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Le Magnifique : quand un écrivain devient son propre héros… (1973)

Par • 9 novembre 2007 à 0:00

Traversant une typique fiesta mexicaine, un inquiétant individu tout de blanc vêtu est convaincu qu’il peut passer incognito. Pauvre lui : il ne semble pas se douter que la fin est proche. En un clin d’œil, le malheureux passe de vie à trépas, dévoré par un requin… dans une cabine téléphonique ! Ainsi débute Le Magnifique, hilarante satire du monde de l’espionnage international. Pour apprécier pleinement cette étonnante comédie, il vaut mieux faire une croix sur sa logique et mettre son cerveau à « off ». Allez-y ! Sortez le popcorn et laissez-vous entraîner dans cet univers folichon par un Belmondo rigolo à souhait, secondé par la séduisante Jacqueline Bisset (Bullitt, La Nuit américaine).

 

Faire connaissance avec Bob Saint-Clare (Jean-Paul Belmondo), c’est rencontrer un succédané de James Bond (pour la classe), Austin Powers (pour l’ironie), Bob Morane (pour le courage) et tant d’autres invincibles héros. Et qu’est-ce qui différencie Saint-Clare de ses semblables ? Il est doté d’une double personnalité. En fait, ce drôle d’agent secret n’est autre que l’alter ego de l’écrivain François Merlin (Belmondo, encore), auteur des rocambolesques mésaventures dudit Bob Saint-Clare…

 

Manquant momentanément d’inspiration (après 42 bouquins, ça se comprend), Merlin doit rapidement s’atteler à la tâche car son menaçant éditeur Georges Charron (Vittorio Caprioli) le presse de rendre son prochain livre le plus tôt possible.

 

Pour combler le vide de son existence et oublier ses dettes, François Merlin – presque soudé à sa machine à écrire – transpose dans ses écrits des individus qu’il croise tous les jours. Ainsi, sa sexy voisine Christine, étudiante en sociologie (Jacqueline Bisset), devient la ravissante Tatiana, collègue de Saint-Clare. Heureux hasard : Christine s’avère une inconditionnelle de la série des Bob Saint-Clare, allant jusqu’à rédiger une thèse à ce sujet.

 

De l’action à perdre le souffle et des invraisemblances à la tonne semblent beaucoup plaire à tous les acteurs de cette production qui s’y amusent comme des gamins, incluant Monique Tarbès qui incarne la femme de ménage ‘pot de colle’ de Merlin. Si le scénario pèche parfois (et volontairement) par l’outrance des missions du héros, il faut assurément prendre le tout avec un grain de sel. Se promener tantôt dans le logement pauvre et crasseux de Merlin et tantôt dans de luxueuses villas ensoleillées par le climat mexicain nous sort à coup sûr du quotidien !

 

Quoique les principaux personnages de ce film – tant dans le réel que dans l’imaginaire – soient colorés et caricaturaux, on ne peut s’empêcher de s’intéresser à leur sort. Le pauvre François Merlin nous est immédiatement sympathique. Ses amis deviennent les nôtres et il en va de même pour ses ennemis, notamment Karpov, l’assassin russe de son roman en cours, qui ressemble à s’y méprendre à son exigeant éditeur.

 

Si le traitement loufoque et à la limite du grotesque du Magnifique déplaira souverainement aux esprits cartésiens, parions que plusieurs autres y passeront, tout comme moi, quatre-vingt-dix agréables minutes de pure détente.

 

Cet article est publié en collaboration spéciale avec http://www.calendrierculturel.com/

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Une Réponse »

  1. Voici un commentaire sur ce film que j’ai publié sur un autre site:

    7 ans après « LES TRIBULATIONS D’UN CHINOIS EN CHINE », le réalisateur Philippe De Broca refait à nouveau alliance avec l’acteur Jean-Paul Belmondo pour une autre comédie d’aventures à saveur fantaisiste. Ces retrouvailles se font sous le signe de l’imagination féconde alors que le sujet de base très original présente un savoureux contraste entre la fiction débridée d’un écrivain besogneux et la plate réalité où il vit. On passe donc sans crier gare de la vie quotidienne des protagonistes à l’intérieur de l’action du roman qui s’élabore devant nous où ces mêmes protagonistes y vivent des péripéties complètement surréalistes et remplies d’une folie débridée sans limites. Les gags pullulent donc de façon continuelle autant qu’avec aisance, et la plupart sont de vrais bijoux grâce aux surprises que l’intrigue procure à satiété. C’est dire à quel point cette satire caricaturale des histoires d’espionnage est tout simplement époustouflante du début à la fin, si bien que le spectateur est garanti de se bidonner sans relâche en la regardant. Il faut dire que rarement l’équilibre entre le réel et la fiction a été maintenu avec une telle maestria dans le scénario et dans la mise en scène comme c’est le cas ici. Belmondo n’est rien de moins qu’extraordinaire dans son double rôle et sa partenaire Jacqueline Bisset se montre sûrement comme l’une des plus belles et des plus charmantes actrices de l’époque.

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