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Chronique Habits du dimancheLes écrits restent, les habits du dimanche s'envolent. Des mots du passé qui résonnent aujourd'hui.

Le Baptiste va se retourner dans son tombeau

Par • 24 juin 2007 à 0:00

Bonne Saint-Jean-Baptiste à tout le monde. Question de jouer les rabat-joie, je publie ma pire Saint-Jean, celle de 2005, en flash-back. Si ça peut vous consoler, celle de cette année risque d’être pire puisque je travaille. Tâchez d’avoir plus de plaisir que moi…

 

Une bande d’étudiants blasés sirotent une bière sans trop de vigueur, avachis dans l’illusion du confort qu’offre une causeuse et un divan, assortis dans des teintes de beige. C’est l’été, le Cégep est terminé, mais le travail forcé ne fait que débuter. Nos pseudohéros sont désabusés, certes, mais principalement brûlés, bref c’est la Saint-Jean-Baptiste.

 

– Est-ce qu’il y a un feu d’artifice à la rivière cette année? Miaule faiblement l’un d’entre eux.

 

– Probablement, c’est la St-Jean. Répond un autre sans conviction.

 

– On ira voir. Tente de conclure un tiers.

 

Il est 22h, le ciel est nuageux, mais il ne fait pas trop froid. Les six protagonistes de cette morne histoire se doivent d’aller voir ce qui se passe là-bas, où la fête bat supposément son plein. Du moins, c’est ce que la musique lointaine, même pas en stéréo, semble vouloir insinuer. Les jeunes adultes pâlots avancent, les pieds traînants, vers leur destin à court terme. Le background de ce récit minable n’aspire même pas à évoquer les souvenirs de 24 juin plus reluisants.

 

J’ai 6 ou 7 ans, enfin, peut-être 8. Je suis assis dans la «boîte» du vieux Ford 150 du chum de ma mère, sur une couverture en laine, et on regarde le spectacle, sans même un clin d’œil de lassitude. Le temps passe si vite, j’ai bientôt 16 ans, je suis semi-couché dans le foin, dans un parc de quartier avec des chums. On s’est acheté une 24 à trois et on trinque à la santé de notre beau drapeau bleu et blanc. C’est nous autres les mecs cool d’la place, parce qu’on a une tente franchement bien campée non loin de l’action. Enfin, j’ai déjà 20 ans, les plaines d’Abraham sont noires de monde comme disait l’autre. Les tambours font entendre leurs rythmes, à des milles à la ronde, comme disait l’autre (mais pas le même). Le bruit est omniprésent, presque désagréable, mais ça fait partie de l’euphorie, et on ne veut que s’en imprégner, le temps d’une soirée. Et Dieu sait que c’est l’ivresse, dans ce cas, qui permet d’apprécier le soulagement dans une toilette chimique, d’un bleu «schtroumpfant»!

 

Non, aucun de ces souvenirs ne veut ressurgir ce soir. Aucun! Pas même l’envie de gratter quelques chansons typiques, qui pourraient peut-être raviver le fleurdelisé. En fait, ce n’est pas l’envie qui manque, c’est la demande, et surtout l’intérêt de la non-foule. Il est presque minuit, la fête se termine là où elle aurait dû débuter. Après tout, l’atmosphère n’est pas favorable.

 

Pour ceux que ça intéresse, le spectacle était terminé, et non, il n’y avait pas de feu! Ni de joie, ni d’artifice! La pire Saint-Jean de ma vie. J’imagine que ça en prenait une…

 

Il faudra se reprendre le 1er juillet, la fête du Canada, et la foire du déménagement. Mes frères, mes sœurs, unissons les deux : Déménageons le Québec du Canada!

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2 Réponses »

  1. Wow, ce petit commentaire éditorialiste mais fait le plus plaisir du monde, d’où je me trouve en ce moment.

    En france, les gens m’appellent la canadienne. J’essaie de leur faire comprendre la différence avec la québécoise, mais peu importe, ils ne comprennent généralement pas que le Canada, ce n’Est pas seulement que le Québec. QU’on leur parle du BC, de terre-neuve ou de l’Alberta, ils n’ont aucune idée de ce qu’on leur dit et de ce qu’on raconte. Ici la saint-jean n’Existe evidemment pas, quoi que j’ai vu un village au sud du pays qui fais un petit qqch pour la fête de mon pays tout bleu et vert.

    Ici, plutôt difficile de boire une bonne bière québécoise pour souligner ma nationalité. Je veille plutôt sur le vin, en débit du bon sirop amer qui me relie tant au Québec…

    En ce 24 juin, je me fais une tite journée québécoise malgré tout. Du bon Plume, des cowboys et les colocs tournent en boucle, je mange un bon pâté chinois au Ketchup avec un café à l’eau de vaisselle… Mais peu importe ce que j’Essaye, il n’Y a quand même pas d’Accent québécois quand je vais faire les courses pour la dite soirée…

    Profitez de notre fête, les québécois, tandis que vous êtes en notre pays !

  2. @Amélie: Bonjour chère homonyme ! Même les français qui sont ici ne semblent pas voir la différence entre être Canadien ou être Québécois alors ne t’en fait pas! Bon pâté chinois! 😛

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