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ÉditorialPuisqu'il y a des choses qui doivent être dites, aussi bien les dire avec une verve franche et directe. Des sujets chauds, traités vivement sans trop de fioritures.

L’affaire Bellemare

Par • 18 avril 2010 à 14:07

Règlement de comptes ou faits réels?  Il est difficile de faire la part des choses dans cette histoire douteuse de nomination de juges.  D’un côté, le premier ministre jure dur comme fer que les généreux contributeurs du Parti Libéral n’ont aucune influence sur qui nomme les juges.  De l’autre côté, l’ex-ministre déchu (déçu?) affirme avoir averti à non moins de 5 reprises des pressions qu’il subissait afin que les amis des argentiers du Parti Libéral soient nommés à la haute magistrature.

Cette semaine, la ministre actuelle de la justice Katherine Weil, a bafouillé à Paul Larocque et Jean Lapierre qu’elle avait déjà consulté Jean Charest avant de nommer un juge.  Le premier ministre de rétorquer que c’était normal qu’il ait son mot à dire considérant que c’était lui ze big boss.

Dans une entrevue donnée à Richard Martineau dans le cadre de l’émission Les Francs-Tireurs diffusée à Télé-Québec, Marc Bellemare a réitéré ses propos en plus de fournir des documents écrits où le premier ministre lui promettait de réformer le No Fault qui finalement, n’aura jamais été touché.  Ce fut d’ailleurs la raison de la démission de l’avocat Bellemare.

Certains se demandent si Marc Bellemare n’aurait tout simplement pas envie de se venger de Charest qui lui avait juré de faire des accidentés et des victimes de la route une priorité en réformant la loi du No Fault. Si tel est le cas, il serait plutôt délicat pour Bellemare de mettre sa réputation en jeu sur de fausses allégations.  D’un autre côté, serait-on vraiment surpris d’apprendre que le gouvernement Charest nous aurait encore menti?  Quoi qu’il en soit, notre bon premier ministre a décidé de déclencher une commission d’enquête.  Bonne chose?  Pour le PM, c’est une excellente décision puisqu’il cloue le bec de l’ex-ministre jusqu’à ce que vienne le temps pour lui de témoigner.  Du même coup, il détourne l’attention du public qui demandait qu’on se penche sur le milieu de la construction.

Deux ans, ça peut être très long pour un gouvernement.  Surtout après avoir atteint les bas fonds de l’impopularité.  Par contre, deux ans, ça se rattrappe assez bien quand on sait que les Québécois ont la mémoire courte quand vient le temps de voter.  Donc ma prédiction:  Un nouveau bout d’autoroute, un nouveau pont ou quelques stations de métro supplémentaires annoncées quelques mois avant la fin du mandat des libéraux et ils devraient être bons pour nous fourrer pour un autre 4 ans!

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