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Chronique entre-actesLe milieu de la télévision et l'art de la scène est beaucoup plus complexe que ce qu'on peut s'imaginer. Incursion dans les dessous de ces formes d'art qui font partie intégrante de nos vies.

Le processus d’écriture 2

Par • 23 mai 2007 à 0:00

Lorsqu’on écrit une télésérie ou un téléroman, on doit tenir son auditoire en haleine.  C’est pour cette raison que l’auteur doit faire évoluer ses différentes intrigues à des moments bien stratégiques.  C’est-à-dire qu’à aucun moment sous aucun prétexte, il ne doit y avoir un vide d’histoire dans le scénario.  C’est le travail de l’auteur de garder ses fidèles rivés au petit écran.

 

Si on regardait tout cela concrètement.  Hubert est marié à Désirée mais notre homme est blasé et se trouve une maîtresse.  Voilà le début d’une intrigue.  Pendant ce temps, Samantha et Robert filent le parfait bonheur.  Le focus est donc sur Hubert et sa maîtresse.  La situation évolue jusqu’à ce que Désirée découvre que son mari lui est infidèle.  L’intrigue est alors à son point culminant.  C’est dans cette phase de l’histoire que l’auteur s’amuse le plus.  Les personnages se confrontent; les secrets sont dévoilés, l’intrigue prend une autre tournure.  À ce moment bien précis, l’auteur sait que l’intrigue tire à sa fin.  C’est alors qu’il se doit de bâtir une nouvelle intrigue avec, disons, Robert & Samantha.  Donc avant que l’intrigue soit résolue avec Hubert, Désirée et la maîtresse et que la situation redevienne calme, le Guy Fournier en vous doit accrocher son public avec une nouvelle intrigue.  C’est alors qu’on apprend que Robert a été victime d’une crise cardiaque.  Et le cycle recommence.

 

Dans un téléroman ou une télésérie, on peut compter jusqu’à 40 différents personnages dans une saison.  Seulement une vingtaine ou moins seront au cœur d’une intrigue majeure.  On ne veut pas perdre les téléspectateurs avec trop de personnages à suivre en même temps.  Plus il y a de personnages, moins l’auteur peut les exploiter en profondeur.  Il faut donc être très sélectif dans le choix des belligérants qui vont être les vedettes de la série.  Il ne faut toutefois pas sombrer dans le syndrome des Payette mère et fille qui avaient la fâcheuse habitude de tellement limiter le nombre de personnages qu’on se retrouvait en tant que téléspectateurs à entendre parler de gens épisode après épisode sans jamais les voir une seule fois.  Les personnes de mon âge se rappelleront peut-être Chambres en ville, où pendant toute une saison, on entend parler de la méchante ex-blonde de Gabriel (Vincent Gratton)ou du pas gentil frère d’Alexandra sans jamais les voir une traître fois!  Des intrigues complètes autour de personnages fantômes; voilà quelque chose pour enrager un téléspectateur.

 

Chaque épisode d’une heure devrait rarement dépasser le nombre de 10 à 12 personnages.  Toujours une question de budget!  Même chose pour les lieux.  Lorsque l’auteur introduit un lieu (décor) dans son scénario, il doit le rentabiliser.  Voilà pourquoi tout le monde va au même restaurant dans les téléromans!  Pas certain que ce soit seulement pour leurs célèbres smoked meats.

 

Et pour citer  M. Edouard Carpentier, lutteur légendaire de l’époque de mes parents : « À la semaine prochaine, si Dieu le veut ! »

 

La semaine prochaine : Le processus d’écriture 3

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2 Réponses »

  1. À quand le tien? Moi je deviendrai accro bien vite 😛 J’espère juste que tes personnages principaux ne s’appelleront pas Désirée et Samantha ou bien Bob 😛

  2. Eh bien oui! Samantha est mon personnage fétiche que je traîne depuis 12 ans. Elle est mariée à Robert et les parents de celui-ci sont Désirée et Hubert. Ils existent donc vraiment. Mais rassure-toi, il y’a aussi Julien, Sonia, Marie, Ivana, Philippe…

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