique de mentalité va s’opérer bientôt. Peut-être la génération qui nous précède doit effectivement d’abord fermer la marche, pour ensuite voir les plus jeunes réellement appliquer ce que nos parents nous ont appris à faire sans réellement le faire eux-mêmes.

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