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Le Distrait : les débuts comiques de Pierre Richard (1970)

Par • 21 décembre 2009 à 11:37

Le temps de fêtes ne signifie pas forcément le visionnement de films évoquant l’esprit des fêtes. Si vous recherchez de quoi vous détendre en famille ou entre copains ou copines, particulièrement dans le registre comique, voici un film fait pour vous.

Après avoir joué un rôle de soutien dans le film Alexandre le Bienheureux, le comédien Pierre Richard s’est vu suggéré par son producteur et réalisateur Yves Robert, de se lancer dans la conception de comédies. Aux yeux de Robert, Pierre Richard n’était pas un acteur, mais un personnage. Celui-ci suivit donc son conseil, sans savoir que cette décision allait l’établir comme l’un des grands comiques du cinéma français.

C’est donc avec l’appui de Yves Robert à la production que Pierre Richard a pu réaliser son premier film comique intitulé Le Distrait, où il interprète lui-même le personnage principal du titre, et dont il a conçu lui-même la trame à partir de l’étude des caractères de l’écrivain La Bruyère.

Ce distrait se nomme Pierre Malaquet. Il se déniche un bon emploi comme concepteur dans une firme publicitaire, grâce à l’influence (sexuelle!) de sa mère sur le directeur de l’agence, monsieur Guiton. Pierre s’y fait remarquer bien vite par ses distractions, et par ses idées publicitaires hautement saugrenues dans l’emploi de formules-chocs au ton macabre et direct. Ses exploits publicitaires compromettants, et ses frasques avec un client de la firme et avec la femme du patron le relèguent au sous-sol.

Les initiatives audacieuses de Pierre sèment toutefois la grogne et la colère parmi le public, qui en vient à se révolter contre toute forme de publicité. À cause de la mère de Pierre, Guiton ne peut cependant se résoudre à le congédier malgré les pressions de ses clients. Seule sa secrétaire, amoureuse de Pierre, tente de lui faire prendre conscience de sa personnalité distraite et des catastrophes qu’il déclenche.

On peut dire que pour un premier film, Pierre Richard manifeste déjà un grand talent de comique cinématographique. La scène d’introduction donne le ton dès le départ, avec une marrante mise en place du principal trait de caractère du personnage du titre.

De nombreuses idées inventives pleuvent à tout rompre par la suite à l’intérieur d’une intrigue mêlant de façon peu commune la poésie, la satire, le burlesque et la cocasserie. C’est dire que le style n’est pas entièrement unifié, la vedette passant allègrement et sans transition du comique visuel et acrobatique au monologue lunaire façon Darry Cowl.

Malgré tout, le film fait une amusante critique des méthodes publicitaires et multiplie les gags tout aussi drôles les uns que les autres, avec un rythme ne laissant aucun répit au spectateur.

Richard a eu aussi l’excellente idée de s’entourer de bons vétérans dans la distribution pour ne pas avoir à porter le film seul sur ses épaules. C’est ainsi que Bernard Blier et Paul Préboist se signalent particulièrement en nous offrant des compositions délicieuses.

Le Distrait est donc un film très drôle, et son succès en salles fût un excellent tremplin pour la carrière de Pierre Richard. Les autres longs-métrages qui ont suivi et où il fût la vedette, l’ont vite propulsé au rang de grande star comique durant les années 70-80.

Ce film est en quelque sorte un hors-d’oeuvre, un peu comme un brillant travail d’étudiant, mais qui ne gâchera certainement pas votre plaisir lorsque vous le visionnerez. À voir.

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