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Le Mariage de Figaro : génialement drôle (2009)

Par • 17 janvier 2009 à 15:40

Quand on y pense, l’intrigue du Mariage de Figaro n’est pas si complexe : Figaro (Emmanuel Bilodeau) veut se marier avec sa Suzanne (Bénédicte Décary). Le comte Almaviva (Normand D’Amour) ne s’y oppose pas, mais il désire appliquer son droit de cuissage. Le but de la pièce est donc de marier Figaro sans l’application du droit honteux. Simple, non ? Pas vraiment. En fait, Le Mariage de Figaro est exemple de virtuosité. L’intrigue est ultra compliquée, les retournements de situation sont innombrables, les gags s’enchaînent à une vitesse folle et le rythme est effréné. Ce n’est pas pour rien que Beaumarchais a sous-titré sa pièce « La folle journée ».

S’attaquer à ce chef-d’œuvre du XVIIIe siècle constitue donc un travail colossal. Toutefois, je vous assure que ce qu’a fait Normand Chouinard avec cette pièce relève de la perfection, rien de moins. J’ai longuement cherché des défauts à cette adaptation, sans en trouver un seul.

Il faut d’abord souligner la force de la pièce originale. Le Mariage de Figaro est tout à fait adapté à une appréciation contemporaine. Malgré son statut de « théâtre de répertoire » et toute son apparente complexité, elle est accessible, très efficace et revendicatrice. La mise en scène de Chouinard augmente le plaisir du spectateur, car il tire le maximum de tous les aspects de l’œuvre. Par exemple, au niveau des gags — et ils sont très nombreux —, le synchronisme des acteurs est si juste qu’il est difficile, voire impossible de rester de glace. Le metteur en scène a ajouté des mimiques, des mouvements, des effets visuels (notamment un effet de ralenti très réussi) qui sont tous positifs.

D’ailleurs, la pièce ne pourrait être un succès sans le travail impeccable de tous les acteurs. De manière générale, il n’y a aucune faiblesse dans le jeu. Aucune. Chaque comédien joue avec une telle aisance que ça en devient presque choquant. Emmanuel Bilodeau et Normand D’Amour sont solides dans leur interprétation de Figaro et du comte, mais je me permets de souligner l’apport incroyable d’un trio qui m’a valu des maux de mâchoire. Violette Chauveau (la comtesse), Bénédicte Décary (Suzanne) et Éric Paulhus (Chérubin) sont tout simplement splendides. Chauveau et Décary demeurent envoûtantes (le mot est faible) tout au long du spectacle. Paulhus, quant à lui, a hérité d’un personnage hilarant à l’origine. Il réussit à conserver l’effet comique de ses apparitions, ce qui sert la pièce à merveille.

L’apport de la musique est également un élément remarquable. Chouinard a placé un pianiste (Yves Morin) sur la scène et ce dernier compose de la musique au gré de la pièce. Il s’agit d’un clin d’œil à l’opéra de Mozart, dont on peut en entendre des extraits ici et là. Morin assure des transitions musicales fluides et va même jusqu’à apporter une touche d’humour à certains gags gestuels. De plus, le personnage de Bazile (Roger La Rue) fournit des repères au spectateur lorsque les personnages font référence à des événements qui se sont déroulés dans une pièce antérieure de Beaumarchais : Le Barbier de Séville. La compréhension du spectacle est donc très facile. Même les gens qui ne sont jamais allés au théâtre pourront suivre la pièce aisément et, surtout, rire à gorge déployée. Le Mariage de Figaro vous en donne pour votre argent, particulièrement si vous êtes situé au balcon. C’est un trois heures sans aucun temps mort, sauf l’entracte. À voir, absolument.

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Le Mariage de Figaro

Théâtre du Nouveau Monde

Du 13 janvier au 7 février 2009

Supplémentaires les 11 et 12 février 2009

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