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La Mariée était en noir : Sublime Jeanne Moreau ! (1968)

Par • 21 mars 2008 à 0:00

Grande dame de la scène et de l’écran, Mademoiselle Jeanne Moreau (elle déteste qu’on l’appelle Madame !) laisse depuis plus de cinquante ans une marque indélébile dans la vie culturelle mondiale. Son apport à l’Art avec un grand A est considérable et les plus importants réalisateurs de la planète n’ont jamais tari d’éloges à son égard. En plus d’avoir partagé la vie de nombreux cinéastes (Louis Malle, Tony Richardson et William Friedkin, entre autres), son amitié pour certains autres a écrit de très belles pages du grand livre du septième art. François Truffaut a dirigé à quelques reprises Jeanne Moreau et une de leurs plus grands réussites fut certainement La Mariée était en noir. Voyons un peu de quoi il y est question…

 

Déprimée, suicidaire et veuve depuis peu, Julie Kohler (Jeanne Moreau) habite chez sa mère. La jeune femme au regard absent feuillette inlassablement son album de mariage qui fut ponctué par le décès de son époux, tué par balles, tout juste en sortant de l’église après la cérémonie. Depuis, Julie vit l’enfer. Pour se libérer de sa hantise, elle prend la décision de contacter les responsables de son chagrin pour les éliminer. Oui, elle se jure bien de faire payer ces monstres pour l’avoir séparée du seul homme qu’elle ait jamais aimé. Elle quitte précipitamment la maison de sa mère, déclarant à celle-ci qu’elle prend le train et ignore la date de son retour. Peinée de ce départ inopiné, la vieille dame accepte néanmoins de laisser sa fille aller séjourner sous d’autres cieux.

 

Déterminée, Julie parcourt de longs trajets où elle compte utiliser sa beauté et sa suprême intelligence pour arriver à ses fins. Ayant appris l’identité des meurtriers, elle provoque des rencontres avec eux, mais un seul à la fois, afin d’écarter les inévitables soupçons de la police. La futée demoiselle commet ses méfaits dans des circonstances différentes et dans des endroits fort éloignés les uns des autres. Cette ruse machiavélique suffira-t-elle à la soustraire aux interrogatoires d’inspecteurs trop curieux ?

 

Quoique La Mariée était en noir accuse le poids des années avec son récit un peu feuilletonesque, on y retrouve cependant un des rôles les plus percutants de Jeanne Moreau qui se glisse avec une rare aisance dans ce personnage aux couleurs presque illimitées. Cette Julie peut tout autant déployer une candeur presque enfantine, pour ensuite se transformer en séductrice agressive ou encore afficher une expression de pure nonchalance. Les seconds rôles sont incarnés avec professionnalisme par une galerie de grands acteurs dont le regretté Charles Denner qui allait connaître la renommée quelques années plus tard avec L’Homme qui aimait les femmes, une autre merveille signée Truffaut.

 

Quant à la trame sonore composée par Bernard Herrmann (qui s’était souvent associé à Alfred Hitchcock), elle ajoute une dimension non négligeable au cheminement tordu de l’infortunée Julie.

 

Cet article est publié en collaboration spéciale avec http://www.calendrierculturel.com/

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