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Insidious : on revisite toujours ses classiques

Par • 2 mai 2011 à 9:15

InsidiousJames Wan et son acolyte Leigh Whannell (SAW) reviennent au film d’horreur après avoir fait un léger détour vers le revenge-movie (DEATH SENTENCE). Ce retour se fait sous la forme d’un hommage au genre tel qu’il était considéré pendant son âge d’or il y a de cela 30 à 40 ans.

Un enseignant, Josh, son épouse Renai et leurs trois enfants viennent d’emménager dans une nouvelle maison de banlieue. L’adaptation est difficile car Josh travaille plus afin de payer la maison, tandis que Renai s’occupe des enfants tout en cherchant à composer des chansons. Attiré par un bruit suspect au grenier, l’un des enfants, Dalton, est victime d’une mauvaise chute et le lendemain, ses parents ne parviennent pas à le réveiller. Bien que son activité cérébrale soit normale, Dalton est plongé dans un mystérieux coma léthargique que les docteurs ne peuvent expliquer.

Trois mois plus tard, alors que Dalton toujours dans le coma a néanmoins quitté l’hôpital, Renai est sujette à des visions effrayantes qui l’assaillent au point de lui faire vraiment peur. Elle convainct son mari de déménager, mais une fois dans leur nouvelle maison, Renai est à nouveau hantée par des visions similaires. Elle fait part de la situation à sa belle-mère qui la convainc de consulter une médium, Elise Rainer, avec qui elle a déja eu affaire dans le passé. Avec ses deux adjoints, Elise découvre que le corps astral de Dalton, qui a la capacité de voyager hors de son corps dans un univers ultérieur, est retenu prisonnier par une entité démoniaque qui se sert de lui pour pouvoir envahir notre monde.

Wan et Whannell ne cachent pas ici leur passion pour le cinéma des années 70 et 80; INSIDIOUS se veut pratiquement un fourre-tout de thèmes à succès (maisons hantées, fantômes, démons, enfant victime ou possédé par le Mal) des meilleurs films d’horreur de cette période. Citons à titre d’exemples THE EXORCIST, THE OMEN, AMITYVILLE, SHINING, POLTERGEIST et les films de Brian De Palma entre autres.

À partir d’un budget minimal, les auteurs se sont davantage intéressés à la création d’atmosphère qu’à déverser des hectolitres de sang pour créer la tension. C’est ainsi que la mise en scène multiplie les arabesques par la souplesse des mouvements de caméra, et les effets-choc afin d’instaurer une ambiance fantomatique oppressante, le tout accompagné d’une photographie aux lumières à la fois pâles et sombres envahis parfois par des couleurs plus agressives.

Ce très beau travail formel à la palette recherché nous change un peu des produits trop formatés auxquels Hollywood et le genre nous ont habitués ces dernières années, ce qui mérite qu’on lui lève notre chapeau. Mais on se demande jusqu’à quel point une intrigue aussi prévisible méritait autant d’efforts, au point de rendre cet exercice de style presque vain.

Sans doute trop préoccupés à multiplier les clins d’oeil complices aux aficionados d’un certain cinéma d’horreur, Wan et Whannell n’en ont souligné, bien qu’habilement, que leurs caractéristiques les plus marquantes au lieu de s’efforcer à les renouveler.

Heureusement que quelques touches d’humour trouvent place dans le déroulement du récit, et que les conflits familiaux que l’angoisse suscite, ne prennent jamais une tournure mélodramatique. Le jeu contrôlé des acteurs permet également aux spectateurs d’entrer dans le jeu, à défaut d’y adhérer totalement.

Il n’empêche qu’en conclusion, INSIDIOUS est légèrement au-dessus de la moyenne en matière d’horreur, même s’il n’est pas non plus franchement indispensable. C’est à vous de voir. Si vous avez envie de frissons et de sursauts, vous ne serez pas déçus.

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