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ÉditorialPuisqu'il y a des choses qui doivent être dites, aussi bien les dire avec une verve franche et directe. Des sujets chauds, traités vivement sans trop de fioritures.

La belle époque

Par • 11 octobre 2007 à 8:54

Ah que les nostalgiques ont le vent dans les voiles par les temps qui courent ! Nos croulants prédécesseurs, tannés de se battre avec leur magnétoscope, ont réservé un accueil chaleureux aux DVD, et les rééditions de poussiéreuses émissions jeunesse ont fait surface sans faire de surplace ni être mis sur la glace dans les magasins à grande surface où il y a beaucoup d’espace. Mais j’imagine que nos grands-parents ont raté la chance de rééditer sur CD l’intégrale radiophonique des Belles Histouères des Pays d’En Haut de 1947. Dommage… c’était tellement meilleur avant l’apparition de la bouète à imâges ! Quoi que, leurs parents leur diraient sûrement qu’il était bon se vautrer près de mononcle Euclide en 1912 alors qu’il racontait ses racontages de légendes de contes du gars qui connaissait un gars qui. Bref, ce qu’on a à retenir, nous, la génération des 45 ans et moins, c’est que c’était bien mieux avant.

 

Coudonc, le monde est tu si pourri ? Le divertissement s’est-il seulement avilisé en l’espace de quelques années ? Est-ce qu’on regrette déjà les joies de la grippe espagnole et la féérie des guerres mondiales ? On dirait qu’en 2007, à notre époque où plus rien n’est ni quétaine ni tabou, on envie les époques passées. Personne pour dire « ah j’aimerais ça voir l’an 2100 », nonon c’est toute du « asti que j’aurais aimé ça vivre au Moyen Âge », ou ben « ah que la vie était donc simple dans mon temps », ou encore « ça devait être cool dans le temps où y’avait pas de stress pis pas d’horaires. Ben oui, c’est sûr… jetons un coup d’œil rapide sur ces époques magnifiques qui précèdent la nôtre…

 

L’époque de Jesus ? Il y avait des Romains, il y avait de l’ordre, sauf que… y’avait aussi des maladies mortelles comme la grippe (eh oui, on mourrait de choses niaiseuses de même dans ce temps-là), la moindre infection donnait des sueurs froides jusqu’à la guérison (ou la mort), on vous crucifiait la tête en bas et on s’habillait avec des draps entre deux fournées de pain au blé moulu à bras. Trippant !

 

Le Moyen-Âge, l’époque préférée des geeks de Donjon & Dragon et autres nerds ? Il y avait des chevaliers, des rois, des princesses à sauver, l’honneur, les châteaux, alouette. Mais… il y avait aussi la peste, cette maladie qui vous pourrit aussi bien en dedans qu’en dehors. Aucune loi, sinon celle de votre maître qui vous fait travailler jusqu’à ce que mort prématurée s’en suive. Rajoutons les joies méconnues de la stupidité par manque d’éducation et une espérance de vie de 26 ans, et on obtient effectivement une bien meilleure époque que la nôtre.

 

La Renaissance et les Lumières ? Les premiers intellectuels, les grands et glorieux conflits militaires en Europe, les découvertes historiques… Fine, si vous aimez le scorbut. La peste est toujours présente, l’Inquisition subsiste, des feux ravagent des villes faites en bois, et on fait travailler vos flos dans des mines de charbon dès l’âge de 6 ans. Ramasse ton argent de poche, ti-gars !

 

Le début du vingtième siècle ? Super ! Des grandes robes, des expositions universelles, les débuts du cinéma… L’exploitation ouvrière, la Première Guerre Mondiale, les salaires de crève-faim, la montée du fascisme et du communisme, la répression policière, la colonisation. Ah oui, c’était effectivement mieux en 1914. Écoutons du Mes Aïeux pour mieux se remémorer cette belle époque.

 

On dit bien des choses sur notre époque : que les gens sont stressés, que l’Afrique crève encore de faim, que les Conservateurs sont au pouvoir, que les jeunes ne sont que des p’tits cons qui ne pensent qu’au cul et à l’alcool. Moi je pense qu’en regardant le passé, on se rend compte qu’à moins de s’appeler Louis XIV ou George Washington, on aurait eu une vie bien plus merdique que celle dont nous aurions pu espérer dans un passé pas si lointain. Let’s face it, le monde est un bien plus bel endroit maintenant qu’il ne l’a jamais été, malgré tous les problèmes que nous connaissons et qui ont remplacé les anciens.

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4 Réponses »

  1. Ouais et aujourd’hui tout le monde meurt du cancer. Cancer de çi, cancer de ça et on te découvre des maladies avant même que tu aies des dents et on te bourre de pilules pour que tu vives vieux. Je suis d’accord avec toi, nous sommes dans la meilleure ère pour vivre mais il faut aussi faire des choix sur sa propre vie et accepter de ne pas se bourrer de médicaments dont on ne connait pas les effets secondaires à long terme. Le modernisme me plait, je ne suis pas moyenâgeuse excepté lors des party d’halloween et bien que je sois nostalgique parfois, celà concerne surtout mes souvenirs des gens, pas de l’époque en tant que tel. Merci pour ce bon texte Jonathan!

  2. Merci Amé pour le commentaire ! Je tiens juste à dire que le cancer existait aussi v’là 200 ans mais qu’on savait même pas c’était quoi. Alors oui, il faut faire des choix, mais je préfère notre monde bourré de pilules qu’un monde bourré d’ignorance médicale.

  3. À mon avis, quelle que soit l’époque, pour moi, le progrès signifie être de plus en plus heureux. Or, je constate autour de moi que les gens sont de plus en plus exigeants, et ce, à tout point de vue, ce qui revient à dire que même s’ils en ont plus, ils en redemandent. Ceux qui ont tout ce qu’ils veulent, sont souvent blasés. À mon avis, ce qu’il manque aujourd’hui, ce sont les bonnes valeurs, le don de soi, la générosité, l’appréciation de ce qu’on a. La belle époque, ce sera quand les personnes auront une vie équilibrée, c’est-à-dire : vie personnelle enrichissante, travail valorisant, loisirs énergisants.

  4. Excellent commentaire, F. Il y a toujours place à amélioration dans la vie, et mon souhait le plus cher, ce soit que nos enfants et nos petits-enfants nous disent, innocemment « Shit j’aurais pas vécu à ton époque, grand-p’pa ». Ce sera un signe indéniable que nous leurs avons laissé un monde meilleur, et je crois que tout le monde souhaite ça pour nos enfants.

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