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Le jour avant le lendemain (2009)

Par • 25 mars 2009 à 20:51

film_before_tomorrowSélection officielle pour le festival de Sundance de cette année, Le jour avant le lendemain est un film au rythme très lent, tout en Inuit, avec au moins la moitié du récit se déroulant sans dialogues qui, au demeurant, se contentent d’être de courtes conversations sur la vie en général. Au premier abord, une telle description pourrait sembler rébarbative, mais au final, sans s’éloigner de son destin de film de répertoire, l’œuvre conjointe de Marie-Hélène Cousineau et Madeline Piujuq Ivalu (qui tient d’ailleurs un des rôles d’importance) n’est pas dénuée d’attraits parfaitement poignants, bien au contraire.

Se déroulant vers 1840, à une époque où quelques rares groupes d’Inuit n’ont pas encore rencontré de Blancs, le récit nous montre comment quelques autochtones du Nord perçoivent ces voyageurs étrangers à travers les rumeurs qui se transmettent ; après un contact inévitable et mortel avec eux (non par massacre mais plutôt par la maladie), un jeune Inuit et sa grand-mère sont les seuls survivants et tentent de faire face au destin tragique qui plane sur eux alors que l’hiver approche rapidement. Isolés, désespérés, affaiblis et complètement désemparés d’avoir subitement perdu tous ceux qu’ils aimaient, ils tentent tant bien que mal de survivre, un combat de tous les jours qui s’achève (on le suggère plus qu’on ne le montre), plutôt mal.

Plus que les magnifiques paysages que l’on nous montre, plus que le point de vue de « témoin de l’histoire » que donne la caméra, c’est le jeu superbe des acteurs qui constitue la grande force de Le jour avant le lendemain. Madeline Ivalu et son petit-fils (qui joue d’ailleurs précisément ce rôle dans le film) respirent profondément la tristesse, mais aussi le courage et la détermination ; les scènes du début, avec toute la bande autour d’un repas abondant où la discussion tourne autour de cet étrange couteau ramené par quelques-uns des leurs qui l’ont obtenu des Blancs, est d’un naturel à s’y méprendre. Pour peu, on croirait parfois assister à un documentaire, les acteurs semblent totalement ignorer qu’une équipe technique tourne autour d’eux et observent les moindres détails.

Là où le bât blesse, c’est peut-être au niveau du rythme. En voulant atteindre un maximum de réalisme, les réalisatrices semblent avoir passé rapidement sur des détails qui demeurent flous, et parfois, au contraire, s’attardent sur des gestes répétitifs (par exemple, nous assistons à plusieurs reprises au rituel d’extinction de la lanterne). Ceci dit, les aspects positifs de l’œuvre surpassent largement ces petits désagréments. Un bien bon film, qui se garde de dispenser une morale qui aurait amoindri son impact, mais à voir avec l’esprit ouvert.

*** ½

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